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Publié le 01/09/2011

3 questions à Goual Nanassoum, chef du projet de renforcement du secteur des médias dans le processus démocratique au Tchad

Pouvez-vous présenter le projet de renforcement du secteur des médias dans le processus démocratique au Tchad ?

Le Gret a mené en 2009 – 2010 un projet encourageant à la fois plus d’information pour les citoyens tchadiens et plus de dialogue avec les pouvoirs publics. Il visait à encourager la liberté d’expression, le pluralisme démocratique et l’information et s’est inscrit dans le programme d’Appui au processus électoral au Tchad de l’UE. (lien fiche projet n° 1 179 de la base projet ?).
Les premiers États généraux de la communication se sont déroulés en mai 2009 avec une participation record : 187 délégués. Des experts béninois, camerounais et français sont intervenus pour partager leur expérience. Sur les 44 recommandations adoptées, 4 sont déjà appliquées : l’abrogation de l’Ordonnance n° 5 très liberticide, la dépénalisation des délits de presse, la création de la Maison de la presse et l’organisation d’un atelier de réflexion sur les rapports conflictuels entre les médias et les grandes institutions de la République. C’est la première fois que de nombreux journalistes de radios, de journaux de provinces et des ministres ont eu l’occasion de se rencontrer pour discuter des rôles de chacun dans un processus démocratique.

Avez-vous déjà observé des changements dans le traitement de l’information politique ?

Les formations ont eu un effet immédiat. La une des journaux n’est plus négative comme par le passé, où la presse indépendante jouait le rôle de contrepouvoir à la place des formations politiques. Les titres des articles deviennent beaucoup plus constructifs et informatifs. Les émissions de radio ont beaucoup évolué également. Elles informent sur les activités administratives et les potentialités économiques des régions ou villes du Tchad.

Quels changements constatez-vous au niveau des instances de régulation (HCC) et d’autorégulation (ODEMET) ?

Les choses ont beaucoup évolué au HCC (Haut conseil de la communication) depuis la fin du projet. Pendant les sessions des États généraux de la communication, les forces armées soudanaises avaient attaqué l’Est du pays. Le gouvernement, les partis politiques alliés et les grandes institutions de la République avaient publié des articles pour dénoncer « l’agression soudanaise ». Le HCC avait fait de même. Des voix se sont élevées dans la salle pour condamner cette attitude. Depuis, le HCC fait très attention. Il a même organisé un prix de meilleure production journalistique où la plupart des gagnants sont des journalistes qui ont pris part aux formations du Gret.

L’Observatoire de la déontologie et de l’éthique des médias du Tchad (Odemet) a organisé sa 2è assemblée générale ordinaire et obtenu son statut d’association à but non lucratif. Il a également rédigé un rapport sur l’état de la presse (2008-2010) au Tchad et a procédé au recrutement d’un permanent chargé de faire un monitoring de la presse (une veille et revue critique sur certaines pratiques de confrères). C’est un moyen d’être jugé par ses pairs. Depuis l’Odemet est bien connu des pouvoirs publics, du monde des médias et des associations de la société civile.