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Publié le 01/09/2011

3 questions à Haingonirina Randrianarivony, directrice générale adjointe du Cite


Les interviews des 40 ans : Haingonirina… par Gret-videos

Quelles sont les grandes étapes de l’évolution du Cite : d’une structure émanant de la coopération française vers une ONG autonome ?

Le Cite, créé en 1967 par la Coopération française, est à l’origine un centre de documentation et d’information basé à Antananarivo. Dans les années 90, le Cite devient une association de droit malgache, toujours soutenue par la Coopération française, et s’ouvre à de nouvelles activités. Sollicité par les entrepreneurs, il intègre des activités d’appui-conseil aux petites entreprises. Il amorce parallèlement sa décentralisation en ouvrant une première antenne à Antsirabe. Jusqu’en 2009, le Cite ouvre 13 antennes dans les différentes régions de Madagascar, en partenariat avec les communes urbaines et/ou les chambres de commerce. En 2009 le Cite change de statut pour devenir une ONG malgache. Il est désormais géré par un conseil d’administration, constitué de représentants de groupements professionnels et d’organismes de formation représentant les secteurs d’activité du Cite (artisanat, agriculture et agroalimentaire, formation, technologies de l’information, médias). La prise en charge du salaire du directeur général par le ministère français des Affaires étrangères, active depuis 1967, a cessé au 31 octobre 2009. Ceci inaugure la phase d’autonomie totale du Cite.

Quels ont été les facteurs clés qui ont permis la réussite de cette autonomisation ? Quel rôle y a joué le Gret ?

L’évolution du Cite s’est fondée sur la constitution progressive d’une offre de services diversifiée parallèlement à la décentralisation de son organisation sur l’ensemble du territoire malgache. Le partenariat avec le Gret se met en place dans les années 90. Hébergées au sein du Cite jusqu’en 2000, les équipes du Gret sont acteurs de l’ouverture du Cite vers de nouvelles activités, autour de la structuration d’une offre de services aux très petites entreprises en combinant information, formation, appui-conseil et formation dans le secteur de l’agroalimentaire au départ. À travers le projet Ifac (Information, formation et appui conseil pour les micro et petites entreprises de Madagascar), démarré en 2007 et monté conjointement par le Gret et le Cite, le Gret a participé au processus d’autonomisation du Cite. Ce projet avait pour objectif le développement économique des micro et petites entreprises via un dispositif d’appui décentralisé en régions. Cela s’est appuyé sur le renforcement du Cite dans la dispense de ses services, que ce soit sur le plan des moyens ou des ressources humaines. Le Cite a réalisé le pilotage opérationnel du projet, avec des appuis méthodologiques du Gret. La gestion financière locale a été menée par le Cite avec des appuis périodiques du Gret. La coopération ne peut fonctionner que s’il y a transfert de compétences. La conduite du projet Ifac marque ce transfert. Le partenariat est fructueux pour les deux structures : le Gret travaille avec un partenaire mature qui a une bonne connaissance des problématiques du pays et le Cite bénéficie des appuis méthodologiques du Gret.

 Qu’est ce que les ONG Sud auraient envie de bousculer chez les ONG du Nord ?

Les ONG du Sud ne doivent pas être considérées comme des exécutantes, ce qui est encore trop souvent le cas. C’est important qu’elles portent les projets et les mettent en œuvre. Ces ONG sont les plus à même de diagnostiquer les problématiques de développement dans leur pays et les populations cibles des actions à mener. Le partenariat doit se fonder sur une relation d’égal à égal avec les ONG du Nord. Les partenaires du Nord amènent des expertises, des savoir-faire, de la méthodologie. Ces apports n’ont d’efficacité qu’adaptés au contexte propre du pays. Les ONG du Sud savent d’où l’on part et où l’on veut aller. Les modèles transposés ne fonctionnent pas. Le renforcement des compétences est nécessaire, mais en appui à la maîtrise par les ONG du Sud de leur développement et de la conduite des projets. Toute coopération devrait viser l’autonomisation des partenaires du Sud, qui doivent finalement savoir maîtriser non seulement l’opérationnel, mais également la gestion financière et stratégique des actions.

 En savoir plus : www.cite.mg