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Publié le 01/09/2011

3 questions à Reiye Gandzounou Matombou, représentant du Gret au Congo

Quel regard portez-vous sur la société civile congolaise ?

Depuis toujours elle peine à trouver sa place. A la création des premiers syndicats des chemins de fer, dans les années 1960, ont succédé 23 ans de parti unique communiste, où les Pionniers de la révolution des mouvements de jeunesse étaient les fers de lance de la vie publique. Les cinq ans de guerre qui ont suivi la courte période de démocratisation des années 1993-94 ont stoppé toute vie associative. Ce n’est qu’à partir de 1997 qu’une démocratisation progressive et fragile, relayée par la lente décentralisation amorcée en 2003, ouvre un espace à la structuration de la société civile au Congo.

A l’arrivée du Gret en 2002, les organisations de la société civile, dépourvues d’ancrage social, peu présentes sur le terrain, sans métiers ni compétences, sans pratique de l’élaboration collective ni du débat, sont inexistantes dans la vie politique, sociale, économique.

Comment le Gret intervient-il dans ce contexte ?

Depuis huit ans nous intervenons dans les quartiers de Brazzaville, via le Programme de micro-réalisations urbaines (PMRU) puis le Programme de micro-réalisations communales et associatives (Micab). Notre démarche repose sur cinq clés :

  • structurer les associations autour d’un métier, l’ingénierie sociale ;
  • contractualiser avec des associations (qui sont partenaires et non prestataires d’exécution) ;
  • susciter et animer le dialogue entre associations et pouvoirs publics locaux ;
  • co-construire les outils et méthodes de travail, fondés sur la pratique ;
  • agir sur le terrain, capitaliser et élaborer sur ce socle des valeurs et un discours communs.

Pour vous, quels sont les enjeux à venir ?

L’objectif est d’apprendre à se mettre debout. Pour l’instant on en est au stade où on apprend à s’asseoir. Dans ces démarches qui s’inscrivent sur le long terme, par l’apprentissage mutuel et le changement culturel, il nous faut désormais :

  • construire la gestion territoriale en mettant en lien collectivités locales et société civile (ce que le projet Micab a engagé à la différence du PMRU) ;
  • renforcer l’organisation interne des associations et leur capacité à lire les enjeux, à formuler leurs valeurs propres, et à produire un discours légitime étayé par une stratégie et des propositions ;
  • développer la capacité de ces acteurs de terrain à alimenter le débat sur les politiques sectorielles, récemment engagé par les pouvoirs publics à la demande des bailleurs internationaux.