Accueil » Trois questions à Patrice Kamano du ministère guinéen de l’Agriculture
Publié le 04/05/2015

Trois questions à Patrice Kamano du ministère guinéen de l’Agriculture

Le 16 mars 2015, la première Charte nationale de qualité du riz local a été ratifiée par l’Etat guinéen. Une mesure visant à améliorer la compétitivité du riz local face au riz importé et à lutter contre la pauvreté. Patrice Kamano, chargé d’études au sein du Bureau de stratégie et de développement (BSD) du ministère guinéen de l’Agriculture, revient sur cette mesure accompagnée par le Gret et la MGE dans le cadre du projet Acorh.

Pourquoi adopter une charte nationale pour garantir la qualité du riz local guinéen ?

La Charte nationale de riz local de qualité rassemble les critères de qualité du riz paddy et du riz « net » (étuvé et décortiqué) ainsi que les règles définies par les acteurs de la filière, du producteur au commerçant, en vue de produire un riz conforme à la demande des consommateurs guinéens. Grâce à cette charte, nous espérons améliorer la compétitivité du riz local par rapport au riz importé et accroître la valeur ajoutée pour les professionnels de la filière (meilleurs prix et revenus). L’amélioration de la qualité organoleptique et de la pureté est au cœur du défi.

Comment est née cette charte ?

Le gouvernement, appuyé par ses partenaires techniques et financiers, a initié des rencontres entre les différentes parties prenantes de la filière pour débattre de la qualité. Les consommateurs ont aussi été consultés. Les organisations de producteurs, de transformateurs, de commerçants de riz et les services techniques de l’Etat ont travaillé aux niveaux régional et national afin de définir ensemble les bonnes pratiques pour chaque maillon de la filière. Ces bonnes pratiques ont été consignées dans un guide, que la charte permet d’officialiser. En effet, la charte est maintenant validée par un arrêté interministériel utilisable par les acteurs pour toute transaction commerciale de riz mais aussi pour l’élaboration de cahiers des charges spécifiques, comme par exemple pour la marque collective du riz de mangrove Bora Maalé. Le BSD a été chargé des démarches au niveau des ministères de l’Agriculture, du Commerce et de l’Industrie, des PME et de Promotion du Secteur privé et du suivi jusqu’à l’enregistrement au Journal officiel de la République. J’ai personnellement assuré cette mission.

Quels défis pour la mise en application de la charte ?

La charte doit être diffusée à l’ensemble des directions techniques des ministères et prise en compte dans les réflexions visant à promouvoir la production nationale et contribuer à améliorer les revenus des acteurs. Les services de l’Etat doivent se saisir de cette charte pour inclure les enjeux de qualité dans leurs appuis techniques et leurs actions de vulgarisation. Mes propositions sont de favoriser le développement de la production rizicole pour obtenir un paddy en quantité et en qualité satisfaisantes, et d’appuyer la transformation par l’appui en matériel d’étuvage amélioré et performant et en décortiqueuses modernes dotées d’épierreurs pour réduire le taux d’impuretés. Les acteurs de la filière doivent s’appuyer sur cette charte pour veiller au respect des normes de qualité de riz local. Les organisations paysannes seront responsables de la diffusion à la base. J’alerte les partenaires techniques et financiers du gouvernement sur l’importance de projets complémentaires pour la qualité du riz : plaidoyer, partage et application de la charte, organisation d’ateliers, et appuis spécifiques aux acteurs.

Lire la charte nationale de qualité du riz local Guinéen
En savoir plus sur le projet Acorh

Voir l’interview de la présidente du réseau Bora Male, Mamadama Camara