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Publié le 26/02/2016

Trois questions à Serge Allou, expert urbain chez Cities Alliance

Serge Allou a animé pendant près de 10 ans le programme Solidarité Habitat, qui visait à accompagner la coopération internationale des collectivités locales et des ONG françaises dans le domaine du développement urbain. Il a ensuite été directeur général du Gret. Il est aujourd’hui mis à disposition du secrétariat de Cities Alliance par le ministère français des Affaires étrangères. Cette plateforme internationale a pour objectif le plaidoyer et l’action sur les villes, notamment dans la lutte contre la pauvreté urbaine.  À l’approche du sommet Habitat III en octobre 2016 à Quito, il répond aux questions de En lien sur les enjeux de ce rendez-vous mondial qui réunit tous les 20 ans les acteurs de l’urbain.

Que pensez-vous du processus Habitat III et que peut-on en attendre ?

20 ans après la conférence Habitat II, la Conférence Habitat III sera la première conférence appelée par les Nations unies après la définition des Objectifs de développement durable (ODD) – dont le but 11 porte précisément sur les villes – et après la Cop 21. L’idée est de prendre acte de l’urbanisation mondiale et de travailler à en faire un moteur de développement. L’un des intérêts de cette conférence est le fait qu’elle génère un processus préparatoire extrêmement riche : de multiples rencontres internationales, plus de 200 experts mobilisés dans des Policy Units invités à  alimenter la réflexion, des pays qui s’emparent de la question urbaine, des bailleurs qui redéfinissent leurs stratégies d’appui, etc. Le nouvel agenda urbain qui résultera de ce processus constituera un cadre de référence pour les 20 prochaines années. Bien que non contraignant, il fixera des orientations partagées. L’enjeu sera bien entendu d’assurer le suivi des recommandations.

Que faut-il selon vous défendre en priorité à Habitat III ?

Il est important que soit définitivement reconnu le rôle que jouent tous les acteurs dans la production et la gestion de la ville, du local au national.  Au niveau des Etats, la question doit mobiliser l’ensemble des acteurs publics, au-delà des seuls ministères de l’Habitat et de l’Urbanisme. Habitat II a pour une part consacré le rôle majeur des collectivités locales dans la gestion des territoires et des villes. Mais de nombreux progrès restent à faire en matière de décentralisation. Enfin, la société civile organisée doit être pleinement partie prenante du débat sur les politiques publiques et acteur de leur mise en œuvre. Le dialogue et la concertation entre ces acteurs doit devenir la règle à tous les niveaux.

Quel rôle peut jouer la société civile dans ce type de processus et avec quelle influence ?

À ce jour, les réflexions engagées sur le nouvel agenda urbain tournent autour de deux points : l’amélioration de l’environnement politique et institutionnel de l’action des villes et des priorités opérationnelles (les finances locales, la planification stratégique, l’accès aux services de base et les infrastructures). La société civile peut et doit jouer un rôle à ces deux niveaux. À l’échelon national, elle peut participer  à la définition des politiques et à la mise en place des dispositifs institutionnels correspondants. À l’échelon local, elle est porteuse d’innovations, promeut la citoyenneté et le droit à la ville pour tous, en étant acteur à part entière de la gestion urbaine.

 

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