Accueil » Journées d’études « coopérer en milieu urbain »
Publié le 29/04/2016

Journées d’études « coopérer en milieu urbain »

A l’approche du sommet Habitat III sur « villes durables » à Quito (Equateur) en octobre 2016, le Groupe initiatives a organisé des Journées d’études à Dakar, du 30 mars au 1er avril 2016 sur « Coopérer en milieu urbain : quelles stratégies des Organisations de solidarité internationale (OSI) pour des politiques urbaines inclusives ? ». Le Gret a fortement contribué à ces journées et revient sur ses principaux enseignements.

Les travaux ont réuni une trentaine de participants, représentants d’ONG membres du Groupe initiatives (Gret, Iram, GRDR, Gevalor, Ciedel, Geres, ID et Essor), de la ville de Dakar, de bureaux d’études et d’Enda-Graf Sahel. Les journées d’études se sont organisées autour de quatre séquences : travailler sur la ville/avec la ville/pour la ville, la concertation favorise-t-elle l’inclusion, comment mettre en place des solutions pérennes et tenir compte des enjeux d’équité, quel positionnement pour les OSI et quels métiers pour co-construire des politiques urbaines ? Le Gret a présenté deux des huit projets analysés pour illustrer ces thèmes :

  • la mise en place d’un service d’assainissement durable dans le quartier de Guet Ndar, à Saint-Louis du Sénégal, considéré comme l’un des quartiers les plus denses d’Afrique de l’Ouest avec 25 000 habitants. Dans un contexte de risques sanitaires et environnementaux liés au manque de service d’assainissement amélioré, l’Agence de développement communale (ADC) et le Gret mènent un projet d’assainissement concerté, total et intégré du quartier (projet Acting) ;
  • l’aménagement urbain et la reconstruction du quartier de Baillergeau, à Port-au-Prince, en Haïti, qui allie reconstruction post-séisme et aménagement de quartier précaire. Suite à la réalisation d’un schéma d’aménagement pour le quartier, le Gret met en œuvre ses éléments les plus structurants et favorise l’appropriation et le respect par ses habitants (projet Areba).

Deux « grands témoins », Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA) et Guillaume Josse (Groupe 8) ont apporté leur concours à la réflexion commune. D’abord une proclamation unanime : la citoyenneté est un bien commun, au même titre que l’accès à l’eau, à l’énergie, à la santé, à l’éducation. La construction d’une citoyenneté urbaine est une orientation indispensable aux projets intervenant en ville et implique des démarches de consultation/participation/mobilisation de la diversité des acteurs qui font la ville (habitants, collectivités, Etat, secteur privé formel et informel, etc.). Par exemple, le Forum civil a lancé dans 60 villes sénégalaises l’initiative de « certification citoyenne ». Ensuite, intervenir en milieu urbain nécessite de composer avec les logiques des acteurs locaux dans des méthodes de co-construction, en prenant notamment en compte l’agenda politique des élus et des jeux d’acteurs très complexes. Il convient d’accepter l’idée que les OSI ne maîtrisent pas tous les paramètres et qu’elles ne sont qu’un acteur parmi une multiplicité dans la construction de la ville.

La question de savoir comment opérer quand la maîtrise d’ouvrage publique est défaillante reste entière. Trouver des médiateurs pertinents et dont la légitimité repose sur une « démocratie d’appropriation » plus que sur une démocratie formelle ? Ou bien renoncer tant qu’il n’y a pas d’initiatives véritablement portées par la base, « tant que la marmite ne commence pas à bouillir par le bas » ? La co-construction est une belle formule. Il faut avouer qu’elle est parfois plus une ambition qu’une réalité, une approche qui nécessite des conditions d’engagement réciproques de la part des OSI comme des porteurs de la maîtrise d’ouvrage et du pilotage du territoire, avant de s’engager dans des démarches de développement urbain inclusives.

Les travaux des Journées vont faire l’objet d’une liste de recommandations, d’une publication dans la collection Traverses du Groupe initiatives et d’une restitution auprès de l’Agence française de développement et de divers acteurs de la solidarité internationale, notamment dans la cadre de la préparation d’Habitat III.