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Publié le 12/04/2017

3 questions à… Christian Castellanet sur les droits fonciers coutumiers en Asie du Sud-Est

Ingénieur agronome de formation, Christian Castellanet est entré au Gret en 1989. Après avoir travaillé sur les questions agricoles et sur la gestion des ressources naturelles, notamment en Amazonie brésilienne, il a obtenu un doctorat en écologie, puis exercé en tant que directeur scientifique au siège. Basé au Laos depuis 2014, il suit désormais le projet MRLG mis en œuvre par le Gret en partenariat avec Land Equity International, qui a vocation à promouvoir des politiques foncières plus justes et plus équitables en Asie du Sud-Est.

En quoi consiste le projet « Mekong Region Land Governance » (MRLG) ?

Financée par les coopérations suisses, allemandes et luxembourgeoises, cette initiative régionale a pour objectif de contribuer à une meilleure gouvernance foncière dans quatre pays du Mékong : Cambodge, Laos, Myanmar et Vietnam. Il s’agit de renforcer les droits coutumiers des agriculteurs familiaux, et en particulier ceux des minorités ethniques, face aux politiques d’appui à l’agro-industrie. Développées dès la fin des années 1990, celles-ci ont encouragé les accaparements fonciers à grande échelle, via des concessions destinées à attirer les capitaux étrangers.

Le projet MRLG intervient à différents niveaux (local, national et régional) en renforçant les capacités d’actions et de réflexion des acteurs, en appuyant la formation de groupes, d’alliances et de dialogues pluri-acteurs impliquant les gouvernements, le secteur privé et la recherche, et en mettant à disposition des financements pour mener des actions innovantes dans le domaine du foncier.

Les rencontres impulsées par le projet favorisent-elles l’émergence de nouvelles pistes ?

Oui, absolument. En confrontant les différents points de vue, ces ateliers permettent aux gouvernements d’échanger sur des problématiques communes, de comparer leurs politiques les unes aux autres ; cela les encourage ainsi à avancer dans de nouvelles directions.

Ce fut le cas notamment lors de l’atelier régional co-organisé du 7 au 9 mars à Naypyidaw, au Myanmar, avec le ministère de l’Environnement et des Forêts birman. L’évènement, qui portait sur la reconnaissance des droits coutumiers, a accueilli 80 participants issus de la société civile, du monde de la recherche et des ministères concernés, qui sont parvenus à se mettre d’accord sur une définition commune. C’est un premier pas en avant.

De nouvelles idées ont également circulé au cours de cette rencontre. Comme par exemple la possibilité de reconnaître des territoires coutumiers, à l’image de ce qui se pratique déjà aux Philippines où le titre de propriété est établi au nom du village, dans une logique d’exploitation collective des terres communales. Cette notion de territoire traditionnel ne se réduit pas seulement au village, elle couvre un champ bien plus vaste qui inclut aussi les zones naturelles.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Un nouvel atelier régional sera organisé en octobre, sur la régulation des investissements fonciers. Et l’échange de bonnes pratiques et de connaissances sera encore davantage renforcé grâce à la mise en place, dans les prochaines semaines, d’une plate-forme électronique régionale dénommée « MLike ».

En savoir plus sur le projet MRLG
Consulter le site Internet mrlg.org (en anglais)

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