Accueil » 3 questions à… Judicaël Fétiveau, responsable du programme « gestion des ressources naturelles » du Gret
Publié le 28/09/2017

3 questions à… Judicaël Fétiveau, responsable du programme « gestion des ressources naturelles » du Gret

Le festival des TroPikantes, mêlant points de vue artistiques et scientifiques, a organisé sa première édition le 22 septembre, à Nogent-sur-Marne, au Jardin d’agronomie tropicale. C’est dans ce cadre que Judicaël Fétiveau a participé à une table ronde ayant pour thème « Les impacts du changement climatique sur le développement et la solidarité internationale ». Rencontre. 

En quoi le Gret est-il concerné par le changement climatique ?

En tant qu’opérateur de projets, le Gret met en œuvre sur la plupart de ses terrains d’intervention des activités dans des domaines directement liés à la question du changement climatique : l’agriculture par exemple, ou encore la gestion des ressources forestières, de l’eau potable, des déchets, etc. Ces secteurs sont parfois eux-mêmes à l’origine de l’émission de gaz à effet de serre ; ils peuvent aussi à l’inverse représenter une solution en matière d’atténuation ou d’adaptation aux changements climatiques.

Le Gret, en tant qu’acteur de la société civile, et agissant dans le champ de la solidarité internationale, est de facto impliqué dans ces problématiques. Il s’efforce d’influer sur les pouvoirs publics au Nord, tout en appuyant les organisations de la société civile au Sud dans la construction de leur plaidoyer en faveur d’un développement sobre en carbone et résilient face aux changements climatiques.

Quels sont les principaux objectifs internationaux fixés dans la lutte contre le changement climatique ?

Cette lutte repose sur deux stratégies complémentaires. La première vise à l’atténuation du changement climatique : on cherche à limiter les émissions, et éventuellement à séquestrer le plus de carbone possible dans les arbres ou le sol. La seconde consiste à s’adapter à un réchauffement qui est inéluctable : même si on changeait dès à présent nos modes de consommation, la force d’inertie engendrée par ce qui a déjà été engagé nous oblige à nous adapter, notamment pour les pays du Sud particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique.

Ces deux objectifs sont diversement articulés dans les « contributions nationales » qui constituent les objectifs que se sont librement fixés chaque État participant à la Convention Climat, dans le cadre de l’Accord de Paris entré en vigueur en novembre 2016. En l’absence de système de sanction comme il en existait dans le Protocole de Kyoto, qui fixait des objectifs aux seuls pays historiquement responsables du réchauffement, la mise en œuvre et la révision des contributions nationales seront décisives pour contenir le réchauffement sous l’objectif de 2°C.

Quels moyens doit-on développer afin de lutter contre le changement climatique de manière durable ?

Le Gret est membre de la Commission « Climat et Développement » du réseau Coordination SUD, qui a pour but de créer un espace d’échange et d’expertise, et d’appuyer les ONG de développement dans la construction de leur plaidoyer grâce à leurs retours d’expérience et au soutien du monde de la recherche. Cette commission s’est interrogée notamment sur l’efficacité et les risques associés au déploiement de mécanismes internationaux de lutte contre le changement climatique, qui visent à donner un prix aux émissions de carbone ou une valeur au carbone volontairement non émis ou séquestré : la taxe carbone, les mécanismes de compensation carbone (échanges de quotas d’émissions) ou REDD+ (Réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts) en sont quelques exemples.

En savoir plus sur les positions du Gret en matière de lutte contre le changement climatique.