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Publié le 30/09/2017

Des pistes pour le développement de techniques agroécologiques résilientes

Une étude a été menée dans le cadre du projet Capitalisation d’expériences d’acteurs pour le développement de techniques agroécologiques résilientes en Afrique de l’Ouest (Calao). Les principaux résultats ont été présentés et mis en discussion à l’occasion d’un séminaire régional organisé à Dakar les 18 et 19 octobre 2017.

Cette rencontre a notamment mis en avant la nécessité d’évaluer non pas des pratiques agroécologiques individuelles, car celles-ci ne peuvent être isolées d’autres pratiques, mais des systèmes plus ou moins agroécologiques, aussi bien au niveau de la parcelle (systèmes de culture), de l’exploitation agricole (système de production) que de régions entières (système agraire).

Les critères d’évaluation doivent également être liés au contexte. L’utilité de solides études de systèmes agraires ont ainsi été mises en lumière. Celles-ci sont nécessaires pour l’évaluation socio-économique. Mais elles permettent aussi de mieux raisonner les critères les plus pertinents pour l’évaluation agro-environnementale en fonction des problématiques générales rencontrées dans la région, et de raisonner l’échantillonnage pour cette évaluation. Par ailleurs, le champ de l’évaluation doit intégrer aussi bien les pratiques agroécologiques traditionnelles que les pratiques introduites plus récemment par des organismes extérieurs (ONG, recherche, etc.).

Concernant les facteurs favorables ou limitants pour les développement de l’agroécologie, plusieurs ont été abordés : l’adéquation entre les pratiques agroécologiques et les objectifs des agriculteurs et agricultrices, l’accès aux moyens de production et son financement, l’environnement agro-environnemental, l’environnement socio-économique, les conditions d’accès au foncier et aux ressources naturelles, la production et l’accès à la matière organique (laquelle est bien souvent au centre de la transition agroécologique), le travail nécessaire, les politiques publiques, les méthodes d’intervention qui promeuvent l’agroécologie. Il est apparu clairement que la problématique qui doit être raisonnée n’est pas tant celle des facteurs plus ou moins favorables à telle ou telle pratique, mais celle de l’ensemble des conditions de la transition d’un type de système d’agriculture à un autre système. Les évaluations agro-environnementales ont quant à elles mis en évidence les effets positifs des pratiques agroécologiques en termes de fertilité des sols (matière organique, enracinement), de rendements agricoles (en moyenne, de l’ordre de + 50 %) et de reforestation des paysages agraires.

Les évaluations socio-économiques se sont focalisées sur les impacts en termes de revenu agricole, de valeur ajoutée, d’emploi et de sécurité alimentaire. Par exemple, dans la région Sereer du Sénégal, les systèmes agroécologiques basés sur une forte intégration entre agriculture et élevage permettent au minimum un doublement des revenus agricoles par actif par rapport à d’autres systèmes par ailleurs comparables, tant du fait de l’amélioration des rendements que de la croissance de la production animale. Cette dernière a également un impact en matière d’alimentation des familles, avec notamment un accroissement de la consommation laitière.

Participants au séminaire régional organisé à Dakar les 18 et 19 octobre 2017
Participants au séminaire régional organisé à Dakar les 18 et 19 octobre 2017