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Cameroun : toutes les filières ne
sont pas également favorables au développement des
MPE
Le secteur agroalimentaire
L’industrie des fruits et du lait est plutôt tournée
vers l’extérieur. Les unités laitières de Douala
et de Yaoundé sont approvisionnées par de la poudre
de lait. La filière fruits fait partie de la stratégie
nationale de diversification des exportations. L’artisanat travaille
dans le secteur traditionnel ; les femmes peuhls commercialisent
le lait de la famille en ville.
Les MPE trouvent leur place grâce à des innovations
sur les produits (jus de fruits en bouteilles, fruits secs, lait
caillé ou yaourt en sachets) ou sur la distribution (lait
naturel et lait dans les bars laitiers). Dans le secteur des fruits,
des formes de distribution innovantes adaptées au faible
pouvoir d’achat des urbains apparaissent : tranches de fruits emballées
vendues immédiatement par exemple.
Environnement institutionnel : absence
de projet d’appui global aux MPE
Le Programme national de vulgarisation et de recherche agricole
concerne toutes les filières, y compris l’élevage,
mais s’intéresse essentiellement au secteur de la production
agricole. Quelques ONG s’intéressent aux MPE, mais il n’existe
pas de programme d’appui global au secteur. L’École nationale
des sciences agro-industrielles de Ngaoundéré diffuse
des techniques innovantes, tant pour le lait que pour les fruits.
La signature des accords de l’OMC engendre une volonté de
protection du consommateur : une loi de normalisation de l’étiquetage
des produits alimentaires emballés est entrée en vigueur
en décembre 2001.
Les MPE confèrent sa valeur marchande
au lait
La filière laitière locale a été favorisée
par l’Etat à travers un projet d’augmentation de la production
laitière. L’économie de la zone de Ngaoudéré
est basée sur l’élevage, avec 4 millions de têtes
de bovins, mais le lait n’est qu’un sous-produit et avait peu de
valeur marchande avant le projet laitier apparu en 1990. Ce dernier,
ainsi que la première industrie laitière, ont disparu,
mais la privatisation du secteur a permis la création de
MPE d’initiatives individuelles, de tailles très hétérogènes,
qui ont repris les créneaux commerciaux.
Ces MPE ont rapidement proposé aux producteurs des prix
plus intéressants que ceux de l'industrie, et ont favorisé
leur organisation professionnelle en coopératives. Le groupement
Gicarts les a intégré au capital et dans ses instances
décisionnelles. L’effort collectif d’adaptation des entreprises
au marché s’exprime aussi par un réseau de distribution
très diversifié (bars laitiers, pousse-pousse, etc.)
et par des prix unitaires des produits abordables.
Fruits : les entreprises cantonnées
aux marchés de niche
La gamme des fruits disponibles au Cameroun est vaste, et une production
fruitière existe toute l’année grâce à
la diversité des zones agroécologiques. Le marché
intérieur est important et l’exportation vers le marché
international (banane) ou régional (vers le Gabon) concerne
une variété de produits tels que l’orange, la goyave,
l’avocat. Une partie de la production se fait dans les zones enclavées
et est peu valorisée, voire perdue. Mais les volumes transformés
localement sont marginaux.
Les entrepreneurs des MPE sont plutot instruits, jeunes diplomés,
fonctionnaires ou cadres en reconversion. Toutes les entreprises
ont été créées depuis 1994. Leur taille
est hétérogène, avec un chiffre d’affaires
qui varie de 2 à 80 millions de francs CFA, pour 7 à
17 salariés permanents. En dehors de l’École nationale
des sciences agro-industrielles, qui diffuse des techniques de production,
l’environnement est peu favorable pour les MPE du secteur. Il n’y
a pas de projet d’appui et le crédit se limite au crédit
fournisseurs et à la mobilisation de tontines, peu adaptées
à l’investissement dans des équipements.
Les entreprises ne concluent des contrats avec les producteurs
que lorsque le produit est rare (fruit de la passion ou produit
biologique). Dans ce cas, leur effet peut être sensible, allant
jusqu’à la mise en culture pour les MPE. Si la ressource
est abondante, les entreprises s’approvisionnent sur le marché.
Ces unités, peu innovantes, proposent souvent les mêmes
produits, des jus de fruits en bouteilles, dont les prix sont élevés.
La taille des conditionnements est fixe, ce qui limite l’adaptation
au marché. Le marché restant limité (produits
haut de gamme), le taux de mortalité des entreprises est
fort.
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