GRET Micro et petites entreprises agroalimentaires
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Innovations pour l'approvisionnement alimentaire des villes africaines

Les travaux de recherche ont permis de créer le concept de "micro ou petite entreprise" (MPE). Une MPE peut se définir par ce qu’elle n’est pas : une MPE n’est pas une PMI (petite et moyenne industrie), clairement rattachée au secteur formel, nécessitant plusieurs centaines de millions de FCFA d’investissement (dizaines de milliers d’euros), rattachée à la Chambre de commerce et d’industrie ; une MPE ne fait pas non plus partie de l’artisanat informel, exercé le plus souvent avec peu de moyens, mais dont le rôle en matière d’approvisionnement des villes n’est pas contesté.

Concept de micro et petites entreprises
et innovations

Ce nouveau secteur présente trois caractéristiques essentielles :

  • une innovation par rapport au tissu local, que ce soit en termes de produit, d’emballage ou d’organisation. On retient ainsi une définition contextuelle de l’innovation.
  • des centres de décision stratégiques qui lui appartiennent en propre, ou qui sont situés au niveau national, contribuant ainsi à la stabilité de l’entreprise et à la motivation de l’entrepreneur. Ce critère permet de distinguer les MPE des industries locales soumises à des décisions prises dans des pays du Nord, qui peuvent donc interrompre sans dommage leurs activités.
  • des formes de coordination amont et aval innovantes. En amont, l’innovation peut porter sur le produit ou sur la coordination des acteurs pour l’organisation de la production. En aval, elle peut également porter sur le produit ou sur l’organisation adoptée pour mieux atteindre le marché.
    Les cas d’innovation technique sur le produit sont fréquents : production de jus pasteurisés au Cameroun ou de produits céréaliers emballés au Sénégal, transformation de la matière première en produits laitiers, etc.

De nouvelles formes "entreprenariales" sont également identifiées. En Guinée Bissau, des femmes qui produisaient de l’huile de palme pour l’autoconsommation se sont associées pour en faire une activité économique marchande. Si chacune conserve une certaine maîtrise du process et du produit final (le revenu est individualisé), elles partagent le pouvoir décisionnel, exploitent en commun une presse et produisent ainsi suffisamment pour répondre à la demande des marchés urbains. De telles formes de coordination et de groupements, qui associent des dimensions collectives et individuelles, se rencontrent également dans d’autres pays, pour la production de poisson fumé par exemple.

Ce nouveau secteur des MPE est parfois caractérisé en fonction d’un intervalle entre artisanat et industrie, qu’il serait supposé combler. En termes d’investissements nécessaires, les MPE se positionnent entre ces deux secteurs. Mais, à examiner leur fonctionnement en profondeur, on observe qu’elles ne sont pas issues de l’artisanat, pas plus qu’elles n’ont forcément vocation à évoluer pour se rapprocher de l’industrie. Il s’agit d’entités bien particulières, que le programme éclaire sous différentes angles : marché, fonctionnement propre, approvisionnement en matières premières.

La recherche
Champs d'investigation
Filières étudiées
Produits attendus
Les résultats
Concept de MPE et innovations
Impact sur la production agricole
Connexion au marché
Logique des acteurs et réseaux sociaux
Sénégal : un secteur agroalimentaire dynamique
Cameroun : toutes les filières ne sont pas favorables
Guinée Bissau : les groupements de femmes
Les MPE : quel avenir ?
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