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Innovations pour l'approvisionnement alimentaire des villes africaines

 

Guinée Bissau : les groupements de femmes approvisionnent la ville

Dans un contexte d’instabilité, la constitution de groupements de femmes

Grâce à des conditions climatiques favorables, la Guinée Bissau dispose de nombreux produits alimentaires locaux. Dans les années 1990 sont apparues des PME de transformation agroalimentaire, notamment dans le secteur des fruits, à l’initiative d’investisseurs privés. Mais le conflit armé de 1998-1999 a entraîné la destruction des équipements et la perte des marchés et ces entreprises n’ont pas pu relancer leur activité.
En milieu rural, les transformations artisanales familiales, réalisées par les femmes, sont destinées à l’auto-consommation ou orientées vers la consommation locale. Après le conflit, la volonté de produire pour le marché urbain a entraîné la constitution (ou la reconstitution) de diverses formes de regroupements afin de disposer d’une plus grande capacité de production et d’avoir accès au transport et au crédit. Ces groupements de femmes ont pu bénéficier de l’expérience de citadines, revenues s’installer en milieu rural, qui connaissaient bien les marchés et les circuits d’information.

Les ONG : première source d’appui pour l’agriculture et l’agroalimentaire rural

Jusqu’à la fin des années 80, l’appui aux groupements féminins pour la transformation agro-alimentaire était assuré essentiellement par l’Etat. Dans les années 90, on assiste à un transfert de compétences vers les ONG, alors naissantes en Guinée Bissau ; elles assurent aujourd’hui l’essentiel de l’appui extérieur aux groupements.

Huile de palme : Bissau approvisionnée par des groupements de femmes

Les noix de palme abondent dans les zones côtières. Il s’agit en général de plantations spontanées que les populations protégent au moment des défriches pour les cultures. La période de récolte et transformation des noix s’étend de mars à juillet, puis débute la campagne agricole. La vente d’huile de l’année commence en novembre, jusqu’à la nouvelle campagne.

La transformation pour l’auto-consommation se réalise à tout moment. Pour produire à plus grande échelle, les femmes s’organisent en groupements d’entraide temporaire, en associations, ou au sein d’une même famille. Ces groupements approvisionnent Bissau en huile de palme locale, plus appréciée que l’huile importée raffinée, malgré son prix plus élevé, car il en faut beaucoup moins pour obtenir un plat avec une bonne saveur.

Les groupements jouent un rôle essentiel pour la transformation de la matière première et pour son approvisionnement vers les marchés urbains. Sans eux, les noix de palme seraient utilisées seulement pour la consommation des familles rurales, à l’exception de celles issues des palmeraies proches de la capitale qui trouvent un marché sans transformation. Cette valorisation incite les paysans à protéger les palmiers, et même à entreprendre certaines améliorations et plantations. Celles-ci sont cependant encore très limitées, à cause de l’absence de recherche sur cette filière et aussi de la concurrence d’autres cultures pérennes, notamment l’anacardier, et de cultures annuelles.

Poisson : la transformation valorise la pêche là où il n’y a pas de glace

En Guinée Bissau, on compte environ 2 500 pirogues, dont 25 % sont motorisées. Elles sont exploitées par 1 000 pêcheurs nationaux et 600 pêcheurs étrangers, ressortissants surtout du Sénégal et de la Guinée Conakry.

La pêche artisanale se concentre de février à fin mai pour le silure ("bagre") ; l’ethmalose ("diaf-fal") est pêché tout le long de l’année et le barracuda se pêche de fin juillet à novembre.

Les principaux circuits de commercialisation du poisson sont les suivants :

  • l’approvisionnement de Bissau en poisson frais à partir des îles Bijagos et d’un projet de pêche semi-industrielle, grâce à la présence de fabriques de glace ;
  • la transformation du silure par fumage sur toute la côte nord de Bissau pour l’approvisionnement de la capitale ;
  • le fumage de l’ethmalose dans le sud du pays approvisionne les zones intérieures du pays. L’"escalada" est produite pour écouler les poissons de première qualité qui n’ont pas pu être écoulés en frais.

La commercialisation, avec ou sans transformation du poisson, est assurée par des femmes, tra-vaillant isolément ou organisées en groupements. La transformation du poisson revêt avant tout une fonction de préservation de la ressource dans des situations où il n’existe pas de fabriques de glace. Cependant dans le cas du silure, la transformation assure également une meilleure valorisation car ce poisson fumé est fortement apprécié par les consommateurs de Bissau.

La recherche
Champs d'investigation
Filières étudiées
Produits attendus
Les résultats
Concept de MPE et innovations
Impact sur la production agricole
Connexion au marché
Logique des acteurs et réseaux sociaux
Sénégal : un secteur agroalimentaire dynamique
Cameroun : toutes les filières ne sont pas favorables
Guinée Bissau : les groupements de femmes
Les MPE : quel avenir ?
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