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Micro et petites entreprises
et impact sur la production agricole
Les méthodes mobilisées
Une approche fonctionnelle : des enquêtes auprès
des entreprises pour analyser leurs différentes fonctions,
notamment les stratégies développées pour sécuriser
les approvisionnements en matières premières.
Une approche socio-anhtropologique : une analyse stratégique
centrée sur les acteurs et sur leurs interactions. Elle prend
particulièrement en compte deux éléments :
le positionnement social des acteurs, et leur insertion dans des
réseaux diversifiés ; les stratégies adoptées
pour négocier les formes de coordination des acteurs.
Une analyse filière : le rôle des différents
acteurs, les interactions et les flux. Elle permet de replacer les
observations et analyses dans un contexte plus global.
Les premiers résultats
Les MPE jouent un rôle sensible dans le cas d’innovation
sur la matière première.
C’est le cas des entreprises qui transforment le lait local au
Sénégal et au Cameroun, ou de celles qui traitent
des fruits marginaux, comme les fruits de la passion au Cameroun.
Dans les villes secondaires, là où l’offre et la demande
restent limitées, les MPE qui transforment le lait jouent
nettement un rôle de connexion à l’amont. Elles contribuent
à stimuler la production, en liaison avec la demande des
consommateurs urbains. Ces marchés restent de taille modeste,
ce qui permet aux MPE d’y tenir une place importante et de jouer
un rôle significatif dans l’accroissement de la production
laitière.
Les entrepreneurs mettent en place des circuits d’approvisionnement
courts (éleveur-collecteur-transformateur), offrent des services
aux éleveurs (compléments alimentaires) et l’unité
de transformation demeure pratiquement le seul intermédiaire
entre la production agricole et la consommation urbaine.
Au Cameroun, les entreprises signent des contrats avec les producteurs
pour les fruits les plus rares, les plus nouveaux ou encore les
mieux adaptés à la transformation (fruits de la passion
ou fruits biologiques).
Un effet plus difficilement mesurable dans le cas de filières
longues, traditionnelles.
Dans le cas de filières plus anciennes, où il existe
déjà un savoir-faire traditionnel et un secteur artisanal
de transformation développé, ou encore un volume de
matières premières important, mais un certain déclin
de la consommation (cas des céréales au Sénégal),
on peut difficilement mettre en évidence l’effet des MPE
sur la production par rapport à celui des autres systèmes
de transformation. Leur impact sur la production agricole reste
limité à leur part de marché.
Nouant davantage de contrats en aval des filières (commercialisation),
on peut cependant penser que leur présence a un effet positif
sur la production. L’augmentation du marché leur est profitable,
mais c’est le cas également pour les autres secteurs de la
transformation (notamment l’artisanat).
En Guinée Bissau, les MPE répondent à la
demande urbaine à partir de la production locale, en l’absence
d’industrie
En Guinée Bissau, les MPE sont la seule forme de lien entre
l’offre agricole et la demande urbaine dans la filière huile
de palme : c’est l’association entre les femmes qui permet de lever
les contraintes à la commercialisation des produits en ville.
Dans la filière poisson, les MPE favorisent la valorisation
de matières premières qui ne pourraient pas être
écoulées en frais. Il ne s’agit pas de stimulation
de la production à proprement parler, car l’objectif premier
des pêcheurs est d’écouler la production sur le marché
du frais, plus rémunérateur, mais le fait de pouvoir
disposer de circuits d’écoulement contribue très certainement
à rentabiliser des activités de pêche.
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