| Amsterdam
6-9 décembre 1999 |
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Participants
Introduction
1 - Politiques d'appui aux médias africains
: l'exemple des Pays-Bas
2 - Politiques d'appui aux médias africains
: l'exemple de l'Allemagne
3 - Politiques régionales d'appui aux médias
4 - Organisation et structuration de la profession
5 - Droit déontologie et éthique
6 - Nouvelles technologies de l'information et de la
communication
7 - Conclusions de la rencontre
La 6ème
rencontre du réseau de partenaires des médias africains, qui a fait
suite aux rencontres de Paris (1995), Bruxelles (1996), Bellagio,
Copenhague (1997), et Johannesburg (1998), a été organisée par le
secrétariat technique du réseau en collaboration avec l'association
hollandaise CAF/SCO.
C'est le
ministère hollandais des Affaires étrangères qui l'a accueillie,
à Amsterdam, du 6 au 9 décembre 1999. Gertie Hesseling, directrice
du Centre d'études africaines et représentant CAF/SCO, en a présidé
la session d'ouverture.
Outre les
différentes présentations d'activités par les nouveaux membres
et les acteurs hollan-dais, la rencontre s'est orientée autour
de trois principaux thèmes de travail : :
-
organisation
et structuration de la profession ;
- droit,
déontologie et éthique ;
- usage
des nouvelles technologies de l'information et de la communication
(NTIC) et for-mation.
Les travaux
se sont déroulés en séances plénières, selon un programme structuré
de façon à permettre une souplesse et une dynamique propices au
débat.
Le présent
rapport a pour objectif d'être un compte rendu fidèle (mais non
exhaustif) des présentations et des débats auxquels la rencontre
a donné lieu. Le programme et la liste des participants à cette
réunion figurent en annexe. Les documents mentionnés dans les
diverses notes de bas de page sont pour la plupart disponibles
auprès du secrétariat du réseau
.
I.
Politiques d'appui aux médias africains : l'exemple des Pays-Bas
Les grandes
tendances de la coopération hollandaise ont été présentées en
quatre temps, avec tout d'abord une intervention du ministère
hollandais des Affaires étrangères, suivie des interventions de
divers opérateurs.
1. Ministère
hollandais des Affaires étrangères, Leen Boer, Dewi Van De Weerd,
Piet de Lange
Alors que
depuis le début des années 90, la politique du ministère hollandais
des Affaires étrangères était restée plus ou moins la même, l'année
1998, avec l'arrivée d'un nouveau mi-nistre et les débats parlementaires
sur la politique de coopération, a marqué un changement de cap
pour la mise en œuvre de la politique de coopération au développement
des Pays-Bas.
La réforme
s'est avant tout traduite par un fort accent mis sur la responsabilité
des pays bénéficiaires, et sur leur capacité (et leur volonté)
d'appropriation des programmes d'aide.
Plusieurs
stratégies ont été adoptées pour répondre aux nouvelles orientations
définies. Ainsi, désormais :
- l'accent
est mis sur la demande émanant des pays du Sud ;
- un petit
nombre de pays sont désignés comme bénéficiaires de l'aide.
Afin de réduire les inégalités de répartition de l'aide entre
les pays bénéficiaires, et d'optimiser son utilisation, des
priorités ont été définies, aussi bien au plan géographique
que sectoriel. Des critères ont été précisément établis à partir
desquels les pays bénéficiaires sont identifiés. Parmi les plus
importants de ces critères, on peut citer la bonne gouvernance,
la stabilité politique, l'avancement des politiques socio-économiques,
etc. ;
- la décentralisation
est jugée comme essentielle à la bonne application des politiques
de coopération, avec un rôle croissant conféré aux ambassades.
Les pays
bénéficiaires de l'aide à travers le monde ont été réduits à 50,
divisés en deux catégories :
- 20 pays
recevant une aide bilatérale, sélectionnés selon les critères
susmention-nés (en Afrique, les pays concernés sont les suivants
: Burkina Faso, Ghana, Mali, Mo-zambique, Tanzanie, Ouganda,
Zambie, Afrique du Sud, Éthiopie et Érythrée) ;
- 30 pays
collaborant sur la base de programmes thématiques, sur les sujets
suivants : conservation de l'environnement ; bonne gouvernance
et Droits de l'homme ; appui au secteur privé (en Afrique, la
Guinée Bissau, le Kenya, la Namibie et le Rwanda reçoi-vent
une aide sur la " ligne " Droits de l'homme et démocratisation).
Tout en appliquant
la réforme, le ministère hollandais n'a pas profondément modifié
les objectifs de sa politique d'appui aux pays africains. Ces
objectifs ont été rappelés, comme suit : réduction de la pauvreté,
lutte pour l'environnement durable, promotion des Droits de la
femme.
Débat
-
Le débat
a tout d'abord porté sur la légitimité de la sélection
des pays bénéficiaires
Le représentant
du ministère a tenu à rappeler qu'un dialogue sérieux avait
été engagé sur les priorités à établir, et que le débat avait
été porté au niveau parlementaire aux Pays-Bas.
Le critère
de bonne gouvernance ne limite-t-il pas de fait l'accès à
l'aide pour les pays qui sont les plus en difficulté ?
-
La
question de la décentralisation a également été placée
au cœur du débat
Élisabeth
Paquot mettant l'accent sur le fait que la décentralisation
n'est pas la solu-tion à tous les maux. Il arrive que des
ministères soient plus proches des réalités que leurs délégations
sur le terrain. D'autre part, au niveau local, qui dit " décentralisation
" ne dit ainsi pas automatiquement " plus grande implication
des organismes concernés " (les fonds vont parfois se perdre
dans les structures gouvernementales locales). Contre cette
déperdition, la représentante du GRET a suggéré la mise en
place de fonds d'appui aux médias.
2. Fondation
d'assistance à la communication (CAF/SCO), Fenneke Hulshoff Pol
La Fondation
d'assistance à la communication (Communication Assistance Foundation,
Stichting Communicatie Ontwikkelingssamenwerking, CAF/SCO) est
une organisation non gouvernementale hollandaise créée en 1986,
à l'instigation de trois associations (dont l'association hollandaise
des journalistes). Jusqu'en 1994, elle a bénéficié régulièrement
de fonds provenant principalement du ministère hollandais des
Affaires étrangères. A partir de 1994, les fonds n'ont plus été
attribués que sur la base d'un accord financier.
Depuis 1998,
CAF/SCO bénéficie également de fonds provenant de la loterie nationale
hollandaise. Son budget pour l'Afrique est de 750 000 US$ (tous
domaines d'intervention confondus).
CAF/SCO reformule
sa politique, et dans ce cadre elle a organisé une importante
consultation de ses principaux partenaires : les bénéficiaires
de l'aide. Cette réunion, qui s'est tenue à Accra en septembre
1999, a rassemblé les partenaires de CAF/SCO et des experts médias
dans le but de mieux définir les futures priorités de l'organisation.
Différents
thèmes ont été sélectionnés parmi lesquels : échange d'information
; coopération régionale ; durabilité/viabilité ; utilisation des
langues nationales dans la presse écrite ; appropriation.
Les travaux
menés à Accra ont abouti aux principales conclusions suivantes
:
- le partage
des responsabilités avec les acteurs locaux est souhaitable
;
- les besoins
en formation sont encore très importants, et notamment en terme
de développement des capacités organisationnelles ;
- la viabilité
des projets est cruciale, mais pour autant un projet qui ne
peut pas devenir (complètement) viable n'est pas nécessairement
voué à l'échec. Une stratégie propre doit être développée qui
vise à la viabilité des projets.
3. Institut
hollandais pour l'Afrique australe (NIZA), Bob Van der Winden
L'institut
hollandais pour l'Afrique australe (Nedelandsinstituut voor Zuidelijk
Afrika, NIZA), est une organisation non gouvernementale hollandaise.
Au même titre que NOVIB, HIVOS (Humanist Institute for Cooperation
with Developing Countries), ou CAF/SCO, tous représentés à la
rencontre, c'est un opérateur à part entière.
Parmi ses
trois programmes principaux, NIZA dispose d'un programme d'appui
aux médias qui est principalement mis en œuvre par les acteurs
de la société civile.
Historiquement
implantée en Afrique du Sud, elle a dû, avec la fin de l'apartheid,
revoir ses objectifs, priorités et modes d'intervention.
Les priorités
de NIZA sont aujourd'hui les suivantes :
- sensibiliser
l'opinion européenne aux problèmes "d'après apartheid" ;
- promouvoir
des échanges d'information entre différentes institutions de
différents pays d'Afrique australe ;
- promouvoir
des transferts de compétences journalistiques.
Ainsi aujourd'hui
NIZA tente-t-elle de développer un réseau de journalistes hollandais
(à plus long terme ce réseau comprendrait des journalistes européens)
susceptibles d'encadrer et de former des journalistes d'Afrique
australe. Elle appuie également l'Institut pour les médias d'Afrique
australe (Media Institute for Southern Africa, MISA).
4. International
Institute for Communication and Development (IICD), Loeki Schaeffers
et HIVOS, Maartje op de Coel
L'Institut
international pour la coopération et le développement (IICD) a
plusieurs projets en lien avec les nouvelles technologies de l'information
et de la communication (NTIC) en Afrique.
Dans les
domaines de la communication et des médias, il développe notamment
un projet de mise à disposition des populations de connexions
collectives au Burkina Faso (mise en place de " boutiques Internet
") et un projet de centre de formation à l'utilisation des NTIC
au Ghana. Il souhaite stimuler la participation du secteur privé
au développement des NTIC, entretenir au mieux les réseaux existants
et promouvoir les transferts d'expérience bilatéraux.
C'est notamment
dans cet objectif qu'il a organisé à Dar Es-Salaam, en novembre
1999, en collaboration avec HIVOS, un atelier sur " Les NTIC au
service des actions d'appui au développement des ONG ".
L'utilisation
des NTIC en Afrique suscite à la fois des espoirs et des craintes.
L'atelier a permis de souligner combien leur développement pouvait
apporter en terme d'ouverture démocratique, et d'appui à l'éducation
des populations. L'accent a également été mis sur l'importance
des contenus à diffuser sur Internet. Internet étant non une fin
en soi, mais davantage un outil utilisable au service du développement.
Débat
Marie-Soleil
Frère et Kabral Blay Amihere ont fait part de leur étonnement
vis-à-vis de la présentation de Hivos ; vivant respectivement
au Burkina Faso et au Ghana, ils n'avaient pas entendu parler
des projets de l'ONG hollandaise sur le terrain. Ces projets
sont mis en œuvre avec différents partenaires, une ONG hollandaise
(SNV) pour le projet du Burkina Faso, et des partenaires à visées
commerciales (IBM est partenaire du centre ghanéen de formation).
Mais les services fournis sont payants, et en tant que tels,
ne sont pas accessibles à tous les publics.
Il a été
suggéré que les boutiques Internet et autres cyber cafés, participent
au financement d'autres activités de développement dès lors
qu'elles atteignaient un certain seuil de rentabilité.
II.
Politiques d'appui aux médias africains : l'exemple de l'Allemagne
1. Deutsche
Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ), Peter Holasek
La politique
de développement de l'Allemagne est placée sous la responsabilité
du ministère fédéral de la coopération économique (BMZ).
Le BMZ commande,
principalement à la GTZ , la planification et l'exécution des
projets et programmes conçus pour renforcer la capacité des médias
et des organisations (coopération technique).
Les mass
médias et les projets de communication ont été une priorité pendant
les années 70 et 80 pour la coopération technique allemande. Les
objectifs de l'appui au média étaient notamment la promotion de
l'intégration nationale, des changements sociaux, de la démocratisation,
le progrès de l'éducation et la préservation des valeurs culturelles.
Une attention
particulière a été accordée aux structures des médias et à l'accès
aux médias pour les populations rurales en particulier. L'appui
était centré sur la radiodiffusion et la formation.
Depuis le
début des années 90 le nombre de projets média a été considérablement
réduit.
A la suite
d'une réévaluation des programmes média, la nouvelle stratégie
considère les médias -également les " nouveaux médias "- en tant
qu'outils d'appui au développement et au changement. Les producteurs
des médias sont vus comme des fournisseurs de services pour des
thèmes comme l'éducation, l'agriculture, la décentralisation,
la prévention des crises, la résolution des conflits et la bonne
gouvernance.
La formation
reste une priorité pour aider les médias africains à devenir plus
professionnels.
2. Fondation
Friedrich Ebert, Reinhard Keune
La Fondation
Friedrich Ebert (Friedrich Ebert Stiftung) est une " fondation
politique ", de même que d'autres fondations allemandes telles
la Fondation Adenauer, etc. A ce titre, ces fondations sont attachées
chacune à un parti politique, mais elles ne sont pas autorisées
pour autant à appuyer ces partis.
La Fondation
Friedrich Ebert met en oeuvre un programme pour le développement
des médias et de la communication, dont un volet important est
dédié à la formation.
Autrefois
beaucoup de stagiaires africains se déplaçaient pour bénéficier
de formations en Europe, aujourd'hui ce n'est plus le cas. On
a délocalisé la formation, et, dans la mesure du possible, des
partenaires africains sont impliqués dans les programmes : par
exemple, le National Film and Television Institute, NAFTI au Ghana,
ou l'African Council on Communication Education, ACCE au Kenya.
La Fondation
Friedrich Ebert développe de plus en plus des programmes médias
qui sont en lien avec d'autres thèmes. Et qui relèvent de plus
en plus de l'approche " communication au développement ".
3. Catholic
Media Council (CAMECO), Michel Philippart
Le Catholic
Media Council, CAMECO (en français, Conseil catholique des médias)
est un bureau international de conseil et d'études basé à Aix-la-Chapelle
(Allemagne). Il a été créé voici trente ans pour les organisations
caritatives de l'Église catholique - en Allemagne à l'origine,
puis ce service s'est ouvert aux bailleurs des Églises d'autres
pays, Pays-Bas, Autriche, Suisse, Belgique, États-Unis, Italie,
etc. - dans le but de :
- les aider
dans le processus d'examen des demandes de subvention soumises
par les Églises partenaires de pays en développement (en Asie,
Afrique, Amérique centrale et latine, Europe centrale et de
l'Est) ;
- éclairer
leurs décisions relatives à ces demandes.
Dans la mise
en œuvre de cet objectif, CAMECO a deux activités principales
:
- il étudie
les projets présentés à divers bailleurs de fonds (tels Misereor,
Missio, etc.) ;
- il joue
le rôle de conseil en communication pour ses partenaires et
les responsables des Églises.
La mission
du CAMECO lui confère une position stratégique pour l'observation
des grandes tendances du développement et de l'appui au développement
des médias africains. Alors que jusqu'au milieu des années 80,
la répartition des projets portés par les Églises dans le secteur
des médias est restée très stable (avec une large prédominance
des projets et activités dans le secteur de la presse écrite -
plus de 60%), à la fin des années 80, une baisse significative
des projets de soutien à la presse écrite s'est amorcée, compensée
par une augmentation des demandes d'appui aux radios ; aujourd'hui,
les deux secteurs ont une importance similaire.
4. Evangelisches
Missionswerk Deutschland (EMW), Glenine Hamlyn
La mission
protestante allemande (Evangelisches Missionswerk Deutschland,
EMW) est une organisation de coordination des Églises évangéliques
en Allemagne, elle regroupe 24 membres et une dizaine de partenaires
associés. Cette organisation est membre de l'Association des services
pour le développement des Églises en Allemagne. Le département
Communication du secrétariat administratif, basé à Hambourg, collabore
avec de nombreuses activités et entreprises des Églises dans tous
les secteurs de la communication dans les pays du Sud : radio,
film et vidéo production, édition, journaux et publications, agences
de presse, formation en communication, théâtre, etc.
De nombreux
projets sont ainsi appuyés financièrement, en étroite concertation
et coopération avec l'Association mondiale pour la communication
chrétienne (World Association for Christian Communication).
Débat
Plusieurs
questions ont été posées au représentant de la GTZ
- sur le
statut de la GTZ : une compagnie de droit privé qui n'a pas
de pouvoir de décision quant à l'attribution des financements
ou au choix des projets ;
- sur le
choix de la GTZ de ne plus appuyer les médias autrement que
comme outils de communication ;
- sur la
faculté des médias privés à atteindre les financements de la
GTZ, dont l'accès est favorisé pour les médias publics. A ce
sujet Reinhard Keune a souhaité signaler l'actualité du débat
sur l'appui aux radio et TV publiques : depuis deux ans, la
revitalisation des médias de service public est considérée comme
une priorité par l'Allemagne .
III.
Politiques régionales d'appui aux médias
1. Le département
Développement social de la Banque mondiale, Stephen Stern
Le département
Développement social est une structure de création récente au
sein de la Banque mondiale ; il a été créé alors que la Banque
mondiale prenait conscience du fait que l'on ne pourrait avancer
sans prendre en compte les aspects sociaux du développement.
La Banque
mondiale est une structure d'une telle taille qu'il n'est pas
facile d'y faire vivre des programmes transversaux. Ainsi au niveau
de la communication pour le développement, il existe un département
qui tente de travailler de façon transversale avec les départements
demandeurs (montant des volets communications ad hoc, au gré des
demandes et des besoins des différents programmes).
2. La Communauté
pour le développement de l'Afrique australe (SADC), Moses Mabunde
Créée en
1994, la Communauté pour le développement de l'Afrique australe
(Southern African Development Community, SADC) est une organisation
régionale qui rassemble 14 pays. Chaque pays membre est en charge
d'un secteur spécifique. Le Mozambique est coordinateur du secteur
culture, information, sports. Dans le domaine de l'information,
la principale préoccupation de la SADC est de réduire le déficit
de programmes en langues locales et vernaculaires. Dans sa coopération
avec les bailleurs, la SADC souhaite développer des liens qui
ne soient pas uniquement liés aux financement, pour établir de
vrais partenariats à l'échelle de la région.
IV.
Organisation et structuration de la profession
1. Les observatoires
de la liberté de la presse, par Daniel Fra (GRET)
Le premier
observatoire africain de la liberté de la presse est apparu en
Côte d'Ivoire, en 1995, à l'issue d'un séminaire sur la responsabilité
du journaliste en période électorale. En adoptant le principe
de l'autorégulation, l'Observatoire de la liberté de la presse,
de l'éthique et de la déontologie (OLPED), s'est donné deux objectifs
principaux : réguler les relations entre la presse et les pouvoirs
publics, et rendre plus harmonieuses les relations entre la presse
et son public.
Dans la lignée
de l'OLPED, un certain nombre d'observatoires sont apparus dans
d'autres pays africains, qui obéissent globalement aux mêmes objectifs,
toujours sur le principe de l'autorégulation de la profession.
Ainsi en va-t-il de l'Observatoire de la déontologie et de l'éthique
des médias (ODEM) du Bénin et du Conseil pour le respect de l'éthique
et de la déontologie (CRED) du Sénégal créés en mai 1999, ou de
l'Observatoire des médias togolais, apparu au Togo en novembre
1999.
Les observatoires
existants essaient aujourd'hui de mettre en commun leurs expériences
:
- L'OLPED,
l'ODEM et le CRED par exemple ont participé, en octobre 1999,
à la réunion des observatoires, centres et maisons de la presse
organisée à Ouagadougou à l'instigation du Centre national de
presse Norbert Zongo ;
- La Fédération
internationale des journalistes (FIJ), l'Union des journalistes
de l'Afrique de l'Ouest (UJAO), les observatoires cités ci-dessus
et le GRET travaillent actuellement à l'élaboration d'un programme
d'actions communes.
De ces différentes
expériences, certains dénominateurs communs sont apparus :
- l'unité
de la profession est un facteur clé du bon fonctionnement des
observatoires (voire la condition sine qua non de leur réussite)
;
- le principe
d'autorégulation doit être accepté par toute la presse (presse
privée et presse publique doivent être représentées) ;
- ces instances
doivent être créées à l'instigation des journalistes ou de leurs
associations représentatives, dirigées par eux (garantie supplémentaire
de leur indépendance).
La mise en
place d'observatoires demande donc une situation préalable qui
offre : une certaine stabilité socio-politique ; des capacités
d'organisation du secteur et/ou une réelle représentativité des
organisations professionnelles.
2.Les maisons
de la presse, par Marie-Soleil Frère (Communauté française de
Belgique)
Les maisons
de la presse africaines (sous cette appellation, on désigne également
les centres de ressources) ont plusieurs objectifs principaux
:
- Permettre
aux journalistes et aux professionnels des médias africains
de se retrouver, pour mieux pouvoir échanger, entre pairs ;
- Permettre
aux journalistes africains de rencontrer des journalistes étrangers
; les structures appropriées et qui fonctionnent doivent devenir
les interlocuteurs privilégiés d'observateurs étrangers qui,
face aux nouveaux paysages médiatiques, peuvent manquer de repères
;
- Offrir
des infrastructures, notamment de télécommunication et Internet
aux journalistes africains.
Ces structures
existent sous des formes très diverses en Afrique. Leurs budgets
varient de 5 à 500 M CFA/an. Elles sont principalement financées
par des bailleurs de fonds, même si certaines d'entre elles tentent
de s'autofinancer (en offrant des services payants - accès à Internet,
PAO, voire formation - qui leur permettraient à plus ou moins
long terme d'être économiquement viables). Cette évolution vers
l'autofinancement ne se fait pas sans difficultés : risque de
concurrence avec des services commerciaux, refus de certains journalistes
de payer des services fournis par une structure subventionnée,
etc.
3. Le Centre
international pour la presse du Ghana, par Kabral Blay Amihere
(directeur du Ghana International Press Centre)
Le Centre
international de ressources pour la presse du Ghana (Ghana International
Press Centre) a été créé en 1993 à l'initiative de journalistes
ghanéens. Il a fonctionné, au cours des trois premières années,
sans subvention extérieure.
Actuellement,
c'est une structure stable, qui dispose de locaux fixes, et fournit
des services payants aux professionnels des médias. A ce titre,
il organise notamment des conférences de presse, offre un accès
à Internet, etc.
Elle est
fortement utilisée par les journalistes locaux comme par les journalistes
étrangers, et représente un véritable point de chute pour les
journalistes réfugiés au Ghana.
Ses difficultés
proviennent principalement d'un manque de moyens certain, qui
s'avère plus important avec le développement d'Internet (source
d'importants besoins en matériel). Il n'empêche que le centre
devrait pouvoir voler de ses propres ailes. Il envisage pour cela,
éventuellement, d'emprunter de l'argent auprès d'organismes bancaires.
Débat
- Sur les
maisons de la presse
Les
maisons de la presse sont-elles des structures viables ?
Les activités commerciales qu'elles peuvent développer peuvent
être des sources de revenus non négligeables (R. Macdonell)
Inviter
des décideurs politiques, des personnes influentes de façon
périodique à venir pour des rencontres dans les maisons
de la presse pourrait leur donner une assise non négligeable
(R. Uku)
Les
maisons de la presse peuvent mettre l'accent sur la fourniture
de services (notamment formation, etc.) mais sans outrepasser
leur rôle (ne pas se substituer aux institutions de formation,
s'attacher par exemple exclusivement à des formations pratiques,
courtes, visant des objectifs bien spécifiques, etc.)
- Sur les
observatoires
Les
observatoires sont-ils viables ? L'idéal serait qu'ils soient
financés par la profession (critère qui figure dans les
statuts de l'observatoire du Sénégal, encore en création,
mais dont on n'a encore vu d'application pratique).
L'autorégulation
ne voit-elle pas ses limites dans le manque de pouvoir de
sanction des observatoires ? la question se pose aujourd'hui
en Côte d'Ivoire, où l'OLPED est impuissant fasse aux dérives
de plus en plus nombreuses de certains journalistes ivoiriens.
4. Objectifs
et modalités de fonctionnement du forum des maisons et observatoires
de la presse en Afrique, par Marie-Soleil Frère (Communauté française
de Belgique)
Quatorze
centres de ressources, maisons de la presse et observatoires africains
ont été rassemblés, lors d'un séminaire organisé, à l'instigation
du Centre national de presse Norbert Zongo du 26 au 29 octobre
1999, à Ouagadougou.
Une première
réunion des maisons de la presse avait été organisée, en 1998,
à Bamako, mais elle n'avait rassemblé qu'une minorité de ces structures,
et rien de concret n'en était ressorti.
Malgré les
différences et les spécificités des maisons de la presse et des
observatoires, l'idée de création d'un forum qui les réunirait
est apparue. Il s'agissait, en évitant de créer une coquille vide,
de mettre en place un lieu où les maisons, centres et observatoires
de la presse africains pourraient se rencontrer, échanger, engager
des actions de lobbying, etc.
Le forum
a été créé lors du séminaire international de Ouagadougou. Son
secrétariat est assuré par le Centre national de presse Norbert
Zongo, initiateur du séminaire. Une seconde rencontre devrait
être organisée en 2000, probablement à Bamako, où seront invitées
davantage de structures de pays anglophones.
5. L'Association
mondiale des journaux (AMJ), par Aralynn MacMane
L'Association
mondiale des journaux (AMJ, en anglais World Association of Newspapers,
WAN), représente 18 000 journaux, et offre la possibilité de devenir
membre aux directeurs de publication des pays où il n'existe pas
d'association nationale.
Son objectif,
en particulier dans les démocraties émergentes, est de défendre
la liberté de la presse et de promouvoir la lecture par les journaux
dans des programmes d'éducation.
Dans le domaine
de la coopération avec les pays du Sud, l'association développe
plusieurs projets, produit des publications et fait du lobbying
pour encourager l'existence de journaux indépendants.
Débat
-
Au sujet
du Forum des maisons, centres et observatoires de la presse
africains
Il
a été suggéré que le forum mette l'accent sur son rôle de
passerelle entre acteurs anglophones, francophones, voire
avec les lusophones.
Pour
Denis Decraene (ministère français des Affaires étrangères),
une multiplication de structures est un risque majeur, aussi
faut-il, avant de mettre en place quelque nouveau centre
que ce soit, faire un état des lieux précis du secteur.
Ainsi à Madagascar, on trouve un centre de presse qui fonctionne
bien ; même chose à l'Ile Maurice. Ces centres n'étaient
pas représentés au séminaire de Ouagadougou.
Kabral
Blay Amihere suggère que les observatoires soient hébergés
par les maisons de la presse.
Dans
tous les cas, la crédibilité et la légitimité des individus
en charge de ces structures sont déterminantes pour leur viabilité.
- Au sujet
de l'action des bailleurs de fonds
Ank Linden
(ministère hollandais des Affaires étrangères) a souhaité
que les bailleurs échangent plus sur leurs activités, pour
mieux structurer et formaliser l'aide. Elle a demandé à cette
occasion l'élaboration d'un document synthétique sous forme
de carte, qui illustre les activités des uns et des autres
et leur lieux d'intervention. A cette occasion, il a été rappelé
qu'un manuel dédié aux activités des bailleurs était en cours
de publication, aux éditions du GRET. Ce manuel proposera
des fiches structurées par bailleur, présentant leurs priorités,
stratégies d'intervention, mais également les procédures à
mettre en œuvre pour accéder aux financements. Une carte pourra
aisément être créée à partir des informations récoltées pour
le manuel, elle devrait prochainement figurer sur le site
du réseau (http://www.gret.org/mediapartner).
V.
Droit déontologie et éthique
1. Résultats
du séminaire d'Accra, par Chudi Ukpabi (consultant Communication/médias)
Les processus
de démocratisation en Afrique ont entraîné une augmentation du
nombre des organes de presse privée, qui, malheureusement, s'est
souvent accompagnée d'une baisse de la qualité globale des productions,
et d'une augmentation de pratiques journalistiques douteuses.
C'est notamment
suite à ce constat qu' a été organisé à Accra, du 20 au 23 septembre
1999, le séminaire sur la déontologie des journalistes. Cette
rencontre a rassemblé 90 participants, journalistes, chercheurs,
experts des médias, issus de 25 pays africains.
Des études
de cas sur la situation des médias par pays ont servi de terreau
aux débats d'Accra. L'idée est de publier ces études, sous forme
d'un manuel qui serait diffusé aux écoles et centres de formation
aux métiers des médias en Afrique. Ce manuel est en cours de finalisation,
il devrait être un des premiers documents pédagogiques produit
en Afrique, pour des africains.
Les principales
conclusions de la rencontre d'Accra sont :
- que la
participation des journalistes est un élément indispensable
d'une meilleure régulation de la profession ;
- que la
réalité du métier de journaliste doit être mieux prise en compte
dans la mise en place de programmes de formation ;
- que dans
le métier de journaliste, la responsabilité personnelle compte
plus que partout ailleurs.
Une déclaration,
effectuée à l'issue du séminaire, a été produite, sur les thèmes
de l'éthique, de la formation et de la pratique du journalisme
en Afrique .
2. Les instances
de régulation des médias africains, le RIARC, par Elisabeth Paquot
(GRET/ Secrétariat du réseau)
Les instances
africaines de régulation des médias se sont créées depuis le début
des années 90, sous la pression (selon les pays) des sociétés
civiles ou des États. La première d'entre elles est apparue en
1990, au Bénin, il s'agit de la Haute autorité de l'audiovisuel
et de la communication (HAAC).
Selon qu'elles
soient anglophones ou francophones, les instances de régulation
ont différentes attributions (avec notamment une implication plus
ou moins importante dans la gestion des fréquences et des programmes).
Elles sont
composées de représentants d'associations professionnelles et
de représentants des administrations concernées en proportions
qui diffèrent selon les pays. Plus forte est leur collaboration
avec les associations professionnelles des médias, plus grande
est leur légitimité vis-à-vis des professionnels.
Une série
de rencontres , appuyées par différents bailleurs de fonds, ont
abouti au projet de création du réseau des instances africaines
de régulation de la communication (RIARC, en anglais NACRA, Network
of African Communication Regulation Authorities).
Le RIARC
a été officiellement créé à l'issue de la Conférence de Libreville
de juin 1998 qui a rassemblé des représentants de 24 pays africains
. En novembre 1999, le RIARC compte 16 instances membres (Afrique
du Sud, Angola, Bénin, Burundi, Cameroun, Côte d'Ivoire, Gabon,
Guinée, Mali, Mozambique, Namibie, Nigeria, République de Centrafrique,
Sao Tomé et Principe, Tchad, Togo).
3. Clarifier
les rôles entre instances de régulation et associations professionnelles,
par Kabral Blay Amihere (président de l'Union des journalistes
de l'Afrique de l'Ouest, UJAO)
L'émergence
d'instances de régulations a marqué dans la plupart des cas la
volonté des États de promouvoir la liberté de la presse et l'exercice
professionnel de leur métier par les journalistes. Mais les dérives
ont été nombreuses, qui ont vu ces instances devenir des appareils
répressifs, et souhaitant se substituer à une profession qui tentait,
de son côté, de mettre en place des procédures d'autorégulation
(mise en place de codes d'éthiques, observatoires de la liberté
de la presse, etc.).
Par conséquent,
la difficulté pour les instances de régulation africaines est
de ne pas devenir ce qu'étaient traditionnellement, avant la démocratisation,
la plupart des ministères de l'information ou de la communication
: des organes de censure et de propagande pour les pouvoirs en
place.
Pour cela,
il est essentiel qu'elles prennent en compte les efforts des associations
professionnelles de journalistes pour résoudre les plaintes publiques
et faire respecter le code éthique professionnel. Et qu'elles
s'attèlent plus spécifiquement à l'accomplissement de leur mission
initiale : veiller à l'accès équitable aux médias publics, aux
réformes juridiques, à l'attribution équitable des fréquences,
etc.
De leur côté,
les médias et les journalistes doivent veiller à assumer leurs
responsabilités à chaque instant.
C'est à ces
conditions qu'instances de régulation et associations professionnelles
pourront contribuer au développement durable du secteur des médias
en Afrique.
Débat
- Sur l'intervention
de Chudi Ukpabi
La
responsabilité du journaliste, en matière de déontologie,
si elle est grande, ne va pas sans celle du lecteur, qui
jouit d'une capacité de sanction.
Arrêter
la corruption signifie avant tout arrêter les corrupteurs.
Les journalistes sont de plus en plus sollicités pour rédiger
des " publi-reportages ". Faute de salaires décents, ils
sont parfois contraints de les réaliser, pour gagner leur
vie.
VI.
Usage des nouvelles technologies de l'information et de la communication
(NTIC) et formation aux métiers des médias en Afrique
1. Articulation
entre l'offre et la demande de formation aux métiers des médias
en Afrique, par Michel Philippart (CAMECO)
Avec l'ouverture
à la démocratie de nombreux pays d'Afrique au début des années
quatre-vingt dix, et la fin des monopoles d'État sur la presse,
les besoins en formation aux métiers des médias ont beaucoup augmenté.
Une grande
majorité de journalistes et de professionnels des médias en Afrique
sont très conscients de leurs besoins d'une formation avancée
et d'une amélioration de leurs compétences professionnelles. La
demande en formation continue et spécialisée est forte. La centaine
de centres de formation qui existent en Afrique subsaharienne
ne pourrait-elle pas suffire pour répondre à cette demande, et
aux besoins parfois non exprimés ?
Parmi les
professionnels, il y a une insatisfaction généralisée quant à
la qualité des centres de formation, mais aussi envers l'attention
insuffisante accordée à la formation permanente par les propriétaires
et responsables de médias.
Par ailleurs,
un autre regret fréquemment exprimé par les professionnels concerne
le manque de " sérieux " et de coordination dans l'offre de formation
proposée par des opérateurs extérieurs. Mais derrière ces critiques,
on peut entendre un souhait très fort d'une formation de qualité,
bien planifiée et cohérente.
Les besoins
les plus pressants se font sentir dans les domaines de la gestion
comptable, mais également dans ceux de la gestion des ressources
humaines, autant dire dans la transformation de médias en entreprises
de presse viables.
Enfin, pour
une meilleure adéquation de l'offre avec la demande en formation,
il ressort qu'il est indispensable de mieux analyser les besoins
(missions exploratoires), de tendre vers des approches par pays,
et de mettre sur pieds de véritables plans de formation (avec
comités de pilotage et de suivi).
2. Les actions
de formation de la fondation Thomson, par Val Williams (Thomson
Foundation)
La Fondation
Thomson met principalement en œuvre des programmes de formation
pratique aux métiers des médias, en Europe de l'Est, Asie centrale
et en Afrique. La part de son activité en Afrique a récemment
diminué, pour se situer aujourd'hui autour de 17% du total des
activités de la fondation.
S'étant orientée
relativement tardivement vers les nouvelles technologies de l'information
et de la communication, la fondation Thomson met l'accent sur
le côté pratique des formations, et considère, en tant qu'institution
de formation destinée à former des journalistes, les NTIC comme
secondaires. Les cours, d'une durée moyenne de 3 mois, sont organisés
en Grande-Bretagne ou sur place selon les cas.
3. Le centre
audionumérique de Ouagadougou. Présentation et première évaluation
des activités, par Jean-Claude Crépeau (Agence de la francophonie)
En 1998,
l'Agence de la francophonie lance, conjointement avec la Coopération
suisse, un projet pilote d'utilisation des NTIC, dans un double
objectif :
- Développer
les échanges entre les radios d'ores et déjà partenaires de
l'agence ;
- Assurer
aux radio diffuseurs un meilleur accès aux sources d'information.
Le centre
audionumérique a été mis en place à Ouagadougou. Il produit des
supports audionumériques, destinés à l'archivage de contenus radiophoniques
(pour une réutilisation par les radios).
Les radios
partenaires ont dû financer leurs équipements, c'est pourquoi
aujourd'hui certaines d'entre elles vendent la connexion à Internet
à des ONG, associations, etc.
4. Organisation
interne de la Banque mondiale : la région Afrique, par Richard
Uku (Banque mondiale)
La Banque
mondiale a connu plusieurs réformes récentes dans son organisation.
C'est à l'occasion de l'une de ces réformes qu'est apparu l'Institut
de la Banque mondiale (World Bank Institute, WBI), résultat de
la fusion de l'Economic Institute Unit et du Learning and Development
Centre Unit.
La lutte
contre la corruption est aujourd'hui l'un des principaux objectifs
de la Banque mondiale, dans un objectif global de lutte contre
la pauvreté et de développement durable. Dans le domaine de la
communication, il existe un service de l'information publique,
qui comprend une demi-douzaine de salariés au siège de la Banque,
en Afrique, une quarantaine de professionnels de la communication
sont sur le terrain.
5. La formation
à distance : le programme de l'Institut de la Banque mondiale,
présentation d'une visioconférence, par Roderick Mac Donnell (consultant,
Institut de la Banque mondiale, WBI)
Après avoir
organisé plusieurs ateliers de travail à l'attention de journalistes
africains sur le thème de la lutte contre la corruption au siège
de la Banque mondiale, la Banque s'est aperçue que ces ateliers
n'avaient pas l'efficacité escomptée. De ce constat est apparue
l'idée de mettre en place des " video-conference " (en français
" visioconférences ") sur le principe de la formation à distance.
Lors de ces conférences, qui rassemblent professeurs et élèves
par le biais d'écrans de télévision, les intervenants sont mis
en relation, en direct, par voie satellitaire, et peuvent échanger,
débattre, sur des sujets prédéterminés. Les visioconférences sont
organisées périodiquement par le WBI, au rythme d'une visioconférence
tous les 2 mois.
Parallèlement
aux visioconférences, l'Institut de la Banque mondiale propose
des " cours " plus " traditionnels " (sans véritable échange en
direct). Différents thèmes sont ainsi abordés dans des cours dispensés
depuis Washington, et diffusés en Afrique. A titre d'exemple,
un cours a récemment été dispensé sur " le journalisme d'investigation
" à l'attention de journalistes d'Ouganda, Tanzanie, Ethiopie,
Ghana, Cameroun, Bénin et Côte d'Ivoire. Une caméra filme le "
professeur ", les échanges consécutifs aux cours sont effectués
par téléphone/fax/E-Mail avec les sites de diffusion.
Les NTIC
trouvent dans la mise en œuvre de ces programmes des applications
des plus concrètes qui permettent des rapprochements jusqu'alors
impossibles, et des économies sur les budgets formation de la
Banque mondiale.
6. NTIC,
Internet et journalisme aux Pays-Bas, par Jonathan Marks (Radio
Nederland)
Radio Nederland,
dans sa politique de coopération au développement, souhaite avant
tout répondre aux demandes locales. Elle considère l'usage d'Internet
comme une priorité, tant pour ce qui concerne les échanges Nord/Sud
que pour les échanges Sud/Sud.
- Son soutien
aux radios africaines prend plusieurs formes :
- Elle appuie
notamment la radio Studio Ijambo, du Burundi ;
Elle travaille
à la mise en ligne de productions archivées et à l'archivage de
productions.
Débat
Elisabeth
Paquot rappelle qu'un groupe de travail a été spécifiquement
consacré au thème de la formation dans le cadre du réseau de
partenaires des médias africains. Ce groupe de travail a élaboré
un cahier des charges qui recommande notamment l'élaboration
de plans nationaux intégrés .
Marie-Soleil
Frère souligne les manques en matière de formation de formateurs,
et fait part de son inquiétude à ce propos : la plupart des
formateurs en exercice ont été formés au Nord voici une dizaine
d'années, quand ils ne doivent pas être remplacés pour cessation
d'activité, ils ont sérieusement besoin de formation continue.
Kwame Boafo
(UNESCO) insiste, suite à l'intervention de Val Williams, sur
l'importance des NTIC et de leurs applications en Afrique.
- Au sujet
du centre audionumérique de Ouagadougou
Quels sont
les thèmes prioritaires des programmes échangés ? Trois thèmes
principaux ont été choisis : la sauvegarde des traditions orales
pour les contenus de l'instruction civique ; la scolarisation
des femmes et des filles ; les circuits de commercialisation
du coton.
Le centre
restera à terme la propriété de l'Agence intergouvernementale
de la francophonie.
- Au sujet
des visioconférences de la Banque mondiale
La question
du coût de telles conférences a été soulevée. La visioconférence
revient à un coût de 1000 US $ par heure, ce qui, d'après
Rod Mac Donnell, n'est pas exorbitant si l'on prend en compte
les économies faites sur le déplacement de professeurs et
d'autres éléments logistiques usuels (le fait que l'équipement
nécessaire à l'enregistrement et à la diffusion soit disponible
dans les diverses représentations de la Banque mondiale permet
de contenir les coûts).
- Au sujet
de Radio Nederland
L'importance
des contenus a été soulignée, le fait que les programmes soient
diffusés par le biais d'Internet n'étant pas censé occulter
leur fin première : informer.
Quel
est le plus gros obstacle au développement de l'usage des
NTIC par les radios africaines ?
Il s'agit
du coût des connections et de la faiblesse des infrastructures
de télécommunication.
Jean-Claude
Crépeau (Agence intergouvernementale de la francophonie) a
rappelé à ce sujet que les tarifs élevés, la faiblesse des
infrastructures de télécommunication, la mauvaise répartition
de l'offre (avec des fournisseurs souvent présents sur les
seules capitales) n'étaient rien au regard des limites en
capacité totale des fournisseurs en Afrique. Seule solution
alternative pour une plus large distribution, les satellites
numériques. A ce titre, le satellite Afristar (lancé par Worldnet
et Worldspace) devrait permettre un réel désengorgement. L'Agence
a d'ores et déjà réservé un canal radio sur ce satellite,
canal dédié à la diffusion de programmes éducatifs en journée,
et aux échanges de programmes entre radios rurales locales
de nuit.
VII.
Conclusions de la rencontre et perspectives pour le réseau en
l'an 2000
L'ultime
session de la rencontre a été présidée par Denis Decraene (ministère
français des Affaires étrangères) qui a, avant d'ouvrir la séance,
brièvement présenté la récente réforme de l'ex ministère français
de la coopération.
Elisabeth
Paquot, du GRET, a ensuite présenté les activités 1999 du secrétariat
du réseau de partenaires des médias africains. Elle a illustré
sa présentation, dans sa dernière partie, d'une visite du " site
bailleurs " nouvellement ouvert et hébergé par le GRET (http://www.gret.org/mediapartner).
Il est à noter que le site constitue un outil précieux pour les
membres du réseau comme pour tous leurs partenaires, au Nord comme
au Sud. On y trouve, outre des informations sur le réseau (objectifs,
mode de fonctionnement, activités), des informations sur le secteur
des médias en Afrique, de même qu'un grand nombre de liens vers
des sites de médias africains ou traitant de la question.
Enfin, Andries
Dusink, directeur de CAF/SCO a présenté une brève synthèse des
travaux, puis la parole a été donnée à l'assistance, sur les questions
suivantes :
- avis et
leçons à tirer de la rencontre ;
- prochaine
réunion : Où ? Quand ? Comment ?
Au sujet
de la rencontre, les participants ont été unanimes pour souhaiter
une prochaine réunion d'une durée inférieure à quatre jours, avec
moins de séances plénières, afin d'aboutir plus rapidement à des
débats de fonds. Ils ont également unanimement accueilli avec
enthousiasme le nouveau site Internet du réseau.
Jean-Claude
Crépeau (Agence de la francophonie) a souhaité qu'une séance spécifique
d'une rencontre du réseau soit consacrée exclusivement aux bailleurs
investissant de l'argent sur le terrain, pour définir de véritables
convergences et bâtir des partenariats.
Pour Martin
Obrist (Coopération suisse) la prochaine rencontre devrait permettre
aux participants d'aborder en petits comités des sujets plus spécifiques
avant de présenter les résultats de leurs travaux en plénières.
Val Williams
(Fondation Thomson, représentant la coopération britannique à
la rencontre d'Amsterdam), a suggéré que le réseau s'ouvre à des
membres non-bailleurs, par exemple à des institutions de formation.
Denis Decraene
a rappelé que le réseau était avant tout un réseau de bailleur
de fonds. Il ne devait cependant pas s'opposer à ce que des opérateurs
soient parfois conviés aux rencontres, mais à la condition qu'ils
interviennent sur des points spécifiques ; ainsi la prochaine
rencontre pourrait avoir pour thème " les bénéficiaires et les
opérateurs du Sud ", pour mieux associer ces derniers aux travaux
du réseau.
Glenine Hamlyn
(EMW), qui participait pour la première fois à une rencontre du
réseau, en a souligné l'utilité, et la pertinence. Elle a suggéré
que la WACC (World Association for Christian Communication) soit
conviée à la prochaine rencontre.
Devi van
de Weerd (ministère hollandais des Affaires étrangères) a insisté
sur la nécessité d'élaborer un panorama des activités des bailleurs
par pays et par secteur. Le secrétariat du réseau a rappelé à
ce sujet la parution prochaine du manuel consacré aux actions
des bailleurs de fonds en appui aux médias en Afrique. Il a également
signalé que le site du réseau comprenait d'ores et déjà, une somme
importante d'informations.
Elisabeth
Paquot a enfin rappelé que les principaux financeurs du réseau
souhaitaient passer le relais, lançant un appel à proposition
auprès des autres membres présents à Amsterdam notamment. Un bailleur
a proposé d'accueillir la rencontre de l'an 2000, en attendant
sa confirmation, toutes les propositions sont les bienvenues.
Dans l'attente
de la prochaine rencontre, les membres du réseau sont cordialement
invités à faire parvenir leurs informations au secrétariat du
réseau (nouveaux projets, nouvelles orientations, informations
diverses sur le secteur des médias dans son ensemble). C'est à
cette seule condition que le réseau pourra maintenir une production
régulière d'informations pour mieux en assurer la diffusion auprès
de ses membres. Le bulletin par courrier électronique permet de
faire circuler cette information auprès des membres du réseau
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