Amsterdam 6-9 décembre 1999


Participants
Introduction
1 - Politiques d'appui aux médias africains : l'exemple des Pays-Bas
2 - Politiques d'appui aux médias africains : l'exemple de l'Allemagne
3 - Politiques régionales d'appui aux médias
4 - Organisation et structuration de la profession
5 - Droit déontologie et éthique
6 - Nouvelles technologies de l'information et de la communication
7 - Conclusions de la rencontre


La 6ème rencontre du réseau de partenaires des médias africains, qui a fait suite aux rencontres de Paris (1995), Bruxelles (1996), Bellagio, Copenhague (1997), et Johannesburg (1998), a été organisée par le secrétariat technique du réseau en collaboration avec l'association hollandaise CAF/SCO.

C'est le ministère hollandais des Affaires étrangères qui l'a accueillie, à Amsterdam, du 6 au 9 décembre 1999. Gertie Hesseling, directrice du Centre d'études africaines et représentant CAF/SCO, en a présidé la session d'ouverture.

Outre les différentes présentations d'activités par les nouveaux membres et les acteurs hollan-dais, la rencontre s'est orientée autour de trois principaux thèmes de travail : :

  1. organisation et structuration de la profession ;

  2. droit, déontologie et éthique ;
  3. usage des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) et for-mation.

Les travaux se sont déroulés en séances plénières, selon un programme structuré de façon à permettre une souplesse et une dynamique propices au débat.

Le présent rapport a pour objectif d'être un compte rendu fidèle (mais non exhaustif) des présentations et des débats auxquels la rencontre a donné lieu. Le programme et la liste des participants à cette réunion figurent en annexe. Les documents mentionnés dans les diverses notes de bas de page sont pour la plupart disponibles auprès du secrétariat du réseau .

I. Politiques d'appui aux médias africains : l'exemple des Pays-Bas

Les grandes tendances de la coopération hollandaise ont été présentées en quatre temps, avec tout d'abord une intervention du ministère hollandais des Affaires étrangères, suivie des interventions de divers opérateurs.

1. Ministère hollandais des Affaires étrangères, Leen Boer, Dewi Van De Weerd, Piet de Lange

Alors que depuis le début des années 90, la politique du ministère hollandais des Affaires étrangères était restée plus ou moins la même, l'année 1998, avec l'arrivée d'un nouveau mi-nistre et les débats parlementaires sur la politique de coopération, a marqué un changement de cap pour la mise en œuvre de la politique de coopération au développement des Pays-Bas.

La réforme s'est avant tout traduite par un fort accent mis sur la responsabilité des pays bénéficiaires, et sur leur capacité (et leur volonté) d'appropriation des programmes d'aide.

Plusieurs stratégies ont été adoptées pour répondre aux nouvelles orientations définies. Ainsi, désormais :

  • l'accent est mis sur la demande émanant des pays du Sud ;
  • un petit nombre de pays sont désignés comme bénéficiaires de l'aide. Afin de réduire les inégalités de répartition de l'aide entre les pays bénéficiaires, et d'optimiser son utilisation, des priorités ont été définies, aussi bien au plan géographique que sectoriel. Des critères ont été précisément établis à partir desquels les pays bénéficiaires sont identifiés. Parmi les plus importants de ces critères, on peut citer la bonne gouvernance, la stabilité politique, l'avancement des politiques socio-économiques, etc. ;
  • la décentralisation est jugée comme essentielle à la bonne application des politiques de coopération, avec un rôle croissant conféré aux ambassades.

Les pays bénéficiaires de l'aide à travers le monde ont été réduits à 50, divisés en deux catégories :

  • 20 pays recevant une aide bilatérale, sélectionnés selon les critères susmention-nés (en Afrique, les pays concernés sont les suivants : Burkina Faso, Ghana, Mali, Mo-zambique, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Afrique du Sud, Éthiopie et Érythrée) ;
  • 30 pays collaborant sur la base de programmes thématiques, sur les sujets suivants : conservation de l'environnement ; bonne gouvernance et Droits de l'homme ; appui au secteur privé (en Afrique, la Guinée Bissau, le Kenya, la Namibie et le Rwanda reçoi-vent une aide sur la " ligne " Droits de l'homme et démocratisation).

Tout en appliquant la réforme, le ministère hollandais n'a pas profondément modifié les objectifs de sa politique d'appui aux pays africains. Ces objectifs ont été rappelés, comme suit : réduction de la pauvreté, lutte pour l'environnement durable, promotion des Droits de la femme.

Débat

  • Le débat a tout d'abord porté sur la légitimité de la sélection des pays bénéficiaires

    Le représentant du ministère a tenu à rappeler qu'un dialogue sérieux avait été engagé sur les priorités à établir, et que le débat avait été porté au niveau parlementaire aux Pays-Bas.

    Le critère de bonne gouvernance ne limite-t-il pas de fait l'accès à l'aide pour les pays qui sont les plus en difficulté ?

  • La question de la décentralisation a également été placée au cœur du débat

    Élisabeth Paquot mettant l'accent sur le fait que la décentralisation n'est pas la solu-tion à tous les maux. Il arrive que des ministères soient plus proches des réalités que leurs délégations sur le terrain. D'autre part, au niveau local, qui dit " décentralisation " ne dit ainsi pas automatiquement " plus grande implication des organismes concernés " (les fonds vont parfois se perdre dans les structures gouvernementales locales). Contre cette déperdition, la représentante du GRET a suggéré la mise en place de fonds d'appui aux médias.

2. Fondation d'assistance à la communication (CAF/SCO), Fenneke Hulshoff Pol

La Fondation d'assistance à la communication (Communication Assistance Foundation, Stichting Communicatie Ontwikkelingssamenwerking, CAF/SCO) est une organisation non gouvernementale hollandaise créée en 1986, à l'instigation de trois associations (dont l'association hollandaise des journalistes). Jusqu'en 1994, elle a bénéficié régulièrement de fonds provenant principalement du ministère hollandais des Affaires étrangères. A partir de 1994, les fonds n'ont plus été attribués que sur la base d'un accord financier.

Depuis 1998, CAF/SCO bénéficie également de fonds provenant de la loterie nationale hollandaise. Son budget pour l'Afrique est de 750 000 US$ (tous domaines d'intervention confondus).

CAF/SCO reformule sa politique, et dans ce cadre elle a organisé une importante consultation de ses principaux partenaires : les bénéficiaires de l'aide. Cette réunion, qui s'est tenue à Accra en septembre 1999, a rassemblé les partenaires de CAF/SCO et des experts médias dans le but de mieux définir les futures priorités de l'organisation.

Différents thèmes ont été sélectionnés parmi lesquels : échange d'information ; coopération régionale ; durabilité/viabilité ; utilisation des langues nationales dans la presse écrite ; appropriation.

Les travaux menés à Accra ont abouti aux principales conclusions suivantes :

  • le partage des responsabilités avec les acteurs locaux est souhaitable ;
  • les besoins en formation sont encore très importants, et notamment en terme de développement des capacités organisationnelles ;
  • la viabilité des projets est cruciale, mais pour autant un projet qui ne peut pas devenir (complètement) viable n'est pas nécessairement voué à l'échec. Une stratégie propre doit être développée qui vise à la viabilité des projets.

3. Institut hollandais pour l'Afrique australe (NIZA), Bob Van der Winden

L'institut hollandais pour l'Afrique australe (Nedelandsinstituut voor Zuidelijk Afrika, NIZA), est une organisation non gouvernementale hollandaise. Au même titre que NOVIB, HIVOS (Humanist Institute for Cooperation with Developing Countries), ou CAF/SCO, tous représentés à la rencontre, c'est un opérateur à part entière.

Parmi ses trois programmes principaux, NIZA dispose d'un programme d'appui aux médias qui est principalement mis en œuvre par les acteurs de la société civile.

Historiquement implantée en Afrique du Sud, elle a dû, avec la fin de l'apartheid, revoir ses objectifs, priorités et modes d'intervention.

Les priorités de NIZA sont aujourd'hui les suivantes :

  • sensibiliser l'opinion européenne aux problèmes "d'après apartheid" ;
  • promouvoir des échanges d'information entre différentes institutions de différents pays d'Afrique australe ;
  • promouvoir des transferts de compétences journalistiques.

Ainsi aujourd'hui NIZA tente-t-elle de développer un réseau de journalistes hollandais (à plus long terme ce réseau comprendrait des journalistes européens) susceptibles d'encadrer et de former des journalistes d'Afrique australe. Elle appuie également l'Institut pour les médias d'Afrique australe (Media Institute for Southern Africa, MISA).

4. International Institute for Communication and Development (IICD), Loeki Schaeffers et HIVOS, Maartje op de Coel

L'Institut international pour la coopération et le développement (IICD) a plusieurs projets en lien avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) en Afrique.

Dans les domaines de la communication et des médias, il développe notamment un projet de mise à disposition des populations de connexions collectives au Burkina Faso (mise en place de " boutiques Internet ") et un projet de centre de formation à l'utilisation des NTIC au Ghana. Il souhaite stimuler la participation du secteur privé au développement des NTIC, entretenir au mieux les réseaux existants et promouvoir les transferts d'expérience bilatéraux.

C'est notamment dans cet objectif qu'il a organisé à Dar Es-Salaam, en novembre 1999, en collaboration avec HIVOS, un atelier sur " Les NTIC au service des actions d'appui au développement des ONG ".

L'utilisation des NTIC en Afrique suscite à la fois des espoirs et des craintes. L'atelier a permis de souligner combien leur développement pouvait apporter en terme d'ouverture démocratique, et d'appui à l'éducation des populations. L'accent a également été mis sur l'importance des contenus à diffuser sur Internet. Internet étant non une fin en soi, mais davantage un outil utilisable au service du développement.

Débat

Marie-Soleil Frère et Kabral Blay Amihere ont fait part de leur étonnement vis-à-vis de la présentation de Hivos ; vivant respectivement au Burkina Faso et au Ghana, ils n'avaient pas entendu parler des projets de l'ONG hollandaise sur le terrain. Ces projets sont mis en œuvre avec différents partenaires, une ONG hollandaise (SNV) pour le projet du Burkina Faso, et des partenaires à visées commerciales (IBM est partenaire du centre ghanéen de formation). Mais les services fournis sont payants, et en tant que tels, ne sont pas accessibles à tous les publics.

Il a été suggéré que les boutiques Internet et autres cyber cafés, participent au financement d'autres activités de développement dès lors qu'elles atteignaient un certain seuil de rentabilité.

II. Politiques d'appui aux médias africains : l'exemple de l'Allemagne

1. Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ), Peter Holasek

La politique de développement de l'Allemagne est placée sous la responsabilité du ministère fédéral de la coopération économique (BMZ).

Le BMZ commande, principalement à la GTZ , la planification et l'exécution des projets et programmes conçus pour renforcer la capacité des médias et des organisations (coopération technique).

Les mass médias et les projets de communication ont été une priorité pendant les années 70 et 80 pour la coopération technique allemande. Les objectifs de l'appui au média étaient notamment la promotion de l'intégration nationale, des changements sociaux, de la démocratisation, le progrès de l'éducation et la préservation des valeurs culturelles.

Une attention particulière a été accordée aux structures des médias et à l'accès aux médias pour les populations rurales en particulier. L'appui était centré sur la radiodiffusion et la formation.

Depuis le début des années 90 le nombre de projets média a été considérablement réduit.

A la suite d'une réévaluation des programmes média, la nouvelle stratégie considère les médias -également les " nouveaux médias "- en tant qu'outils d'appui au développement et au changement. Les producteurs des médias sont vus comme des fournisseurs de services pour des thèmes comme l'éducation, l'agriculture, la décentralisation, la prévention des crises, la résolution des conflits et la bonne gouvernance.

La formation reste une priorité pour aider les médias africains à devenir plus professionnels.

2. Fondation Friedrich Ebert, Reinhard Keune

La Fondation Friedrich Ebert (Friedrich Ebert Stiftung) est une " fondation politique ", de même que d'autres fondations allemandes telles la Fondation Adenauer, etc. A ce titre, ces fondations sont attachées chacune à un parti politique, mais elles ne sont pas autorisées pour autant à appuyer ces partis.

La Fondation Friedrich Ebert met en oeuvre un programme pour le développement des médias et de la communication, dont un volet important est dédié à la formation.

Autrefois beaucoup de stagiaires africains se déplaçaient pour bénéficier de formations en Europe, aujourd'hui ce n'est plus le cas. On a délocalisé la formation, et, dans la mesure du possible, des partenaires africains sont impliqués dans les programmes : par exemple, le National Film and Television Institute, NAFTI au Ghana, ou l'African Council on Communication Education, ACCE au Kenya.

La Fondation Friedrich Ebert développe de plus en plus des programmes médias qui sont en lien avec d'autres thèmes. Et qui relèvent de plus en plus de l'approche " communication au développement ".

3. Catholic Media Council (CAMECO), Michel Philippart

Le Catholic Media Council, CAMECO (en français, Conseil catholique des médias) est un bureau international de conseil et d'études basé à Aix-la-Chapelle (Allemagne). Il a été créé voici trente ans pour les organisations caritatives de l'Église catholique - en Allemagne à l'origine, puis ce service s'est ouvert aux bailleurs des Églises d'autres pays, Pays-Bas, Autriche, Suisse, Belgique, États-Unis, Italie, etc. - dans le but de :

  • les aider dans le processus d'examen des demandes de subvention soumises par les Églises partenaires de pays en développement (en Asie, Afrique, Amérique centrale et latine, Europe centrale et de l'Est) ;
  • éclairer leurs décisions relatives à ces demandes.

Dans la mise en œuvre de cet objectif, CAMECO a deux activités principales :

  • il étudie les projets présentés à divers bailleurs de fonds (tels Misereor, Missio, etc.) ;
  • il joue le rôle de conseil en communication pour ses partenaires et les responsables des Églises.

La mission du CAMECO lui confère une position stratégique pour l'observation des grandes tendances du développement et de l'appui au développement des médias africains. Alors que jusqu'au milieu des années 80, la répartition des projets portés par les Églises dans le secteur des médias est restée très stable (avec une large prédominance des projets et activités dans le secteur de la presse écrite - plus de 60%), à la fin des années 80, une baisse significative des projets de soutien à la presse écrite s'est amorcée, compensée par une augmentation des demandes d'appui aux radios ; aujourd'hui, les deux secteurs ont une importance similaire.

4. Evangelisches Missionswerk Deutschland (EMW), Glenine Hamlyn

La mission protestante allemande (Evangelisches Missionswerk Deutschland, EMW) est une organisation de coordination des Églises évangéliques en Allemagne, elle regroupe 24 membres et une dizaine de partenaires associés. Cette organisation est membre de l'Association des services pour le développement des Églises en Allemagne. Le département Communication du secrétariat administratif, basé à Hambourg, collabore avec de nombreuses activités et entreprises des Églises dans tous les secteurs de la communication dans les pays du Sud : radio, film et vidéo production, édition, journaux et publications, agences de presse, formation en communication, théâtre, etc.

De nombreux projets sont ainsi appuyés financièrement, en étroite concertation et coopération avec l'Association mondiale pour la communication chrétienne (World Association for Christian Communication).

Débat

Plusieurs questions ont été posées au représentant de la GTZ

  • sur le statut de la GTZ : une compagnie de droit privé qui n'a pas de pouvoir de décision quant à l'attribution des financements ou au choix des projets ;
  • sur le choix de la GTZ de ne plus appuyer les médias autrement que comme outils de communication ;
  • sur la faculté des médias privés à atteindre les financements de la GTZ, dont l'accès est favorisé pour les médias publics. A ce sujet Reinhard Keune a souhaité signaler l'actualité du débat sur l'appui aux radio et TV publiques : depuis deux ans, la revitalisation des médias de service public est considérée comme une priorité par l'Allemagne .

III. Politiques régionales d'appui aux médias

1. Le département Développement social de la Banque mondiale, Stephen Stern

Le département Développement social est une structure de création récente au sein de la Banque mondiale ; il a été créé alors que la Banque mondiale prenait conscience du fait que l'on ne pourrait avancer sans prendre en compte les aspects sociaux du développement.

La Banque mondiale est une structure d'une telle taille qu'il n'est pas facile d'y faire vivre des programmes transversaux. Ainsi au niveau de la communication pour le développement, il existe un département qui tente de travailler de façon transversale avec les départements demandeurs (montant des volets communications ad hoc, au gré des demandes et des besoins des différents programmes).

2. La Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC), Moses Mabunde

Créée en 1994, la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (Southern African Development Community, SADC) est une organisation régionale qui rassemble 14 pays. Chaque pays membre est en charge d'un secteur spécifique. Le Mozambique est coordinateur du secteur culture, information, sports. Dans le domaine de l'information, la principale préoccupation de la SADC est de réduire le déficit de programmes en langues locales et vernaculaires. Dans sa coopération avec les bailleurs, la SADC souhaite développer des liens qui ne soient pas uniquement liés aux financement, pour établir de vrais partenariats à l'échelle de la région.

IV. Organisation et structuration de la profession

1. Les observatoires de la liberté de la presse, par Daniel Fra (GRET)

Le premier observatoire africain de la liberté de la presse est apparu en Côte d'Ivoire, en 1995, à l'issue d'un séminaire sur la responsabilité du journaliste en période électorale. En adoptant le principe de l'autorégulation, l'Observatoire de la liberté de la presse, de l'éthique et de la déontologie (OLPED), s'est donné deux objectifs principaux : réguler les relations entre la presse et les pouvoirs publics, et rendre plus harmonieuses les relations entre la presse et son public.

Dans la lignée de l'OLPED, un certain nombre d'observatoires sont apparus dans d'autres pays africains, qui obéissent globalement aux mêmes objectifs, toujours sur le principe de l'autorégulation de la profession. Ainsi en va-t-il de l'Observatoire de la déontologie et de l'éthique des médias (ODEM) du Bénin et du Conseil pour le respect de l'éthique et de la déontologie (CRED) du Sénégal créés en mai 1999, ou de l'Observatoire des médias togolais, apparu au Togo en novembre 1999.

Les observatoires existants essaient aujourd'hui de mettre en commun leurs expériences :

  • L'OLPED, l'ODEM et le CRED par exemple ont participé, en octobre 1999, à la réunion des observatoires, centres et maisons de la presse organisée à Ouagadougou à l'instigation du Centre national de presse Norbert Zongo ;
  • La Fédération internationale des journalistes (FIJ), l'Union des journalistes de l'Afrique de l'Ouest (UJAO), les observatoires cités ci-dessus et le GRET travaillent actuellement à l'élaboration d'un programme d'actions communes.

De ces différentes expériences, certains dénominateurs communs sont apparus :

  • l'unité de la profession est un facteur clé du bon fonctionnement des observatoires (voire la condition sine qua non de leur réussite) ;
  • le principe d'autorégulation doit être accepté par toute la presse (presse privée et presse publique doivent être représentées) ;
  • ces instances doivent être créées à l'instigation des journalistes ou de leurs associations représentatives, dirigées par eux (garantie supplémentaire de leur indépendance).

La mise en place d'observatoires demande donc une situation préalable qui offre : une certaine stabilité socio-politique ; des capacités d'organisation du secteur et/ou une réelle représentativité des organisations professionnelles.

2.Les maisons de la presse, par Marie-Soleil Frère (Communauté française de Belgique)

Les maisons de la presse africaines (sous cette appellation, on désigne également les centres de ressources) ont plusieurs objectifs principaux :

  • Permettre aux journalistes et aux professionnels des médias africains de se retrouver, pour mieux pouvoir échanger, entre pairs ;
  • Permettre aux journalistes africains de rencontrer des journalistes étrangers ; les structures appropriées et qui fonctionnent doivent devenir les interlocuteurs privilégiés d'observateurs étrangers qui, face aux nouveaux paysages médiatiques, peuvent manquer de repères ;
  • Offrir des infrastructures, notamment de télécommunication et Internet aux journalistes africains.

Ces structures existent sous des formes très diverses en Afrique. Leurs budgets varient de 5 à 500 M CFA/an. Elles sont principalement financées par des bailleurs de fonds, même si certaines d'entre elles tentent de s'autofinancer (en offrant des services payants - accès à Internet, PAO, voire formation - qui leur permettraient à plus ou moins long terme d'être économiquement viables). Cette évolution vers l'autofinancement ne se fait pas sans difficultés : risque de concurrence avec des services commerciaux, refus de certains journalistes de payer des services fournis par une structure subventionnée, etc.

3. Le Centre international pour la presse du Ghana, par Kabral Blay Amihere (directeur du Ghana International Press Centre)

Le Centre international de ressources pour la presse du Ghana (Ghana International Press Centre) a été créé en 1993 à l'initiative de journalistes ghanéens. Il a fonctionné, au cours des trois premières années, sans subvention extérieure.

Actuellement, c'est une structure stable, qui dispose de locaux fixes, et fournit des services payants aux professionnels des médias. A ce titre, il organise notamment des conférences de presse, offre un accès à Internet, etc.

Elle est fortement utilisée par les journalistes locaux comme par les journalistes étrangers, et représente un véritable point de chute pour les journalistes réfugiés au Ghana.

Ses difficultés proviennent principalement d'un manque de moyens certain, qui s'avère plus important avec le développement d'Internet (source d'importants besoins en matériel). Il n'empêche que le centre devrait pouvoir voler de ses propres ailes. Il envisage pour cela, éventuellement, d'emprunter de l'argent auprès d'organismes bancaires.

Débat

  • Sur les maisons de la presse

    Les maisons de la presse sont-elles des structures viables ? Les activités commerciales qu'elles peuvent développer peuvent être des sources de revenus non négligeables (R. Macdonell)

    Inviter des décideurs politiques, des personnes influentes de façon périodique à venir pour des rencontres dans les maisons de la presse pourrait leur donner une assise non négligeable (R. Uku)

    Les maisons de la presse peuvent mettre l'accent sur la fourniture de services (notamment formation, etc.) mais sans outrepasser leur rôle (ne pas se substituer aux institutions de formation, s'attacher par exemple exclusivement à des formations pratiques, courtes, visant des objectifs bien spécifiques, etc.)

  • Sur les observatoires

    Les observatoires sont-ils viables ? L'idéal serait qu'ils soient financés par la profession (critère qui figure dans les statuts de l'observatoire du Sénégal, encore en création, mais dont on n'a encore vu d'application pratique).

    L'autorégulation ne voit-elle pas ses limites dans le manque de pouvoir de sanction des observatoires ? la question se pose aujourd'hui en Côte d'Ivoire, où l'OLPED est impuissant fasse aux dérives de plus en plus nombreuses de certains journalistes ivoiriens.

4. Objectifs et modalités de fonctionnement du forum des maisons et observatoires de la presse en Afrique, par Marie-Soleil Frère (Communauté française de Belgique)

Quatorze centres de ressources, maisons de la presse et observatoires africains ont été rassemblés, lors d'un séminaire organisé, à l'instigation du Centre national de presse Norbert Zongo du 26 au 29 octobre 1999, à Ouagadougou.

Une première réunion des maisons de la presse avait été organisée, en 1998, à Bamako, mais elle n'avait rassemblé qu'une minorité de ces structures, et rien de concret n'en était ressorti.

Malgré les différences et les spécificités des maisons de la presse et des observatoires, l'idée de création d'un forum qui les réunirait est apparue. Il s'agissait, en évitant de créer une coquille vide, de mettre en place un lieu où les maisons, centres et observatoires de la presse africains pourraient se rencontrer, échanger, engager des actions de lobbying, etc.

Le forum a été créé lors du séminaire international de Ouagadougou. Son secrétariat est assuré par le Centre national de presse Norbert Zongo, initiateur du séminaire. Une seconde rencontre devrait être organisée en 2000, probablement à Bamako, où seront invitées davantage de structures de pays anglophones.

5. L'Association mondiale des journaux (AMJ), par Aralynn MacMane

L'Association mondiale des journaux (AMJ, en anglais World Association of Newspapers, WAN), représente 18 000 journaux, et offre la possibilité de devenir membre aux directeurs de publication des pays où il n'existe pas d'association nationale.

Son objectif, en particulier dans les démocraties émergentes, est de défendre la liberté de la presse et de promouvoir la lecture par les journaux dans des programmes d'éducation.

Dans le domaine de la coopération avec les pays du Sud, l'association développe plusieurs projets, produit des publications et fait du lobbying pour encourager l'existence de journaux indépendants.

Débat

  • Au sujet du Forum des maisons, centres et observatoires de la presse africains

    Il a été suggéré que le forum mette l'accent sur son rôle de passerelle entre acteurs anglophones, francophones, voire avec les lusophones.

    Pour Denis Decraene (ministère français des Affaires étrangères), une multiplication de structures est un risque majeur, aussi faut-il, avant de mettre en place quelque nouveau centre que ce soit, faire un état des lieux précis du secteur. Ainsi à Madagascar, on trouve un centre de presse qui fonctionne bien ; même chose à l'Ile Maurice. Ces centres n'étaient pas représentés au séminaire de Ouagadougou.

    Kabral Blay Amihere suggère que les observatoires soient hébergés par les maisons de la presse.

  • Dans tous les cas, la crédibilité et la légitimité des individus en charge de ces structures sont déterminantes pour leur viabilité.

  • Au sujet de l'action des bailleurs de fonds

    Ank Linden (ministère hollandais des Affaires étrangères) a souhaité que les bailleurs échangent plus sur leurs activités, pour mieux structurer et formaliser l'aide. Elle a demandé à cette occasion l'élaboration d'un document synthétique sous forme de carte, qui illustre les activités des uns et des autres et leur lieux d'intervention. A cette occasion, il a été rappelé qu'un manuel dédié aux activités des bailleurs était en cours de publication, aux éditions du GRET. Ce manuel proposera des fiches structurées par bailleur, présentant leurs priorités, stratégies d'intervention, mais également les procédures à mettre en œuvre pour accéder aux financements. Une carte pourra aisément être créée à partir des informations récoltées pour le manuel, elle devrait prochainement figurer sur le site du réseau (http://www.gret.org/mediapartner).

V. Droit déontologie et éthique

1. Résultats du séminaire d'Accra, par Chudi Ukpabi (consultant Communication/médias)

Les processus de démocratisation en Afrique ont entraîné une augmentation du nombre des organes de presse privée, qui, malheureusement, s'est souvent accompagnée d'une baisse de la qualité globale des productions, et d'une augmentation de pratiques journalistiques douteuses.

C'est notamment suite à ce constat qu' a été organisé à Accra, du 20 au 23 septembre 1999, le séminaire sur la déontologie des journalistes. Cette rencontre a rassemblé 90 participants, journalistes, chercheurs, experts des médias, issus de 25 pays africains.

Des études de cas sur la situation des médias par pays ont servi de terreau aux débats d'Accra. L'idée est de publier ces études, sous forme d'un manuel qui serait diffusé aux écoles et centres de formation aux métiers des médias en Afrique. Ce manuel est en cours de finalisation, il devrait être un des premiers documents pédagogiques produit en Afrique, pour des africains.

Les principales conclusions de la rencontre d'Accra sont :

  • que la participation des journalistes est un élément indispensable d'une meilleure régulation de la profession ;
  • que la réalité du métier de journaliste doit être mieux prise en compte dans la mise en place de programmes de formation ;
  • que dans le métier de journaliste, la responsabilité personnelle compte plus que partout ailleurs.

Une déclaration, effectuée à l'issue du séminaire, a été produite, sur les thèmes de l'éthique, de la formation et de la pratique du journalisme en Afrique .

2. Les instances de régulation des médias africains, le RIARC, par Elisabeth Paquot (GRET/ Secrétariat du réseau)

Les instances africaines de régulation des médias se sont créées depuis le début des années 90, sous la pression (selon les pays) des sociétés civiles ou des États. La première d'entre elles est apparue en 1990, au Bénin, il s'agit de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC).

Selon qu'elles soient anglophones ou francophones, les instances de régulation ont différentes attributions (avec notamment une implication plus ou moins importante dans la gestion des fréquences et des programmes).

Elles sont composées de représentants d'associations professionnelles et de représentants des administrations concernées en proportions qui diffèrent selon les pays. Plus forte est leur collaboration avec les associations professionnelles des médias, plus grande est leur légitimité vis-à-vis des professionnels.

Une série de rencontres , appuyées par différents bailleurs de fonds, ont abouti au projet de création du réseau des instances africaines de régulation de la communication (RIARC, en anglais NACRA, Network of African Communication Regulation Authorities).

Le RIARC a été officiellement créé à l'issue de la Conférence de Libreville de juin 1998 qui a rassemblé des représentants de 24 pays africains . En novembre 1999, le RIARC compte 16 instances membres (Afrique du Sud, Angola, Bénin, Burundi, Cameroun, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée, Mali, Mozambique, Namibie, Nigeria, République de Centrafrique, Sao Tomé et Principe, Tchad, Togo).

3. Clarifier les rôles entre instances de régulation et associations professionnelles, par Kabral Blay Amihere (président de l'Union des journalistes de l'Afrique de l'Ouest, UJAO)

L'émergence d'instances de régulations a marqué dans la plupart des cas la volonté des États de promouvoir la liberté de la presse et l'exercice professionnel de leur métier par les journalistes. Mais les dérives ont été nombreuses, qui ont vu ces instances devenir des appareils répressifs, et souhaitant se substituer à une profession qui tentait, de son côté, de mettre en place des procédures d'autorégulation (mise en place de codes d'éthiques, observatoires de la liberté de la presse, etc.).

Par conséquent, la difficulté pour les instances de régulation africaines est de ne pas devenir ce qu'étaient traditionnellement, avant la démocratisation, la plupart des ministères de l'information ou de la communication : des organes de censure et de propagande pour les pouvoirs en place.

Pour cela, il est essentiel qu'elles prennent en compte les efforts des associations professionnelles de journalistes pour résoudre les plaintes publiques et faire respecter le code éthique professionnel. Et qu'elles s'attèlent plus spécifiquement à l'accomplissement de leur mission initiale : veiller à l'accès équitable aux médias publics, aux réformes juridiques, à l'attribution équitable des fréquences, etc.

De leur côté, les médias et les journalistes doivent veiller à assumer leurs responsabilités à chaque instant.

C'est à ces conditions qu'instances de régulation et associations professionnelles pourront contribuer au développement durable du secteur des médias en Afrique.

Débat

  • Sur l'intervention de Chudi Ukpabi

    La responsabilité du journaliste, en matière de déontologie, si elle est grande, ne va pas sans celle du lecteur, qui jouit d'une capacité de sanction.

    Arrêter la corruption signifie avant tout arrêter les corrupteurs. Les journalistes sont de plus en plus sollicités pour rédiger des " publi-reportages ". Faute de salaires décents, ils sont parfois contraints de les réaliser, pour gagner leur vie.

VI. Usage des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) et formation aux métiers des médias en Afrique

1. Articulation entre l'offre et la demande de formation aux métiers des médias en Afrique, par Michel Philippart (CAMECO)

Avec l'ouverture à la démocratie de nombreux pays d'Afrique au début des années quatre-vingt dix, et la fin des monopoles d'État sur la presse, les besoins en formation aux métiers des médias ont beaucoup augmenté.

Une grande majorité de journalistes et de professionnels des médias en Afrique sont très conscients de leurs besoins d'une formation avancée et d'une amélioration de leurs compétences professionnelles. La demande en formation continue et spécialisée est forte. La centaine de centres de formation qui existent en Afrique subsaharienne ne pourrait-elle pas suffire pour répondre à cette demande, et aux besoins parfois non exprimés ?

Parmi les professionnels, il y a une insatisfaction généralisée quant à la qualité des centres de formation, mais aussi envers l'attention insuffisante accordée à la formation permanente par les propriétaires et responsables de médias.

Par ailleurs, un autre regret fréquemment exprimé par les professionnels concerne le manque de " sérieux " et de coordination dans l'offre de formation proposée par des opérateurs extérieurs. Mais derrière ces critiques, on peut entendre un souhait très fort d'une formation de qualité, bien planifiée et cohérente.

Les besoins les plus pressants se font sentir dans les domaines de la gestion comptable, mais également dans ceux de la gestion des ressources humaines, autant dire dans la transformation de médias en entreprises de presse viables.

Enfin, pour une meilleure adéquation de l'offre avec la demande en formation, il ressort qu'il est indispensable de mieux analyser les besoins (missions exploratoires), de tendre vers des approches par pays, et de mettre sur pieds de véritables plans de formation (avec comités de pilotage et de suivi).

2. Les actions de formation de la fondation Thomson, par Val Williams (Thomson Foundation)

La Fondation Thomson met principalement en œuvre des programmes de formation pratique aux métiers des médias, en Europe de l'Est, Asie centrale et en Afrique. La part de son activité en Afrique a récemment diminué, pour se situer aujourd'hui autour de 17% du total des activités de la fondation.

S'étant orientée relativement tardivement vers les nouvelles technologies de l'information et de la communication, la fondation Thomson met l'accent sur le côté pratique des formations, et considère, en tant qu'institution de formation destinée à former des journalistes, les NTIC comme secondaires. Les cours, d'une durée moyenne de 3 mois, sont organisés en Grande-Bretagne ou sur place selon les cas.

3. Le centre audionumérique de Ouagadougou. Présentation et première évaluation des activités, par Jean-Claude Crépeau (Agence de la francophonie)

En 1998, l'Agence de la francophonie lance, conjointement avec la Coopération suisse, un projet pilote d'utilisation des NTIC, dans un double objectif :

  • Développer les échanges entre les radios d'ores et déjà partenaires de l'agence ;
  • Assurer aux radio diffuseurs un meilleur accès aux sources d'information.

Le centre audionumérique a été mis en place à Ouagadougou. Il produit des supports audionumériques, destinés à l'archivage de contenus radiophoniques (pour une réutilisation par les radios).

Les radios partenaires ont dû financer leurs équipements, c'est pourquoi aujourd'hui certaines d'entre elles vendent la connexion à Internet à des ONG, associations, etc.

4. Organisation interne de la Banque mondiale : la région Afrique, par Richard Uku (Banque mondiale)

La Banque mondiale a connu plusieurs réformes récentes dans son organisation. C'est à l'occasion de l'une de ces réformes qu'est apparu l'Institut de la Banque mondiale (World Bank Institute, WBI), résultat de la fusion de l'Economic Institute Unit et du Learning and Development Centre Unit.

La lutte contre la corruption est aujourd'hui l'un des principaux objectifs de la Banque mondiale, dans un objectif global de lutte contre la pauvreté et de développement durable. Dans le domaine de la communication, il existe un service de l'information publique, qui comprend une demi-douzaine de salariés au siège de la Banque, en Afrique, une quarantaine de professionnels de la communication sont sur le terrain.

5. La formation à distance : le programme de l'Institut de la Banque mondiale, présentation d'une visioconférence, par Roderick Mac Donnell (consultant, Institut de la Banque mondiale, WBI)

Après avoir organisé plusieurs ateliers de travail à l'attention de journalistes africains sur le thème de la lutte contre la corruption au siège de la Banque mondiale, la Banque s'est aperçue que ces ateliers n'avaient pas l'efficacité escomptée. De ce constat est apparue l'idée de mettre en place des " video-conference " (en français " visioconférences ") sur le principe de la formation à distance. Lors de ces conférences, qui rassemblent professeurs et élèves par le biais d'écrans de télévision, les intervenants sont mis en relation, en direct, par voie satellitaire, et peuvent échanger, débattre, sur des sujets prédéterminés. Les visioconférences sont organisées périodiquement par le WBI, au rythme d'une visioconférence tous les 2 mois.

Parallèlement aux visioconférences, l'Institut de la Banque mondiale propose des " cours " plus " traditionnels " (sans véritable échange en direct). Différents thèmes sont ainsi abordés dans des cours dispensés depuis Washington, et diffusés en Afrique. A titre d'exemple, un cours a récemment été dispensé sur " le journalisme d'investigation " à l'attention de journalistes d'Ouganda, Tanzanie, Ethiopie, Ghana, Cameroun, Bénin et Côte d'Ivoire. Une caméra filme le " professeur ", les échanges consécutifs aux cours sont effectués par téléphone/fax/E-Mail avec les sites de diffusion.

Les NTIC trouvent dans la mise en œuvre de ces programmes des applications des plus concrètes qui permettent des rapprochements jusqu'alors impossibles, et des économies sur les budgets formation de la Banque mondiale.

6. NTIC, Internet et journalisme aux Pays-Bas, par Jonathan Marks (Radio Nederland)

Radio Nederland, dans sa politique de coopération au développement, souhaite avant tout répondre aux demandes locales. Elle considère l'usage d'Internet comme une priorité, tant pour ce qui concerne les échanges Nord/Sud que pour les échanges Sud/Sud.

  • Son soutien aux radios africaines prend plusieurs formes :
  • Elle appuie notamment la radio Studio Ijambo, du Burundi ;

Elle travaille à la mise en ligne de productions archivées et à l'archivage de productions.

Débat

  • Au sujet de la formation

Elisabeth Paquot rappelle qu'un groupe de travail a été spécifiquement consacré au thème de la formation dans le cadre du réseau de partenaires des médias africains. Ce groupe de travail a élaboré un cahier des charges qui recommande notamment l'élaboration de plans nationaux intégrés .

Marie-Soleil Frère souligne les manques en matière de formation de formateurs, et fait part de son inquiétude à ce propos : la plupart des formateurs en exercice ont été formés au Nord voici une dizaine d'années, quand ils ne doivent pas être remplacés pour cessation d'activité, ils ont sérieusement besoin de formation continue.

Kwame Boafo (UNESCO) insiste, suite à l'intervention de Val Williams, sur l'importance des NTIC et de leurs applications en Afrique.

  • Au sujet du centre audionumérique de Ouagadougou

Quels sont les thèmes prioritaires des programmes échangés ? Trois thèmes principaux ont été choisis : la sauvegarde des traditions orales pour les contenus de l'instruction civique ; la scolarisation des femmes et des filles ; les circuits de commercialisation du coton.

Le centre restera à terme la propriété de l'Agence intergouvernementale de la francophonie.

  • Au sujet des visioconférences de la Banque mondiale

    La question du coût de telles conférences a été soulevée. La visioconférence revient à un coût de 1000 US $ par heure, ce qui, d'après Rod Mac Donnell, n'est pas exorbitant si l'on prend en compte les économies faites sur le déplacement de professeurs et d'autres éléments logistiques usuels (le fait que l'équipement nécessaire à l'enregistrement et à la diffusion soit disponible dans les diverses représentations de la Banque mondiale permet de contenir les coûts).

  • Au sujet de Radio Nederland

    L'importance des contenus a été soulignée, le fait que les programmes soient diffusés par le biais d'Internet n'étant pas censé occulter leur fin première : informer.

    Quel est le plus gros obstacle au développement de l'usage des NTIC par les radios africaines ?

    Il s'agit du coût des connections et de la faiblesse des infrastructures de télécommunication.

    Jean-Claude Crépeau (Agence intergouvernementale de la francophonie) a rappelé à ce sujet que les tarifs élevés, la faiblesse des infrastructures de télécommunication, la mauvaise répartition de l'offre (avec des fournisseurs souvent présents sur les seules capitales) n'étaient rien au regard des limites en capacité totale des fournisseurs en Afrique. Seule solution alternative pour une plus large distribution, les satellites numériques. A ce titre, le satellite Afristar (lancé par Worldnet et Worldspace) devrait permettre un réel désengorgement. L'Agence a d'ores et déjà réservé un canal radio sur ce satellite, canal dédié à la diffusion de programmes éducatifs en journée, et aux échanges de programmes entre radios rurales locales de nuit.

VII. Conclusions de la rencontre et perspectives pour le réseau en l'an 2000

L'ultime session de la rencontre a été présidée par Denis Decraene (ministère français des Affaires étrangères) qui a, avant d'ouvrir la séance, brièvement présenté la récente réforme de l'ex ministère français de la coopération.

Elisabeth Paquot, du GRET, a ensuite présenté les activités 1999 du secrétariat du réseau de partenaires des médias africains. Elle a illustré sa présentation, dans sa dernière partie, d'une visite du " site bailleurs " nouvellement ouvert et hébergé par le GRET (http://www.gret.org/mediapartner). Il est à noter que le site constitue un outil précieux pour les membres du réseau comme pour tous leurs partenaires, au Nord comme au Sud. On y trouve, outre des informations sur le réseau (objectifs, mode de fonctionnement, activités), des informations sur le secteur des médias en Afrique, de même qu'un grand nombre de liens vers des sites de médias africains ou traitant de la question.

Enfin, Andries Dusink, directeur de CAF/SCO a présenté une brève synthèse des travaux, puis la parole a été donnée à l'assistance, sur les questions suivantes :

  • avis et leçons à tirer de la rencontre ;
  • prochaine réunion : Où ? Quand ? Comment ?

Au sujet de la rencontre, les participants ont été unanimes pour souhaiter une prochaine réunion d'une durée inférieure à quatre jours, avec moins de séances plénières, afin d'aboutir plus rapidement à des débats de fonds. Ils ont également unanimement accueilli avec enthousiasme le nouveau site Internet du réseau.

Jean-Claude Crépeau (Agence de la francophonie) a souhaité qu'une séance spécifique d'une rencontre du réseau soit consacrée exclusivement aux bailleurs investissant de l'argent sur le terrain, pour définir de véritables convergences et bâtir des partenariats.

Pour Martin Obrist (Coopération suisse) la prochaine rencontre devrait permettre aux participants d'aborder en petits comités des sujets plus spécifiques avant de présenter les résultats de leurs travaux en plénières.

Val Williams (Fondation Thomson, représentant la coopération britannique à la rencontre d'Amsterdam), a suggéré que le réseau s'ouvre à des membres non-bailleurs, par exemple à des institutions de formation.

Denis Decraene a rappelé que le réseau était avant tout un réseau de bailleur de fonds. Il ne devait cependant pas s'opposer à ce que des opérateurs soient parfois conviés aux rencontres, mais à la condition qu'ils interviennent sur des points spécifiques ; ainsi la prochaine rencontre pourrait avoir pour thème " les bénéficiaires et les opérateurs du Sud ", pour mieux associer ces derniers aux travaux du réseau.

Glenine Hamlyn (EMW), qui participait pour la première fois à une rencontre du réseau, en a souligné l'utilité, et la pertinence. Elle a suggéré que la WACC (World Association for Christian Communication) soit conviée à la prochaine rencontre.

Devi van de Weerd (ministère hollandais des Affaires étrangères) a insisté sur la nécessité d'élaborer un panorama des activités des bailleurs par pays et par secteur. Le secrétariat du réseau a rappelé à ce sujet la parution prochaine du manuel consacré aux actions des bailleurs de fonds en appui aux médias en Afrique. Il a également signalé que le site du réseau comprenait d'ores et déjà, une somme importante d'informations.

Elisabeth Paquot a enfin rappelé que les principaux financeurs du réseau souhaitaient passer le relais, lançant un appel à proposition auprès des autres membres présents à Amsterdam notamment. Un bailleur a proposé d'accueillir la rencontre de l'an 2000, en attendant sa confirmation, toutes les propositions sont les bienvenues.

Dans l'attente de la prochaine rencontre, les membres du réseau sont cordialement invités à faire parvenir leurs informations au secrétariat du réseau (nouveaux projets, nouvelles orientations, informations diverses sur le secteur des médias dans son ensemble). C'est à cette seule condition que le réseau pourra maintenir une production régulière d'informations pour mieux en assurer la diffusion auprès de ses membres. Le bulletin par courrier électronique permet de faire circuler cette information auprès des membres du réseau