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Prospective urbaine à 2030 à Saint-Laurent-du-Maroni

Etude

Date de début Date de fin Budget Financement
01/09/2013 01/06/2014 45 000 € AFD

Projet

La commune de Saint-Laurent-du-Maroni est située à l’Ouest de la Guyane française, à la frontière du Suriname. Entre 1967 et 2010, sa population a été multipliée par sept, pour dépasser 38 000 habitants. Entre 1999 et 2010, le taux de croissance démographique annuel a été de 4,3% et depuis 1990 le taux brut de natalité (45 ‰) atteint un niveau que l’on ne rencontre plus que rarement dans les pays en développement. Sous la pression démographique, le développement de la ville est rapide et mal maîtrisé, avec notamment une démultiplication des zones d’urbanisation informelle et insalubre.

Dans ce contexte, et dans le cadre de son rôle d’appui financier et non financier auprès des collectivités et établissements publics locaux, l’AFD et la Commune de Saint-Laurent-du-Maroni ont commandité, en 2013, une étude au Gret intitulée « dynamiques démographiques et politique urbaine en Guyane : le cas de Saint-Laurent du Maroni ». Il s’agissait d’un travail de prospective territoriale à l’horizon 2030, visant à imaginer différents futurs possibles, fruits d’orientations et de décisions stratégiques.

L’étude prospective a consisté à produire un outil d’aide à la décision en deux parties :

  • des projections démographiques et les besoins correspondants à l’horizon 2030

Ces projections, selon le scénario le plus probable, montrent que la ville de Saint-Laurent-du-Maroni verra sa population atteindre 135 000 habitants en 2030. Les besoins seront colossaux, autant en matière de logements (26 500 nouveaux logements, dont les deux tiers en logements sociaux) et d’éducation (185 nouvelles classes d’ici 2030), que de création d’emplois (20 000 nouveaux entreprises à créer d’ici 2030, dont 90% en auto-emploi). Ces projections permettent de composer un scénario « au fil de l’eau » qui met en évidence les effets sur la ville de la poursuite à l’identique des politiques publiques actuelles, face aux tendances à l’œuvre (notamment une multiplication par huit de l’urbanisation informelle), de déduire les externalités négatives d’une telle évolution et de calculer un coût direct minimum de l’inaction.

  • des scénarios stratégiques sur l’avenir de la ville selon une approche concertée :

Un scenario de développement endogène sans moyen exceptionnel de l’Etat. Il s’agirait pour la ville de considérer prioritaire la recherche des conditions d’une croissance économique supérieure à la démographie en axant principalement les moyens sur la création d’emplois.

Un scénario interventionniste et de rattrapage, fondé sur l’intervention forte de l’Etat. Il s’agirait alors de combler prioritairement les distorsions de développement entre Saint-Laurent et le reste de la Guyane par une politique de rattrapage : renforcement des institutions publiques, aménagement de la ville selon un modèle polycentré, développement d’une offre de logements accessible aux plus précaires, transformation de la ville capitale économique sous-régionale.

 

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