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Publié le 30/09/2010

Brésil : forêts menacées, populations en danger

En plein débat sur la réforme du Code forestier au Brésil, le système d’alerte sur la déforestation (SAD) d’Imazon confirme une nouvelle accélération de la déforestation en Amazonie (+72% en mai 2011 par rapport à mai 2010). Plus inquiétant encore : le nombre croissant de menaces de mort et d’assassinats de leaders paysans qui luttent contre l’exploitation illégale du bois et pour une utilisation durable des forêts par les communautés.

Entre 1985 et 2010, 1 186 cas d’assassinats ont été enregistrés par la CPT. Ces événements confirment les menaces qui continuent à peser sur tous ceux qui s’opposent à la mise en coupe réglée de l’Amazonie au profit des grands propriétaires latifundistes de bétail ou plus récemment de la production mécanisée de soja, en enrichissant au passage les entreprises qui pillent la forêt en produisant du bois illégal.

Cette situation inquiétante s’est accélérée lors du débat sur la réforme du Code forestier dès le mois d’avril. Largement soutenu par l’agrobusiness, le projet de loi est jugé laxiste et perçu comme un très mauvais signal par les environnementalistes. Il exonère les propriétaires de parcelles inférieures à 400 hectares de l’obligation de reboiser les parties d’Aires de réserve légale déboisées avant juillet 2008, et réduit les dimensions légales des Aires de protection permanente lorsqu’elles ont été défrichées avant juillet 2008. Mais surtout il amnistie les auteurs des peines et amendes encourues pour défrichements ayant eu lieu avant juillet 2008. Pourtant, sous le gouvernement Lula, le Brésil s’était distingué pour ses nombreux efforts déployés pour améliorer la gestion durable de ses forêts. On attendait donc particulièrement le Brésil en cette Année internationale des forêts, ce même Brésil qui accueillera le prochain Sommet de la Terre en 2012 (Rio+20).

Alors que le projet de loi doit encore passer au Sénat, le Gret, qui agit au Brésil depuis 1989 pour une gestion durable des forêts par ses habitants, relaie l’alerte de ses partenaires de la société civile brésilienne. Gageons que l’Etat saura trouver les arguments pour convaincre les sénateurs des risques posés par le projet de loi actuel, et surtout, que l’Etat saura protéger les populations rurales et mettre fin à ce climat de danger qui porte gravement atteinte aux droits de l’Homme.

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