Accueil » Nanotechnologies et pays en développement
Publié le 01/09/2011

Nanotechnologies et pays en développement

Le nanomonde peut-il servir le monde en développement ?

Nano, d’origine grecque signifie nain et réfère au minuscule. Le nanomètre équivaut à 10-9 mètre. Le terme « nanotechnologie » recouvre des réalités bien différentes : la miniaturisation de composants électroniques gravés avec une finesse de quelques nanomètres, ou la manipulation de la matière à l’échelle nanométrique et donc la fabrication de nanomatériaux.

En 2005, 65 experts canadiens contribuent à une étude montrant un impact potentiel de solutions nanotechnogiques pour sept parmi les huit Objectifs du millénaire pour le développement, notamment dans les domaines de l’énergie, de la productivité agricole et du traitement et assainissement de l’eau.

Cinq ans plus tard, les conditions requises pour l’émergence de ces impacts sont loin d’être réunies. C’est ce que révèlent les résultats d’une étude menée entre 2009 et 2010 par le Gret et VivAgora pour le compte de l’Agence française de développement (AFD) sur les risques et opportunités des nanotechnologies pour les pays en développement (PED).

De nombreux obstacles institutionnels, financiers, humains et politiques empêchent les opportunités et les progrès liés aux nanotechnologies de se concrétiser. D’importants préalables sont à envisager pour faire face aux risques socio-économiques et environnementaux générés par l’adoption d’activités nanotechnologiques. Parmi eux, l’inadaptation des progrès technologiques constatés au Nord aux besoins des populations du Sud ; l’incapacité des PMA (Pays les moins avancés) à s’insérer dans l’innovation nanotechnologique ; le risque de surbrevetabilité posé par les dispositifs de propriété intellectuelle inappropriés aux particularités des nanotechnologies ; le risque de substitution de certains nanoproduits aux matières premières dont la production assure des revenus aux PED (coton, caoutchouc, cacao, café ou certains minerais). Et bien d’autres encore, que l’étude conjointe Gret-VivAgora documente.

Ce domaine d’innovation technologique ouvre de nouveaux dossiers pour les acteurs de l’aide au développement. Il s’agit notamment d’aider les PMA à maîtriser leur avenir grâce à une meilleure compréhension des enjeux, risques et opportunités offerts par les nanotechnologies ; de défendre les droits des PED à bénéficier des innovations scientifiques et technologiques ; ou encore d’appuyer la construction d’instances de régulation supranationales, les risques environnementaux et sanitaires des nanotechnologies faisant fi des frontières.

Pour en savoir plus :

Sur le site de Vivagora :

Sur le site du Gret, à télécharger