Accueil » 3 questions à Yves le Bars, président du Gret, à l’occasion de Rio+20
Publié le 30/01/2012

3 questions à Yves le Bars, président du Gret, à l’occasion de Rio+20

A l’occasion de la conférence Rio+20 du 20 au 22 juin prochain, Yves le Bars, président du Gret, répond aux questions de En lien sur la préparation de la société civile et réagit sur les premières contributions.

En lien. Quels sont les enjeux de Rio+20 et que peut-on vraiment en attendre ?

Yves Le Bars. Dans le contexte mondial d’aujourd’hui, peu d’Etats sont prêts à s’engager davantage sur le changement climatique, la biodiversité ou la lutte contre la désertification. Il y en aurait pourtant grand besoin : Les difficultés dans lesquelles la finance a entrainé le monde dévaluent les autres crises, sociale et écologique… Pourtant Rio +20 peut nous aider à revenir sur les objectifs pour la planète, notamment en s’engageant sur l’économie verte, une thématique de la conférence, et en l’élargissant à la transition vers une société qui réponde de manière durable et équitable aux besoins de tous.

EL. Quelle contribution de la société civile et du Gret au Sommet ?

Yves Le Bars. Le Gret soutient la dynamique du collectif Rio+20 qui est engagé depuis 2010 dans la préparation de la conférence. Il souhaite que la rencontre soit le point de départ d’une réflexion pour repenser le développement au niveau mondial, sur la base d’une quadruple régulation économique et financière, sociale, environnementale et juridique. En tant qu’ONG de développement en constante recherche d’innovation pour le développement, le Gret prône le soutien à trois processus pour contribuer à la dynamique :

  • les itinéraires de progrès qui permettent de tirer partir des processus innovants existants au niveau local pour alimenter les politiques nationales et internationales de manière intégrée;
  • le lien avec la production de connaissances et la recherche sur le développement ;
  • le travail sur le développement urbain qui recouvre tant les questions de sécurité alimentaire, de résilience ou de décentralisation dans les villes du Sud où vivent les deux tiers de la population mondiale.

EL. Que pensez-vous des propositions françaises et européennes pour Rio+20 ?

Yves Le Bars. Nous sommes sceptiques sur la question de la création d’une énième instance de gouvernance de type « ONU environnementale », soutenue par beaucoup en France. Nous craignons en effet qu’il ne s’agisse que d’un organisme supplémentaire qui n’aboutisse pas à donner plus de poids aux enjeux environnementaux. Ne faudrait-il pas que le commerce intègre l’environnement dans ses critères ? Le calendrier électoral français ne favorise malheureusement pas la préparation de cette conférence. La position de l’Union européenne présente quant à elles de bonnes choses, elle ne se laisse pas enfermer dans une grille d’ « économie verte » qui se limiterait à s’appuyer sur les grandes entreprises pour l’accès aux services essentiels. Elle intègre la question du développement urbain. Il serait souhaitable que l’UE soit plus forte dans les négociations !

En savoir plus