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Publié le 22/05/2012

Trois questions à Carlos Gabriel Koury

L’ONG brésilienne Idesam agit pour la conservation et la valorisation des ressources naturelles de l’Etat d’Amazonas au Brésil. Carlos Gabriel Koury, son secrétaire exécutif, revient sur les problématiques clés de développement dans la région.

En lien. Quels sont les enjeux de développement dans l’Amazonas ?

CGK. Le Brésil est composé d’Etats fédéraux, qui disposent d’une marge de manœuvre sur les questions économiques et écologiques. L’Etat d’Amazonas, recouvert à 97% d’aires protégées, représente 18% du territoire brésilien. Il défend un modèle économique fondé sur la  conservation de la « forêt sur pied », contrairement à d’autres Etats qui exploitent la forêt pour l’agriculture intensive, sur brulis ou l’exploitation du bétail. L’Etat fédéral doit comprendre l’utilité d’une forêt et ses richesses sur le long terme, afin que le front de déboisement entre le Para et l’Amazonas ne se déplace pas au détriment de la forêt sur pied et en faveur de l’agrobusiness. Il en va de la survie des populations indigènes qui occupent le territoire à 10%.

En lien. Comment  contribuez-vous au développement durable de l’Amazonas ? et avec le Gret ?

CGK. Idesam travaille sur le changement climatique, la gestion des ressources naturelles et les aires protégées, pour une utilisation durable des ressources naturelles. Localement, il a par exemple mis en place un système d’écotourisme à gestion participative : les habitants entretiennent les réserves naturelles tout en créant  une économie touristique et artisane. Avec le Gret, Idesam renforce les capacités de 17 organisations forestières sociales à défendre leurs intérêts auprès des décideurs, et sur la formulation et l’exécution de politiques forestières.

En savoir plus sur le projet Gret-Idesam

En lien. Idesam sera présent à Rio+20, quelles positions défendez-vous ?

CGK. Idesam organisera plusieurs sides events sur Redd+ (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) et pour défendre la légitimité des savoirs traditionnels des forêts (pêcheurs, exploitants forestiers, etc.) en tant que professions, à intégrer dans les chaines de production. Toutefois, nous sommes sceptiques quant aux résultats de ce sommet : l’agenda est peu lisible, les thèmes sont flous et la logique reste purement économique.