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Publié le 06/12/2012

Africités: « Placer les communes en capacités de décider »

Cités unies France, le Gret et le Laboratoire Citoyennetés organisaient ce 6 décembre 2012 la session spéciale « Placer les communes en capacité de décider : l’exemple de la construction participative des services publics. Echanges autour du programme Agora », sous la présidence de Charles Josselin. 

Après un retour sur l’expérience de la démarche de concertation initiée dans le cadre du programme Agora mené par CUF, le Gret et le Laboratoire Citoyennetés dans les communes de Boromo et Réo, deux autres expériences ont été présentés : l’expérience du « quadrilogue », démarche initiée dans le GI du Mono (Bénin) et celle d’élaboration d’une politique concertée de l’eau potable expérimentée  au Niger.

Michèle Leclerc-Olive a apporté un regard de chercheur spécialisé sur l’espace public apportant des éléments d’analyse sur ce qui se joue dans les dispositifs de concertation. Elle a posé une question centrale : quelles sont les institutions dépositaires de la légitimité à mobiliser dans le cadre de concertation ? Les légitimités sont multiples (communes, communautés villageoises…) et doivent être toutes être entendues.

Ousmane Sy, ancien ministre malien et aujourd’hui conseiller municipal de Bandiagara, est intervenu pour insister sur l’importance de sortir de démarches prescriptives sur la construction du dialogue multi-acteurs et sur l’intérêt de partir des valeurs et des éléments sur lesquels les acteurs locaux sont prêts à s’engager.

Les échanges ont porté sur les conditions de la concertation et les enjeux de pouvoir diffuser des méthodes pour mener des concertations, notamment dans des pays où elles sont moins développées (Mauritanie par exemple). Néanmoins la diffuser des méthodes ne doit pas donner lieu à des démarches normatives et bien s’adapter aux contextes spécifiques (cadre de décentralisation, compétences de communes…).

Le débat a permis de tirer les conclusions suivantes:

  • Réfléchir en termes de pouvoirs publics, centraux et décentralisés et de partages des pouvoirs entre local et central et non dans une opposition entre pouvoir central et décentralisé.
  • Affirmer le rôle clés des communes, y compris des communes rurales et villes moyennes dont les capacités sont en construction et parfois embryonnaires, dans le pilotage du développement des territoires. Les démarches multi-acteurs permettent dans ce cadre d’inclure les organisations de la société civile et l’ensemble des acteurs du territoire, qui peuvent ainsi s’inscrire de manière productive dans la construction de l’action publique.

« La concertation ne doit pas être pris en otage par des privilégiés, elle doit se tourner vers tous (…) Il n’existe pas un modèle de la concertation, tous les processus peuvent être explorés(…). Enfin, le temps va très vite c’est l’ennemi numéro 1 des élus, comment concilier le temps de la concertation et le temps de l’action concrète ? » a conclu monsieur Segla Lihoussou de l’Association des Nationales des Communes du Bénin.

Voir les recommandations du Gret sur les processus de concertation