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Publié le 11/07/2013

Audition au Sénat sur la recherche pour le développement

Mercredi 10 juillet, Bénédicte Hermelin, directrice du Gret a été auditionnée par la mission commune d’information sur l’action extérieure de la France en matière de recherche pour le développement,  par Henri de Raincourt, président de la mission commune d’information, Kalliopi Ango Ela, rapporteure, et les membres de la MCI.

Bénédicte Hermelin a fait valoir plusieurs points pour favoriser la politique française de recherche pour le développement :

  • mettre la recherche pour le développement au service de la recherche de l’innovation, ce qui implique la recherche de solutions adaptées au contexte en prenant en compte des bénéficiaires. Il faut relativiser le concept d’innovation au regard du contexte et tenir compte d’une mémoire parfois défaillante. L’innovation sociale et organisationnelle est nécessaire au delà de l’innovation technologique. Enfin, il convient de penser en amont la question de l’application et de l’appropriation de ces innovations sur le terrain pour éviter qu’elles ne restent « dans les placards »;
  • soutenir la recherche pour le développement par des ONG, comme le Gret, qui mènent des activités de recherche-action. Bénédicte Hermelin a souligné le paradoxe suivant : si les grandes entreprises françaises bénéficient de soutiens publics pour leurs activités de recherche-développement, ce n’est pas le cas des ONG qui sont pourtant les « entreprises du développement ». Aujourd’hui les ONG doivent se tourner vers des entreprises pour financer leurs activités de recherche pour le développement, pour faire face à ce déficit de financement public. Le travail des ONG avec les instituts de recherche au Nord mais aussi au Sud, publics comme privés, devrait être encouragé.
  • ne pas breveter les matières vivantes et se poser la question des savoirs traditionnels;
  • se poser la question de l’évaluation des instituts de recherche pour le développement français : le dernier rapport du CAD de l’OCDE souligne que l’IRD et le Cirad sont évalués comme des structures de recherche traditionnelles par l’Aeres, et non de manière adaptée au développement (partenariats créés, soutien à la création d’instituts de recherche, formation de chercheurs au Sud, etc.)
  • remettre l’enseignement supérieur dans les débats et soutenir la possibilité pour les ONG d’avoir des salariés thésards parmi leurs équipes, ce que les contraintes du dispositif Cifre ne permet pas en l’état.