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Publié le 30/09/2014

3 questions à Kassim Ramadhani Mussa, professeur et chercheur à l’Université d’agriculture de Sokoine (SUA) en Tanzanie

Sommet climat des Nations unies à New York le 23 septembre 2014, 21e Conférence des parties pour le changement climatique à Paris en décembre 2015… au rythme des grandes échéances, la communauté internationale se mobilise activement sur les questions de changement climatique. En particulier, la question des relations entre agriculture et changement climatique, portée de longue date par les ONG comme le Gret, commence à mobiliser les intérêts. Mais au-delà des théories, qu’en est-il concrètement pour les projets de terrain ? Regard de Kassim Ramadhani Mussa, professeur et chercheur à l’Université d’agriculture de Sokoine en Tanzanie.


3 questions à Kassim stfr par Gret-videos

En lien. Les changements climatiques ont-ils un impact sur l’agriculture et les populations en Tanzanie ?

Kassim Ramadhani Mussa. En Tanzanie, l’imprédictibilité des saisons des pluies et la diminution des ressources en eau affectent les populations et les systèmes agricoles. Les agriculteurs ne sont plus à même de suivre les calendriers culturaux et font face à des diminutions des récoltes. Pour les productions vivrières comme le maïs, on prévoit une diminution possible de plus de 30 % des rendements ! Or, le pays est déjà confronté à une pénurie et une insécurité alimentaire…

EL. Quelles stratégies d’adaptation au changement climatique pour les agriculteurs de la région de Morogoro ?

KRM. Avec le Gret, nous avons développé plusieurs stratégies d’adaptation au profit des communautés. Nous avons accru la prise de conscience et la connaissance sur les impacts des changements climatiques, amélioré les infrastructures d’irrigation, et établi un système agricole plus résilient, avec des cultures à forte valeur ajoutée. Le Gret et la SUA ont également réussi à relier les petits paysans aux marchés régionaux et nationaux ainsi qu’aux institutions de microfinance.

EL. Quels enjeux pour la seconde phase du projet ?

KRM. Il s’agira tout d’abord de mettre en place une approche « éco-village » à l’échelle du district : nous allons cibler une communauté plus large, plus de villages avec un environnement difficile, notamment en termes d’accessibilité. Le deuxième challenge sera de réussir à gérer les attentes des nouvelles communautés que nous voulons cibler. Il est nécessaire de faire émerger une position commune, un terrain d’entente pour tous les acteurs impliqués dont l’administration tanzanienne au niveau District qui fait désormais partie intégrante des partenaires du projet. Nous avons besoin d’un accord commun, d’une vision commune entre Gret, Sokoine Université et Mvomero District.

 

En savoir plus sur le projet en Tanzanie

En savoir plus sur les mobilisations du Gret contre l’Alliance sur la Climate Smart Agriculture, créée lors du Sommet Climat des Nations unies le 23 septembre

En savoir plus sur les positions du Gret sur agriculture et changement climatique