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Publié le 04/05/2015

Financement du développement : où en est-on de la concertation vers Addis Abeba ?

Le ministère français des Affaires étrangères et du Développement international prépare la position française pour le sommet d’Addis Abeba de juillet sur le financement du développement et plus largement sur la question des futurs Objectifs du développement durable qui seront définis à New York en septembre. Le Gret a contribué à plusieurs réunions préalables de concertation avec la société civile et les différents acteurs.

Le 30 mars 2015, le Gret et le Groupe initiatives ont participé au groupe de travail du Comité national du développement et pour la solidarité internationale (CNDSI), sur le financement du développement grâce aux coalitions d’acteurs privés et publics. Le Groupe initiatives établit plusieurs recommandations pour améliorer ces coalitions telles que servir les enjeux territoriaux et développer les économies locales en priorité, renforcer les capacités institutionnelles pour construire des institutions solides porteuses de politiques publiques cohérentes, clarifier les modalités contractuelles sur la responsabilité en cas d’échec de la gestion des risques incontrôlables, et préconiser l’innovation sur le long terme plutôt qu’une logique de résultat prédéfinis. Lire la position du Groupe initiatives.

Pierre Jacquemot, Président du Gret et Marc Lévy, directeur de la Prospective, ont participé à une rencontre entre le ministère et les représentants des organisations de la société civile. Le ministère a informé la société civile de la dernière session sur les Objectifs du développement durable (ODD) à New York : il faut être conscient des équilibres atteints pour arriver aux 17 objectifs et aux 169 cibles ; autrement dit, il serait très difficile de changer quoi que ce soit, le message est : c’est un paquet ! Sur les 300 indicateurs proposés par les Nations unies à tous les instituts de statistiques dans le monde, une centaine a répondu : 70 cibles ont des indicateurs que l’on peut suivre mais 60 n’ont pas d’indicateurs de cette qualité, il faut encore du travail pour les établir. Il y a surtout besoin d’investissements en matière d’indicateurs sur les nouveaux sujets (climat), mais ceux des précédents OMD sont documentés, en particulier sur la gouvernance, ce qui constitue une bonne nouvelle. La liste finale devrait être définie pour mars prochain. Les ONG présentes, dont le Gret, ont insisté sur le besoin d’implication des acteurs de la société civile en vue des modalités de suivi-évaluation des ODD, de renforcement des capacités statistiques et sur l’intérêt du recours aux méthodes qualitatives versus trop exclusivement quantitatives. Elles ont insisté pour que l’atteinte des ODD ne repose pas seulement sur la croissance, mais aussi sur les Droits de l’homme, le rôle régulateur des États, la mobilisation de la société civile.

Issu de ces concertations, un consensus se dégage sur le fait que les enjeux climatiques et de développement vont de pair, sur le besoin de changement de modèle et sur la nécessaire implication du secteur privé. Mais des questions demeurent : quelle régulation de cette implication du secteur privé ? Quelle régulation de la finance ? Que va faire la France pour l’application des ODD désormais universels ? Le défi sera aussi de faire basculer les résultats de la négociation à Addis Abeba dans le Sommet final de New York.