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Publié le 28/05/2015

Trois questions à Toussaint Musangwa, de Health Development Initiative au Rwanda

A l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie le 17 mai, En lien donne la parole à un partenaire du Gret dans le cadre d’un projet de renforcement des associations œuvrant pour le droit des minorités sexuelles en Afrique des Grands lacs. Toussaint Musangwa, chargé des populations clés à Health Development Initiative (HDI), fait le point sur les droits des populations LGBTI (lesbiennes, gay, bi, trans, intersexuées) au Rwanda et ses conséquences pour le développement.

Quelle est la situation des droits des LBGTI au Rwanda ?

Au Rwanda, l’homosexualité n’est pas criminalisée. Pourtant, les LGBTI continuent à affronter les difficultés en matière de respect de leurs droits. Dans l’imaginaire collectif, l’homosexualité est importée de l’Occident donc elle ne peut pas exister en Afrique ! Cela affecte les conditions de vie des LGBTI, car la société les ignore : difficultés à s’accepter, à développer un projet de vie et à gagner leur indépendance. Ces personnes sont donc exclues du développement. Outre la question spécifique du VIH/Sida bien reconnue, les discriminations les plus visibles restent dans le parcours de soins et l’accès aux structures de santé.

Quelle est la situation de la société civile sur cette question ?

La société civile est faible sur cette question. Quelques organisations travaillent sur la promotion des droits en matière d’accès à la santé notamment mais pas uniquement sur les droits LGBTI. Dans les faits, l’espace est limité pour ces organisations : aucune organisation LGBTI n’est officiellement reconnue au Rwanda : tout est informel. Cela affecte non seulement leur force et leur structuration (pas d’accès aux financements internationaux car pas d’existence légale, membres plus ou moins visibles au risque d’affecter les conditions de vie) mais aussi leur activité en faveur de l’accès aux droits (action discrète, non incisive). Dans ce contexte, l’appui de la société civile internationale comme le Gret dans le cadre du projet de renforcement des associations œuvrant pour les droits des minorités sexuelles, est indispensable.

Y a-t-il des expériences réussies de mobilisation de la société civile au Rwanda ?

Un exemple de cas réussi a été la « Coalition de la société civile sur les droits et à la santé » formée en 2009 pour empêcher le vote d’un projet de loi criminalisant l’homosexualité. Cela a été un succès : la loi n’est pas passée et l’homosexualité n’a pas été criminalisée. La non-pénalisation de l’homosexualité est cruciale pour l’action de la société civile, si discrète soit elle, afin de continuer à mener un plaidoyer pour le respect de leur droits et de créer des alliances avec les organisations de promotion des droits et de santé.

En savoir plus sur le projet d’appui aux associations oeuvrant en faveur des populations discriminées dans la région des Grands lacs PAFPD-GL
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A paraître le 25 juin 2015 : un dossier spécial de la revue Altermondes sur les droits des LGBTI, dont le Gret est partenaire. S’abonner ici.