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Publié le 11/06/2015

Fin des négociations climat à Bonn: une confiance sans accord


Ce jeudi 11 juin 2015 se sont clôturées les intersessions climat des Nations unies à Bonn
. Enjeu : préparer l’accord de Paris qui devra être universel, différencié, ambitieux et juridiquement contraignant pour garantir de ne pas réchauffer la planète de plus de 2°C à horizon 2050.

Résultat de deux semaines de négociations : les pays n’ont pas réussi à raccourcir significativement le texte de Genève de 86 pages aux nombreuses options, autant dire que les négociations sont plus ou moins au même point qu’en février (voir le non paper final sur le site de l’UNFCCC) Les co-chairs le garantissent aux parties : aucune option ne sera enlevée, modifiée et tous les pays y sont représentés. Le non paper qui sort de Bonn n’est pas engageant, ce ne sont que des propositions. Une bonne nouvelle disent-ils pourtant: les Etats Unis et l’Allemagne auraient émis de nouveaux engagements financiers, même si les financements nécessaires pour faire face aux enjeux ne sont toujours pas recueillis et que la conférence de clôture a été l’occasion d’un appel aux Etats…

Le Pérou, hôte de la précédente conférence des parties fin 2014 (Cop 20) se félicite de l’effort de transparence et appelle à réduire le nombre d’options pour chaque section du futur accord. Laurence Tubiana, Ambassadrice française chargée des négociations appelle à ne pas être frustré ni déçu et souligne deux bons points de Bonn:

  • les avancées en matière de Redd+ (mécanisme international de financement de la Réduction des émissions liées à la dégradation des forêts et à la déforestation), un enjeu important pour les pays concernés par la forêt comme l’Afrique de l’Est, l’Asie du Sud Est et l’Amérique latine (en savoir plus sur le site de l’UNFCCC)
  • la construction de la confiance qui sera essentielle pour les prochaines étapes.

Pourquoi les négociateurs n’ont pas réussi à se mettre d’accord? Les avis des négociateurs interrogés dans les couloirs diffèrent: certains disent que les personnes présentes sont des techniques et non des politiques et que sans pouvoir politique point de négociation. Ils appellent à des sessions à un niveau plus politique avant Paris. D’autres témoignent de blocages de certains pays sur des sujets sensibles comme l’atténuation ou le financement. Certains déplorent qu’à tout résumer à la confiance, car en effet l’ambiance entre négociateurs étaient bonne, on en oublie l’action et l’urgence.

Prochains rendez vous le 24 juillet d’abord, date de rendu d’un texte clarifié et allégé pour faciliter les négociations préparé par les co-facilitateurs de chaque session et les co-chairs , en août ensuite avec une session plus politique aux prochaines intersessions, puis en octobre, date limite que Laurence Tubiana appelle de ses voeux pour un accord ayant tranché les principales décisions politiques, afin de permettre à la Cop 21 de décembre de jouer pleinement son rôle. Cela suffira-t-il à atteindre un accord ambitieux et pour la première fois juridiquement contraignant? Bonn dirait qu’il faut avoir confiance.