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Publié le 27/11/2015

Le Gret à la Cop 21 : 5 domaines d’expertise pour concrétiser les engagements sur climat

La Cop 21 (Conférence des parties sur le changement climatique, 21e édition) rassemble dès le 30 novembre 2015 à Paris 193 Etats, pour deux semaines de négociations, devant aboutir au premier accord universel et juridiquement contraignant contre le dérèglement climatique. Le Gret, ONG de développement solidaire, se mobilise pour apporter des solutions concrètes conciliant climat et développement, pour nourrir les futures opérations soutenues par le Fonds vert et dans le cadre des plans d’action des pays (INDC). Alors que la Cop 21 démarre à Paris, En lien fait le point sur la mobilisation du Gret dans cinq domaines d’expertise, sur la base de son expérience de terrain : la sécurité alimentaire, les forêts, les énergies renouvelables, villes et territoires, et la gestion des eaux pluviales.

Parce qu’il génère sécheresse, pluies diluviennes, épisodes climatiques extrêmes… le dérèglement climatique est un facteur d’aggravation de la pauvreté et un accélérateur d’inégalités. Les limites de l’ère de l’anthropocène, où l’humanité agirait comme une force géologique par l’exploitation des ressources, montrent la nécessité de sortir d’un modèle linéaire fondé sur la croissance et la consommation. La voie de la prospérité des pays riches doit laisser la place à d’autres modèles relevant d’une économie « décarbonée ».
Retrouvez la position du Gret pour la Cop 21

Transformer le système alimentaire mondial et adopter l’agroécologie

En tenant compte de ses impacts directs et indirects -y compris la déforestation-, l’agriculture et le système alimentaire mondial sont responsables de près de la moitié du réchauffement climatique. L’agriculture a jusqu’à présent été peu présente dans les négociations climatiques internationales. Cependant, l’objectif de limitation du réchauffement à 2°C ne pourra être atteint sans des transformations radicales de l’agriculture et du système alimentaire. Le Gret avec Coordination SUD plaide pour l’intégration dans l’accord de Paris des questions de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Le dérèglement climatique constitue une menace majeure pour la sécurité alimentaire. Sur le terrain, l’agroécologie permet de contribuer aux objectifs de diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) et d’adaptation des populations les plus impactées par le dérèglement climatique. Le Gret développe des solutions agro-écologiques au Myanmar et à Madagascar dans des zones sèches où le dérèglement climatique accentue l’insécurité alimentaire. Ces actions ont permis d’améliorer la fertilité des terres due à l’accumulation de sédiments fertiles en amont des mini-barrages, d’augmenter la résilience de la population face aux accidents climatiques et de diminuer la pression exercée par la déforestation sur les ressources naturelles dans les systèmes agroforestiers notamment à Madagascar.

En savoir plus sur la position du Gret, son expérience sur l’agroécologie, et la solution qu’il propose.

Retrouvez le Gret à la Cop 21 (Bourget) sur le sujet agroécologie et climat :

  • Mercredi 2 décembre de 13h à 15h lors d’un Side event en zone bleue  (accès sur accréditation) organisé par le AVSF, ACF, Agrisud, Care, Cari, CCFD, le Gret, Peuples solidaires et SCCF1 sur « Agroecology as a viable solution to create climate resilience »
  • Mercredi 2 décembre de 13h30 à 15h lors d’un side event sur l’espace Générations climat organisé par le Cirad et l’Inra sur « la sécurité alimentaire mondiale : quels enjeux agricoles »
  • Jeudi 3 décembre à 10h30 sur le stand de Coordination SUD (Espace Générations climat), pour une matinale d’échanges sur l’agroécologie et les enjeux du changement climatique pour l’agriculture
  • Vendredi 4 décembre de 9h15 à 10h40 lors d’un Panel de haut niveau au Pavillon OCDE, organisé par le PFE, AFD, ville de Paris, le Gret, l’Agence de l’eau RMC sur « La définition d’actions d’adaptation au dérèglement climatique dans le domaine de l’eau »

Electricité ou biomasse : le rôle central des énergies renouvelables

Les énergies fossiles sont responsables à 80% des émissions mondiales de CO2 et 67% des émissions de gaz à effet de serre. En parallèle, 3 milliards de personnes cuisinent chaque jour au bois de feu, et 620 millions de personnes n’ont pas d’accès à l’électricité en Afrique sub-saharienne en 2014, la majorité en milieu rural. Les énergies renouvelables représentent la solution pour limiter le réchauffement global tout en permettant l’accès à l’énergie pour tous, y compris dans les zones isolées. 

La petite hydroélectricité constitue à Madagascar la solution adéquate pour favoriser l’électrification des zones non couvertes tout en atteignant d’ici 2030 l’objectif affiché de 79% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique du pays. L’expérience du Gret à Madagascar démontre que la mobilisation du secteur privé pour investir, sous contrôle de l’Etat, dans le développement des réseaux hydroélectriques ruraux peut permettre de promouvoir le développement économique en milieu rural, la préservation de la ressource en eau et l’engagement du secteur bancaire pour favoriser l’investissement privé. Cette approche pourrait constituer un modèle pour un passage à l’échelle avec la mobilisation de financements sur le Fonds Vert dans les prochaines années.

Le Gret a développé en Mauritanie avec l’Iset de Rosso et le Parc national du Diawling, un charbon de typha, en alternative au charbon de bois. La valorisation de cette plante invasive en énergie permet à la fois de créer des opportunités de développement économique, de restaurer la biodiversité et de présenter un bilan carbone neutre, en alternative à la déforestation.

En savoir plus sur la position du Gret, la solution qu’il propose pour faire face à l’enjeu énergétique

Retrouvez le Gret à la Cop 21 sur le sujet énergie et climat :

  • Vendredi 27 novembre 2015 lors de la Conférence de presse de Coordination SUD avec Samassa Nalla, représentant du Gret en Mauritanie sur les enjeux du climat pour l’énergie
  • Mardi 1er décembre à 9h15 lors d’un side event organisé par le Gret, le Geres, AVSF, Goodplanet et Etc Terra sur le stand de Coordination SUD (Génération climat au Bourget) sur la diffusion d’équipements de cuisson domestique au Mali
  • Mercredi 2 décembre à 13h45 lors d’un side event organisé par ESF, le Gret, Ps-Eau et Eau vive sur l’espace Générations climat au Bourget sur « Energie et eau : deux vecteurs complémentaires de développement et d’adaptation au changement climatique »
  • Lundi 7 décembre lors d’une conférence des Ateliers de la terre à l’Hôtel de l’industrie avec le Président du Gret Pierre Jacquemot et Minh Le Quan, expert énergie au Gret

Experts : Samassa Nalla, représentant du Gret en Mauritanie et Minh le Quan, expert énergie au Gret

Lutter contre la déforestation, mais pas au détriment des populations !

La déforestation est responsable de 10% des émissions de gaz à effet de serre. Promouvoir une agriculture permanente  et respectueuse de l’environnement en alternative à son défrichage est un enjeu fort d’atténuation dans les poumons du monde mais pas au détriment des conditions de vie des populations qui vivent de la forêt ! Le mécanisme Redd+ (réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) connait à ce jour des faibles résultats. L’étalon de la performance carbone est insuffisant pour mesurer la performance des politiques publiques, alors que l’enjeu est de doter les pays du Sud d’instruments de sécurisation foncière et d’aménagement du territoire.

En République démocratique du Congo (RDC), le Gret expérimente deux solutions concrètes pour concilier développement et lutte contre la déforestation. Les plans simples de gestion (PSG) des ressources à l’échelle des terroirs coutumiers sont un outil pour inscrire les pratiques agricoles dans une démarche d’aménagement du territoire. Ils permettent d’améliorer les rendements agricoles, d’éviter la déforestation, et de limiter la dépendance des populations aux intrants carbonés et aux aléas climatiques. L’aménagement de périmètres agroforestiers permet des effets sur le développement, la séquestration du carbone dans les arbres plantés et une meilleure résilience des populations au changement climatique.

En savoir plus sur les positions du Gret (Paiements sur les services environnementaux, le mécanisme Redd+), les solutions qu’il propose.

Retrouvez le Gret à la Cop 21 sur le sujet forêt et climat :

  • Mardi 8 décembre, le Gret organise une matinale sur le Stand de Coordination SUD (Espace générations climat) sur les approches juridictionnelles Redd+ de 10h30 à 12h30Expert : Judicael Fetiveau, expert forêt au Gret

Gestion des eaux pluviales : le besoin de modélisation

Les méthodes et outils d’évaluation existantes pour évaluer des scénarios de changement climatique sont nombreux. Mais, alors qu’à l’échelle projet, ces outils produisent des estimations qualitatives des aléas climatiques basées sur des diagnostics participatifs « communautaires »,  à l’échelle mondiale, ils recèlent des marges élevées d’incertitude et un degré de précision inadapté aux échelles d’intervention de projets.

La gestion des conséquences des inondations liées aux précipitations ou aux crues, dans les villes secondaires sénégalaises ou mauritaniennes par exemple, suppose une connaissance des évolutions à prévoir en matière de régimes de pluviométries et de fonctionnement hydrologique. Le Gret préconise l’élaboration d’outils de prévision des risques climatiques à l’échelle locale, à travers une démarche de recherche-action, mobilisant experts, opérateurs/planificateurs et usagers. L’enjeu est d’éviter que le niveau élevé d’incertitude paralyse les processus de décision, freine l’adaptation des politiques sectorielles et pèse sur la résilience des populations.

En savoir plus sur la solution proposée par le Gret : « Adapter des outils de diagnostic climatique aux échelles locales : gestion des eaux pluviales des villes saheliennes »
Voir la position de la Coalition Eau

Retrouvez le Gret à la Cop 21 sur le sujet gestion de l’eau et climat :

  • Mercredi 2 décembre de 11h à 12h30 lors d’un side event du Sedif sur le « 1% solidaire des services publics urbains du Grand Paris », salle 7 de l’espace Générations climat, avec Mamisoa Andriamihaja, expert eau potable du Gret à Madagascar
  • Mercredi 2 décembre, de 14h à 15h30 sur le stand de Coordination SUD avec une rencontre avec un expert eau et assainissement du Gret autour de la gestion des eaux pluviales
  • Jeudi 3 décembre de 14h30 à 16h lors d’un side event organisé par la Coalition eau sur l’espace générations climat sur « l’eau au cœur des changements » avec le Gret et le Maire de Diawara.

Expert : Thomas Lejeune, expert eau potable au Gret

Des démarches de planification climat adaptées pour les villes et les territoires

Les villes sont au cœur de l’agenda international du développement durable et de la Conférence climat à Paris en 2015 (Cop 21). À l’origine de 75 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) mais également particulièrement sensibles aux évolutions brusques de leur environnement, elles représentent un échelon pertinent pour des actions d’adaptation et d’atténuation du changement climatique, à condition de le faire en articulant leurs démarches avec les espaces ruraux et en prenant ceux-ci en compte. Si dans certains pays, des institutions publiques nationales et des collectivités locales ont développé des  stratégies climat, il est plus réaliste et plus efficace pour nombre de villes et territoires des pays en développement de commencer par adopter des démarches progressives par l’intégration de l’enjeu climat dans les politiques sectorielles et urbaines existantes.

Le Gret défend des démarches de planification participative et la création  d’outils d’aide à la décision adaptés aux contextes locaux, des dispositifs d’aide dédiés à l’adaptation des territoires dans les Pays les moins avancés, et la reconnaissance de l’interdépendance entre espaces urbains et ruraux par la promotion des approches d’aménagement du territoire.

En savoir plus sur la position du Gret « Les villes dans la lutte contre le dérèglement climatique »

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En savoir plus sur la position de Coordination SUD pour la Cop 21