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Publié le 03/12/2015

Cop 21 : Trois questions à Marc Vézina du Sedif

Le Syndicat des eaux d’Ile de France (Sedif) a organisé le 2 décembre 2015 dans le cadre de la Cop 21 un atelier sur « le 1% solidaire : une réponse pragmatique face au dérèglement climatique », réunissant les Services publics urbains du Grand Paris en charge des services de distribution d’eau, d’électricité et de gaz ainsi que le traitement des déchets et l’assainissement). Mamisoa Andriamihaja du Gret à Madagascar a présenté un projet soutenu par le Sedif à Madagascar. A cette occasion, rencontre avec Marc Vézina, du Sedif.

Le Sedif applique la loi Oudin-Santini pour améliorer l’accès à l’eau des collectivités locales dans les pays du Sud. Il accorde une part de ses revenus à des projets de développement sous forme de subventions à des associations de droit français. Pourquoi un tel engagement ?

Depuis 1986, les élus franciliens, qui ont un des services publics urbains les plus performants du monde,  ont reconnu l’obligation morale d’aider des collectivités du Sud dont certaines manquent d’eau. La loi Oudin-Santini permet aux collectivités françaises de mobiliser des ressources pour le développement sur leur budget annexe de l’eau. Une loi d’autant plus importante pour celles qui ont confié la compétence eau à des syndicats intercommunaux qui ne gèrent que les budgets annexes eau ou assainissement. Le SEDIF consacre ainsi 1 centime d’euro par mètre cube à l’aide publique au développement (APD) soit 0,7% de ses ressources ou 2,4 millions d’euros par an [NDRL : un part correspondant à l’engagement national et international des pays de l’OCDE relativement à leur revenu national brut – RNB]. Au-delà des sommes mobilisées, la loi permet de mobiliser des expertises, celles de la gestion des services publics de l’eau et de l’assainissement. Une compétence qui a toujours été décentralisée, et pas ministérielle. Les ONG sont des alliées car elles disposent de l’expérience adaptée aux contextes des collectivités du Sud.

Pourquoi les six syndicats franciliens ont souhaité se mobiliser ensemble à la Cop 21 sous l’appellation « services publics urbains du Grand Paris »?

Les enjeux de développement dans les collectivités du Sud sont pluridisciplinaires et nécessitent une réponse multisectorielle. Il semblait donc logique pour nous, syndicats franciliens, de combiner nos expériences et nos ressources pour répondre à cette problématique qui vient s’aggraver avec le dérèglement climatique. Après la Cop 21, le SEDIF s’engage à examiner de manière prioritaire les projets eau adossés à des projets financés par d’autres syndicats franciliens pour encourager la synergie entre services publics urbains du Grand Paris. Et désormais, l’évaluation des demandes d’aides qui lui sont soumis portera davantage sur les aspects maîtrise énergétique et protection de la ressource en eau.

Pourquoi avoir invité un membre de l’équipe malgache du Gret à intervenir à cet atelier ?

Madagascar est le pays qui bénéficie le plus de l’aide du SEDIF et depuis 15 ans l’Ile Sainte Marie a bénéficié de modestes réalisations dans le secteur rural. Le gouvernement malgache a souhaité réorienter notre aide sur l’agglomération urbaine et le Gret est parmi les rares ONG françaises à disposer d’un savoir-faire adapté, tant en matière de gestion de services urbains que la protection de la ressource. L’érosion des sols sur les bassins versants des barrages qui alimentent la ville en eau potable entraîne un tarissement de la ressource en eau, aggravé par le lien étroit entre le grand cycle et le petit cycle du fait du caractère insulaire du territoire. Il est indispensable de gérer la ressource tout autant que le service. Mamisoa Andrihamiaja du Gret a évoqué les difficultés que le changement climatique provoque dans la zone, qui suppose de renforcer le barrage pour qu’il résiste en cas de cyclone, et de transformer les habitudes de cultures sur les bassins versants. L’accès à l’eau potable rend plus pressante encore la nécessité de s’attaquer au problème de l’évacuation des eaux usées et des déchets.

Les syndicats présents: SEDIF, Syndicat des Eaux d’Ile de France, SIAAP, Syndicat Interdépartementale d’Assainissement de l’Agglomération Parisienne, SIGEIF, Syndicat Intercommunal pour le Gaz et l’électricité en Ile-de France, SIPPEREC, Syndicat Intercommunal de la Périphérie de Paris pour les Énergies et les Réseaux de Communication, SYCTOM, Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de l’agglomération parisienne, EPTB – Seine Grands Lacs