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Publié le 18/09/2016

40 ans de développement par le marché

L’implication du Gret dans l’appui aux petites et moyennes entreprises date du début des années 1980. À l’époque, travailler avec les entreprises n’a pas bonne presse. Comment concilier objectifs sociaux et rentabilité économique ? En se saisissant très tôt du sujet, le Gret tente de résoudre l’équation par l’appui aux petites entreprises et la microfinance.

Dans les années 1980, le Gret s’intéresse à l’appui aux petites entreprises : il crée un département « villes et entreprises » et lance le concept de « services publics marchands » sur l’accès à l’énergie en Mauritanie. Il mène des premières expériences d’approche entrepreneuriale pour les services d’accès à l’énergie ou à l’eau en Haïti, au Laos ou au Cambodge. Parmi les projets marquants, il crée les premiers « komite dlo » en Haïti, comités d’habitants chargés de la gestion de l’eau potable dans les quartiers précaires de Port-au-Prince. « C’était la première fois que l’on parlait de délégation de l’eau aux communautés », indique Daniel Henrys, premier représentant du Gret en Haïti, ancien ministre de la Santé publique. « La qualité de leur travail étant reconnue par tous, les comités ont acquis des capacités de gestion et ont pu négocier directement avec des bailleurs de fonds. Cela leur a permis de soutenir les familles en difficulté et de lancer de nouveaux projets, comme la création de dispensaires dans les quartiers. » Le Gret renforce également des organisations locales, comme le Cite à Madagascar, dans leur mission d’appui aux micro, petites et moyennes entreprises. Le développement doit s’inscrire dans la durée et pour cela, « ce qui compte, hormis la question de la pérennité, c’est d’avoir l’esprit d’entrepreneuriat », témoigne Haingonirina Randrianarivony, directrice du Cite. Avec les années, les métiers du Gret évoluent : « En plus de la dimension technique, nous intégrons désormais des phases de diagnostic entrepreneurial afin d’identifier les activités qui pourraient se développer sur un territoire », explique Julien Cerqueira, expert énergie au Gret.

L’approche entrepreneuriale trouve aussi son application dans la microfinance pour offrir une gamme de services financiers à 150 millions de personnes exclues du système bancaire traditionnel. Le Gret agit depuis 25 ans pour que les populations vulnérables aient aussi accès durablement aux services financiers. En 1988, le Gret expérimente au Cambodge un dispositif de microfinance, puis l’institutionnalise en 2000 sous la forme d’une société commerciale dont il devient actionnaire. Quand le Gret sort du capital d’Amret en 2015, l’IMF est devenue l’une des plus importantes du Cambodge avec 300 000 clients dans 5 900 villages. Le secteur a évolué et fait face à de nouveaux défis. Risque de surendettement, contexte de ralentissement de la croissance, question de l’impact social, mythe de l’autorégulation du marché… « La microfinance n’est pas forcément outillée pour lutter contre la pauvreté » explique Solène Morvant-Roux, chercheuse en économie à l’Université de Genève. Pour garantir l’accès des services aux plus pauvres, « les bonnes pratiques ne suffiront pas », cependant des pistes émergent parmi lesquelles l’articulation de la microfinance avec les monnaies locales, le développement d’une offre en milieu urbain pour maintenir une activité en zone rurale, ou une gouvernance des institutions de microfinance qui garantisse des objectifs sociaux.

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