Accueil » Brazzaville, pépinière de microprojets
Publié le 30/11/2016

Brazzaville, pépinière de microprojets

L’un des projets phares du Gret au Congo (Micab II) vient tout juste de s’achever, après quatre ans de mise en œuvre. Les actions réalisées à Brazzaville, dans quatre des plus grands arrondissements de la capitale, ont permis de développer l’aménagement urbain et les initiatives en direction des jeunes.

Initié en 2012, ce projet a été réalisé par le Gret, en partenariat avec l’AAISC – une ONG de développement congolaise – et quatre mairies d’arrondissement : Makélékélé, Bacongo, Talangaï et Mfilou-Ngamaba. Grâce à la mise en place d’actions concrètes et au renforcement de capacités de différents acteurs (organisations de la société civile locales, comités de quartiers, petits opérateurs privés, autorités décentralisées et déconcentrées), il a permis d’améliorer les conditions de vie dans une quarantaine de quartiers.

Au cours du projet, trois phases majeures se sont succédé. Tout d’abord, des processus de concertation par arrondissement ont été engagés. Ceux-ci ont mobilisé près de 1 200 personnes à travers 37 ateliers. Basés sur des diagnostics sectoriels participatifs, ils ont abouti à l’élaboration de plans d’actions concertés par arrondissement, articulés autour de deux thématiques principales : l’aménagement urbain des quartiers et l’accompagnement des jeunes. Ces plans d’actions ont ensuite servi à définir des lignes directrices pour des appels à projets, afin de permettre aux acteurs de passer à l’action sur un échantillon de projets et d’amorcer la réalisation de leurs plans d’actions. Pour accompagner les porteurs des projets dans l’élaboration des avant-projets détaillés, des bureaux d’études techniques ont été recrutés par le Gret, puis affectés à chaque porteur qui le souhaitait. Lors du démarrage des microprojets liés aux aménagements, les porteurs ont recruté des entreprises pré-identifiées par le Gret, les mairies d’arrondissements et les chefs des quartiers pour assurer l’exécution des ouvrages.

Sur les 95 proposés, 36 microprojets portés par des organisations de la société civile, des services techniques et des comités de quartiers ont ainsi pu être financés et accompagnés : 18 microprojets d’aménagement (caniveaux, éclairage public, passerelle, siège de quartier, construction de latrines, pavage de marché, plantation de vétivers, construction de barrières anti-érosions, etc.) et 18 microprojets dédiés à la jeunesse (équipement des bibliothèques, mise en place de loisirs sains, alphabétisation des artisans, sensibilisation aux valeurs civiques et morales, création d’un théâtre déambulatoire, formation aux métiers, création d’un dispositif d’information et d’orientation des jeunes sur les opportunités de formation, d’embauche et d’entreprenariat, etc.).
Pour accompagner les acteurs locaux dans cette démarche, un dispositif de renforcement de capacités combinant des formations et des mises en situation a également été mis en place. Des outils ciblés, personnalisés, et des appuis collectifs (formations en stage, coaching, rencontres d’échanges d’expériences) ont été déployés. 197 personnes ont ainsi été formées et accompagnées en 647 sessions.
Le séminaire de clôture du projet a eu lieu le 11 novembre dernier, en présence de 130 invités, parmi lesquels les maires d’arrondissement de Talangaï et de Mfilou-Ngamaba, le maire de la mairie centrale, le directeur de cabinet du haut-commissaire à l’instruction civique et à l’éducation morale, le directeur départemental de la jeunesse, ainsi que les représentants de l’Union européenne et de l’Agence française de développement. A cette occasion, un premier bilan a été dressé. En quatre ans, le projet a ainsi permis :

  • d’améliorer l’ancrage social des acteurs locaux, à travers la prise de conscience de leurs rôles respectifs dans l’identification des problématiques et de leur résolution ;
  • de créer des habitudes de travail et de dialogue autour des questions de développement des quartiers ;
  • de promouvoir de nouvelles pratiques en matière de concertation, de montage et de gestion de projets
  • et enfin, de mettre en lumière l’étendue des problèmes encore à résoudre dans ces arrondissements.

À l’issue de cette rencontre, les participants ont demandé à ce que chaque maire d’arrondissement maintienne la concertation pluri-acteurs, tout en la renforçant à l’échelle des quartiers afin d’améliorer la collaboration entre les acteurs publics et privés. Les participants ont également sollicité l’appui du Gret pour poursuivre la mise en œuvre des plans d’action sectoriels, en multipliant les échanges de pratiques entre les acteurs des arrondissements et en mettant l’accent sur l’insertion professionnelle des jeunes, notamment pour lutter contre le phénomène des gangs.

En savoir plus  sur le projet « Microprojets communaux et associatifs » (Micab II)