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Publié le 18/06/2018

3 questions à Myint Su, représentante du Gret au Myanmar

Myint Su, représentante du Gret au Myanmar

Myint Su, représentante du Gret au Myanmar, a pris ses fonctions en septembre 2017. Avant de rejoindre le Gret, elle a exercé 20 ans dans le secteur du développement, notamment en tant que formatrice en évaluation rurale participative. Elle répond à nos questions.

Quels sont les principaux enjeux de développement au Myanmar ?

Lorsque l’on aborde la question du développement au Myanmar, il faut prendre en compte toute la complexité du contexte de ce pays. Composé de cultures et d’ethnies diverses, le Myanmar est un pays en transition. Après avoir été dirigé pendant des décennies par un régime militaire, il évolue désormais vers un système de gouvernement fédéral et démocratique. Pour l’heure, il est rassurant de constater que le gouvernement se saisit de l’Agenda 2030 et de ses 17 objectifs de développement durable (ODD) ; néanmoins, l’atteinte de ces objectifs au Myanmar est intimement liée au contexte politique du pays et à ses évolutions futures.

Comment le Gret contribue-t-il à lutter contre la pauvreté au Myanmar ?

Le Gret, actif au Myanmar depuis 1995, a placé la lutte contre la pauvreté au cœur de son action. Il travaille avec ses partenaires sur cinq thématiques clés : l’agriculture, la nutrition, la microfinance, l’eau potable et l’assainissement, et enfin la gestion des ressources naturelles.

La plupart des activités qu’il mène dans le pays ont vocation à améliorer la sécurité alimentaire et à diversifier les sources de revenus des communautés rurales. L’ONG accompagne également les acteurs locaux de la société civile – en particulier ceux agissant dans les régions du Chin et du Delta de l’Ayeyarwaddy – dans leur recherche de financement et le développement de leur réseau. Au fil du temps, le Gret a aussi développé une expertise solide sur la question foncière. Dans son approche, il s’entoure de partenaires issus de communautés ethniques diverses.

Le Gret est également présent dans plusieurs villes birmanes, et notamment à Magway et Mandalay, où il met en œuvre des projets visant à améliorer la qualité des services urbains – eau, assainissement et déchets –, avec un fort volet axé sur le renforcement des opérateurs. (Voir la vidéo « Appuyer les opérateurs pour des services urbains améliorés en Birmanie ».)

Quels sont les principaux défis à venir pour le Gret au Myanmar ?

Le Gret – mais c’est valable également pour tous les acteurs de la société civile et les autres ONG internationales à l’œuvre dans le pays – doit regagner en liberté d’action. Car paradoxalement, en dépit de nos attentes, les contraintes se sont accentuées dernièrement, rendant la mise en œuvre des projets délicate. Les autorisations de déplacement dans les zones des projets deviennent par exemple de plus en plus difficiles à obtenir.

D’un point de vue financier, le Gret doit consolider sa viabilité, en diversifiant ses sources de financement et en identifiant de nouveaux partenariats avec des groupes de la société civile, des institutions gouvernementales et le secteur privé.

Pour répondre aux problématiques soulevées par les mutations d’un pays en transition, le Gret doit faire valoir son expérience dans des domaines d’expertise qui ont été identifiés par le gouvernement comme des axes de travail prioritaires. C’est le cas notamment du développement urbain. Travailler sur la question de l’empowerment juridique des ouvrières, à l’image de ce qui a été fait dernièrement au Vietnam, pourrait également s’avérer être un axe intéressant.

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