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Publié le 13/09/2018

3 questions à Arnaud Vontobel, représentant du Gret au Laos

3 questions à Arnaud Vontobel, représentant du Gret au Laos depuis 2015. Il travaille dans le secteur de l’accès à l’eau et à l’assainissement depuis 20 ans, et a rejoint le Gret au Laos en tant que chef de projet eau et assainissement en 2012.

Quels sont les grands enjeux du développement au Laos ?

Comme d’autres pays de la région, le Laos connaît un développement économique important avec plus de 6 % de croissance et un PIB parmi les plus élevés de la région, soutenu essentiellement par les exportations d’hydroélectricité. Cependant, la durabilité et l’équité du modèle de développement économique adopté par le gouvernement posent question, puisqu’il bénéficie d’abord à la classe moyenne laotienne et engendre des disparités grandissantes entre les villes et les campagnes. Les inégalités se creusent notamment en termes d’accès aux services.

Le rôle de la société civile comme acteur du développement du pays est malheureusement peu reconnu. Le poids de la bureaucratie dans les différents secteurs ne favorise pas l’investissement étranger, et freine le développement des filières agricoles locales. Le niveau de qualification de la main-d’œuvre, plus bas que dans les pays voisins, est aussi une contrainte au développement du pays ; l’amélioration des performances du système éducatif et de la formation professionnelle est donc un enjeu majeur pour son évolution.

Le Laos possède des ressources naturelles riches et convoitées par les pays voisins telles que le bois, les minerais, sans oublier l’hydroélectricité… mais aussi les terres agricoles, ce qui donne lieu à des pratiques locales d’octroi de concessions privées mal contrôlées par le gouvernement central, et bien souvent défavorables aux petits exploitants.

Le Laos est également mal préparé aux aléas climatiques et aux catastrophes humaines et naturelles, comme nous avons malheureusement pu le constater dernièrement lors du terrible accident qui s’est produit dans le sud du pays en juillet : l’effondrement d’un barrage a provoqué un énorme torrent de boue qui a frappé plusieurs villages et entraîné la disparition d’une centaine d’habitants. Ceux-ci n’avaient pas été alertés.

Comment le Gret contribue-t-il à lutter contre les inégalités au Laos ?

A travers ses activités, le Gret développe l’accès aux services essentiels dans les zones rurales, comme par exemple le projet Mirep, initié en 2005 pour créer de petits services d’eau dans les zones semi-rurales, gérés selon des modalités de partenariat public-privé.

Dans le domaine du développement agricole, le Gret appuie la diffusion de pratiques agroécologiques, plus respectueuses de l’environnement et des hommes. Il développe également des filières autour du bambou et promeut une meilleure gestion de cette ressource naturelle par les petits producteurs.

Enfin, le Gret soutient les acteurs de la gestion foncière pour de meilleures pratiques, plus en adéquation avec les droits fonciers des petits paysans dans un contexte de concessions octroyées aux investisseurs étrangers.

Quels sont les principaux défis à venir pour le Gret au Laos ?

Il s’agira principalement de développer nos activités autour de la gestion des déchets solides et d’aboutir à un modèle de gestion des services adaptés aux zones rurales et semi-rurales.

Le Gret devra aussi consolider l’Association de développement du bambou et des produits forestiers non ligneux, la BNDA, actuellement en cours de création par nos équipes. Le processus est long, mais nous prévoyons un démarrage courant 2019.

Découvrir les activités du Gret au Laos