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Publié le 28/11/2018

Une recherche-action au service de la réforme de l’hydraulique rurale au Sénégal

Depuis 2014, la réforme du sous-secteur de l’hydraulique rurale au Sénégal connaît un tournant important avec la création de l’Office des forages ruraux (Ofor), dont l’objectif est d’introduire plus d’efficacité et de professionnalisme dans le secteur de l’eau potable en milieu rural. Désormais, la gestion des réseaux d’eau potable en milieu rural sénégalais est confiée à des opérateurs privés dans le cadre de la délégation du service public d’eau potable à travers des contrats d’affermage. Cependant, le cadre stratégique de la réforme n’a pas encore répondu à toutes les interrogations – notamment sur la défense des intérêts des usagers –, ce qui augure d’une période de transition et d’innovation.

C’est dans cette dynamique que le Gret et l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, en partenariat avec l’Agence régionale de développement (ARD) et l’Union régionale des usagers de services d’eau potable de la région de Saint-Louis mettent en œuvre le projet Sense (« Suivre ensemble les services publics d’eau potable du Nord »). Celui-ci a pour objectif de contribuer à l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de politiques inclusives dans le domaine du service public de l’eau en milieu rural à travers l’accompagnement des acteurs clés (Etat, opérateurs privés, usagers, collectivités) dans la mise en place d’un dialogue multi-acteurs et la promotion de nouvelles formes de régulation entre l’Etat et la société civile.

Trois premières études ont été réalisées pour alimenter les réflexions sur ce sujet. Elles portent sur la perception du service public d’eau potable par les usagers, les dispositifs de représentation des usagers et la situation du dialogue multi-acteurs. Ces études ont déjà fait l’objet d’autres restitutions et échanges au niveau de la zone du Gorom-Lampsar et des départements de Dagana et Podor. Des recommandations fortes ont été formulées sur la nature des dispositifs de représentation d’usagers à promouvoir et sur l’organisation du dialogue territorial autour des services d’eau potable.

Un atelier régional, organisé le15 novembre dernier au sein de l’Université Gaston Berger, a permis de restituer les résultats de ces études auprès de tous les acteurs impliqués dans la gestion de l’eau en milieu rural au Sénégal et d’avancer ainsi dans la définition de modèles de représentation des usagers et de cadres de dialogue.

Cette recherche-action a démarré en 2017 et s’inscrit dans le programme d’appui aux initiatives de la société civile (PAISC) financé par le Fonds européen de développement à travers l’ordonnateur national du Sénégal (ONS). Il est mis en œuvre par le Gret, l’UGB, l’ARD de Saint-Louis et la Fédération des associations des usagers des réseaux d’eau potable (Fasurep) du Gorom-Lampsar pour une durée de 24 mois.