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Publié le 28/05/2020

Communs et gouvernance partagée – Pour une pêche côtière durable dans la Baie d’Antongil à Madagascar

Suite à la signature d’une Convention programme établie avec l’Agence française de développement (AFD) en 2019, le Gret a engagé une réflexion sur l’approche par les communs dans une douzaine de ses projets. Nous vous présenterons tout au long de l’année ces différents projets, portant sur une variété de thématiques. Aujourd’hui : le projet Pêche côtière durable dans la Baie d’Antongil, à Madagascar.

 

La Réserve de biosphère de Mananara-Nord abrite des écosystèmes marins et côtiers parmi les plus productifs et les plus riches en espèces de Madagascar. Ils subissent pourtant une dégradation continue, menaçant la sécurité alimentaire de plus de 100 000 ménages qui vivent dans ce parc national et dépendent quasi exclusivement de la pêche. Depuis 2013, l’ONG Wildlife Conservation Society (WCS) mène à Mananara-Nord, en collaboration avec le Gret, des activités de conservation marine autour de l’établissement de 40 aires de pêche gérées localement (APGL), dont la gouvernance est confiée aux pêcheurs eux-mêmes.

 

Le projet Promouvoir les communs pour la pêche côtière durable dans la Réserve de biosphère de Mananara Nord, mené avec le concours financier de Madagascar National Parks et en partenariat avec le Cirad, a pour objectif d’analyser en profondeur, sous le prisme des communs, les facteurs de blocage aperçus sur certaines aires de pêche gérées localement. Le projet vise à réajuster les stratégies d’accompagnement pour favoriser une meilleure appropriation de la communauté toute entière vis-à-vis de ces aires de pêche et pour mettre la gouvernance partagée et inclusive au cœur des dispositifs d’appui.

Depuis le lancement du projet, des diagnostics participatifs de chaque territoire d’APGL ont été menés par le Gret, conduisant à des plans d’action concertés sur la gestion des zones côtières. De plus, un jeu de rôles évolutif, Fiarahamiasa, a été conçu, testé et déployé sur plusieurs sites pour renforcer la conscience écologique des pêcheurs. Fiarahamiasa permet d’établir explicitement le lien entre l’activité de pêche (en fonction des zones de prélèvement et de l’intensité de l’effort de pêche) et la dynamique d’évolution des stocks de poissons, ainsi que de favoriser des décisions collectives de gestion. Dans la pratique, il a souvent fait émerger des stratégies de solidarité sociale entre les différents pêcheurs visant à mieux répartir l’effort de pêche et soutenir les plus vulnérables pour leur éviter de pêcher dans les zones interdites, car nécessaires à la régénération des ressources. En mars 2019, une mission conduite par le Cirad sur ces aires gérées localement a également permis de rappeler l’importance de préserver les droits d’usage de la pêche de subsistance, alors que les politiques locales sur la pêche encouragent la professionnalisation du secteur de la petite pêche.

Les prochaines étapes résident maintenant dans le renforcement de la sensibilisation et des arènes de discussion permettant de limiter les conflits que les aires de pêche gérées localement peuvent générer et d’améliorer ainsi leur efficacité, afin que les populations puissent avoir toutes les cartes en main pour une gestion inclusive, durable et communautaire de leurs ressources.

 

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