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Etre étudiant et réfugié, la catégorisation à l’épreuve des mobilités et des politiques d’accueil


Article disponible à la vente sur le site de Cairn.info

« C’est vraiment difficile quand tu es réfugié d’être un étudiant » lâche en soupirant Chadi, président de l’association Mada — qu’il traduit par « envergure », en guise de conclusion à son intervention. La rencontre, réunissant une dizaine de bénévoles, tous étudiants et quasiment tous Syriens, a lieu une après-midi du mois de mars 2016 dans une petite salle prêtée par la Cité Internationale Universitaire de Paris. Elle a pour objectif de définir les actions à venir de l’association, notamment la mise en place d’« un grand projet pour les étudiants exilés. Tous les étudiants réfugiés, pas que les Syriens. Car nous on a la chance d’avoir une guerre pour faire connaître notre situation mais pas les autres ».

La guerre civile syrienne dure depuis plus de sept ans. Certaines organisations, à l’instar du Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme, ont arrêté le décompte des victimes il y a déjà plus de deux ans. Au-delà des chiffres, invisibilisants, nous avons souhaité rencontrer ceux qui en ont réchappé pour qu’ils nous racontent leur guerre, ici perçue comme un élément constitutif de leur quotidien, facteur de nouvelles mobilités et, de fait, producteur de nouvelles identités. Dans le cadre de notre enquête, ces dernières prennent forme sous certaines des désignations suivantes : « réfugié », « migrant », « exilé », etc. Cette opération de catégorisation, définie comme « un processus qui tend à la fois à donner un nom et à ordonner l’environnement en catégorie…


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