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La concertation peut-elle contribuer à la gestion durable d’une ressource halieutique ?


A Madagascar, la ressource crevettière suscite d’importants enjeux. Elle est exploitée, dans de mêmes zones, par des sociétés de pêche industrielle ou artisanale et par la pêche dite « traditionnelle ». Activité très lucrative, la pêche crevettière a connu une intensification remarquable à partir des années 1990 dans une quasi-absence de régulation étatique. Depuis le début des années 2000, la diminution drastique des captures affecte les trois secteurs et crée d’importantes tensions. Le projet « Zones d’aménagement concerté » (ZAC), financé par l’Agence française de développement, a été mené entre 2005 et 2007. Le Groupement des aquaculteurs et pêcheurs de crevette de Madagascar était maître d’oeuvre et un consortium composé de l’Association française des volontaires du progrès et le bureau d’études malgache Océan Consultant était maître d’ouvre délégué. Ce projet avait pour objectif d’améliorer la gestion des ressources crevettières par le biais de la concertation, c’est-à-dire par une participation des différents acteurs concernés par l’exploitation des ressources halieutiques à la décision en matière de gestion. L’idée même de concertation entre acteurs est quelque chose d’assez nouveau à Madagascar. Le dialogue entre la pêche industrielle et la pêche « traditionnelle » met en jeu des acteurs différents, ayant des positions très inégales et des intérêts divergents. Le projet devait permettre de tirer des leçons et laisser un certain nombre de repères pour son extension à d’autres zones et/ou sa reproduction dans d’autres pays. Pour cela, un important travail de capitalisation a été mené par l’équipe. Il a alimenté ce document qui tente d’analyser comment, dans un contexte de faible influence de l’État sur l’exploitation de la ressource, le principe de la concertation peut favoriser la mise en place de régulations adéquates et d’une meilleure gestion.


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