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Le marché du karité, entre économie de subsistance et capitalisme mondialisé


Le beurre de karité fait partie des produits, à cheval entre usages domestiques et marchés d’exportation, pour lesquels une nouvelle demande internationale émerge. Il est issu d’une activité de cueillette et d’un long et pénible travail de transformation par les femmes rurales des zones soudano-sahéliennes. Il est aujourd’hui fortement valorisé en cosmétique, biotechnologies et agro-alimentaire. La demande internationale concerne essentiellement les noix de karité, mais aussi le beurre, pour lequel émerge une nouvelle demande de petites entreprises cosmétiques des pays développés, en rapport avec le commerce équitable. Les groupements de femmes sont les principaux acteurs de la transformation du karité en beurre. Ils répondent à cette demande internationale, qui reste limitée en volume à 10 pour cent du marché local. La concurrence entre groupements est féroce pour gagner les marchés internationaux. A quelles conditions une articulation « gagnant-gagnant » entre les acteurs africains des filières et ceux des pays développés est-elle possible ? Les groupements de femmes semblent être gagnants dans ces échanges, à condition qu’une pression effective des consommateurs pour que le mot « équitable » soit précisément défini, qu’il permette effectivement une meilleure valorisation du travail à la base, et qu’existe la capacité à le vérifier. Les échanges internationaux devraient permettre aux groupements de femmes d’acquérir progressivement de meilleures capacités de négociation avec les acheteurs internationaux, en même temps que la capacité logistique permettant de fournir la qualité et les volumes requis dans les délais fixés par le client. Ces opportunités limitées en volume et la concurrence exacerbée entre groupements ne doivent pas handicaper la structuration de la filière au niveau local. Ces conclusions appellent un processus d’appui aux groupements de femmes pour une meilleure maîtrise de cette filière : transformation, négociation, produits, qualité, tant pour les marchés d’exportation que pour les marchés locaux et de la sous-région, plus accessibles et moins risqués.


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